Le ministre indonésien de l’Environnement appelle à une stratégie de défense côtière mixte face aux menaces sur le nord de Java
2026-06-07 14:22
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fr.wedoany.com Rapport : Le ministre indonésien de l’Environnement et chef de l’Agence de contrôle de l’environnement (KLH/BPLH), Moh Jumhur Hidayat, a appelé à l’adoption d’une stratégie mixte de protection côtière pour faire face à l’aggravation de l’érosion côtière, des inondations dues aux marées et de l’affaissement des sols sur la côte nord de l’île de Java. Cette stratégie combine la construction d’infrastructures à grande échelle avec la restauration des écosystèmes.

Lors d’une conférence publique tenue le 2 juin à l’Université islamique du Soudan Agung de Semarang (Unissula), M. Jumhur a indiqué que le corridor côtier nord du Java central, communément appelé Pantura, subit des pressions environnementales croissantes qui menacent les zones résidentielles, industrielles, les ports, l’agriculture et la pêche, piliers de l’économie locale. La conférence, intitulée « Le méga-digue comme solution stratégique à l’érosion côtière et aux inondations dues aux marées sur la côte nord du Java central », s’est concentrée sur les défis majeurs de cette région économique côtière clé de l’Indonésie.

Le ministre a expliqué que la cause principale des inondations récurrentes dues aux marées n’est pas seulement l’élévation du niveau de la mer, mais aussi l’affaissement rapide des sols dans plusieurs villes côtières. Il a précisé que le niveau de la mer augmente d’environ 2,1 mm par an, tandis que dans la région de Semarang-Demak, le taux d’affaissement des sols atteint 0,010 à 0,150 mètre par an. Dans certaines zones, la surface s’affaisse de 10 à 15 cm par an, une menace bien plus grave que la simple élévation du niveau de la mer, nécessitant une intervention urgente.

Tout en reconnaissant la valeur stratégique du projet de méga-digue pour protéger les activités économiques et les établissements côtiers, M. Jumhur a souligné que les grandes structures d’ingénierie ne doivent pas être considérées comme la seule solution. Il a averti que l’extraction excessive continue des eaux souterraines, la mauvaise application de la planification spatiale et la dégradation des écosystèmes côtiers pourraient, avec le temps, réduire l’efficacité des infrastructures.

Face à ces défis, le ministère de l’Environnement promeut une approche mixte de défense côtière. Cette méthode combine des installations physiques telles que des digues, des pompes et des polders avec des mesures basées sur les écosystèmes, comme la restauration des mangroves, la protection des estuaires, la gestion des eaux souterraines et une planification plus stricte de l’utilisation des terres. M. Jumhur a comparé les mangroves à des forteresses naturelles, capables de réduire la hauteur des vagues de 13 % à 66 % sur une distance de 100 mètres, tout en restaurant les habitats des poissons et en soutenant les moyens de subsistance des communautés côtières.

Le ministre a insisté sur le fait que les garanties environnementales doivent être au cœur de tous les futurs projets de protection côtière. Tout développement de méga-digue doit faire l’objet d’une évaluation environnementale stratégique (SEA/KLHS) et d’une étude d’impact sur l’environnement (EIA/AMDAL) rigoureuses. Les autorités indiquent que le processus d’évaluation doit être fondé sur des preuves scientifiques, garantir la transparence de la participation du public et protéger les intérêts des pêcheurs, des aquaculteurs, des femmes des communautés côtières et d’autres groupes vulnérables. La position du ministère de l’Environnement est que la méga-digue peut faire partie des solutions pour protéger le Pantura, mais ne peut être la seule solution ; une approche mixte combinant infrastructures physiques, contrôle des eaux souterraines, restauration des mangroves, planification spatiale, évaluations environnementales strictes et protection des communautés côtières est nécessaire.

Le ministère estime que l’intégration d’infrastructures d’ingénierie avec des solutions fondées sur la nature renforce non seulement la résilience face aux risques côtiers, mais contribue également à préserver les activités économiques et les moyens de subsistance des populations qui dépendent d’écosystèmes côtiers sains et productifs. Alors que l’Indonésie continue de subir les impacts du changement climatique, de l’érosion côtière et de l’affaissement des sols, les autorités indiquent qu’une gestion côtière intégrée et fondée sur la science est essentielle pour maintenir la durabilité environnementale et la résilience économique à long terme du littoral nord de Java.

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