fr.wedoany.com Rapport : La récente prolifération de microalgues du genre Pseudo-nitzschia dans la baie de Tongoy (Bahía de Tongoy) au Chili suscite des inquiétudes. Ces microalgues peuvent produire de l’acide domoïque (ácido domoico), une neurotoxine susceptible d’intoxiquer les organismes marins et d’affecter les activités de pêche et d’aquaculture. Une nouvelle étude publiée dans le Journal of Sea Research (Journal of Sea Research) indique que l’ajout expérimental de fer dans les eaux de remontée affectant cette baie peut augmenter significativement la production d’acide domoïque par ces microalgues.

Le Dr Víctor Aguilera, chercheur au Centre scientifique CEAZA (CEAZA), explique que cette étude a évalué comment les variations de la disponibilité du fer, un micronutriment, influencent les réponses physiologiques et toxiques des communautés phytoplanctoniques de Tongoy. Tongoy est un écosystème côtier caractérisé par une forte productivité biologique et des processus de remontée fréquents.
L’étude a observé que le fer stimule non seulement la croissance de certains groupes de phytoplancton, mais augmente également la production d’acide domoïque par les espèces de Pseudo-nitzschia. L’acide domoïque est une neurotoxine marine qui, après consommation de coquillages contaminés, peut provoquer un syndrome d’intoxication amnésique par les coquillages, et est également associé à des épisodes de mortalité chez les oiseaux et les mammifères marins dans le monde. De nombreuses études internationales montrent que des facteurs environnementaux, tels que la disponibilité des nutriments, peuvent modifier sa production.
Cette recherche, dirigée par le Dr Peter von Dassowes, chercheur à l’Université catholique (Universidad Católica) et à l’Université de Concepción (Universidad de Concepción), révèle également que les sources naturelles de fer d’origine continentale sont rares dans la baie de Tongoy. Contrairement à d’autres systèmes côtiers, cette baie ne reçoit pas d’apports sédimentaires importants de grands fleuves, et son plateau continental est étroit et abrupt, limitant l’approvisionnement en fer des zones côtières peu profondes.
Face à cette situation, les chercheurs suggèrent que les poussières provenant des régions arides et semi-arides voisines pourraient être l’une des principales voies d’entrée du fer dans cet écosystème marin. Le Dr Aguilera souligne que, bien qu’aucune mesure directe des dépôts de poussières atmosphériques n’ait été effectuée, compte tenu du transport de poussières depuis plusieurs plaines vers la baie de Tongoy, cela semble être le mécanisme le plus plausible pour l’apport de fer.
Le Dr Aguilera ajoute que, dans le contexte d’aridité de la région, les apports de poussières continentales pourraient augmenter. Au printemps, en l’absence de précipitations et de couverture végétale sur les sols, les vents du sud sont les plus forts, provoquant des épisodes de poussières en suspension à haute concentration qui recouvrent entièrement la baie – un phénomène bien connu des habitants de Tongoy.
Cette étude revêt une importance pratique considérable dans un contexte d’augmentation des épisodes de proliférations d’algues nuisibles dans différentes régions du Chili. Les auteurs de l’étude intitulée « Nearshore iron limitation in the Humboldt Current and potential impacts on toxicity and grazers » (Limitation côtière en fer dans le courant de Humboldt et impacts potentiels sur la toxicité et les brouteurs) soulignent qu’il est nécessaire d’évaluer directement, à l’avenir, comment le transport atmosphérique de particules minérales influence la toxicité des microalgues et la dynamique écologique des écosystèmes côtiers du nord du Chili.
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