Lanza Atelier conçoit un pavillon en briques sans mortier pour la Serpentine Gallery 2026
2026-06-10 09:18
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fr.wedoany.com Rapport : Le duo d’architectes mexicains Alessandro Arienzo et Isabel Abascal, du cabinet Lanza Atelier, a conçu une structure en briques assemblée par gravité, sans mortier, pour le pavillon de la Serpentine Gallery 2026. C’est la première fois en 25 ans que la brique est utilisée comme matériau principal pour ce projet, et le pavillon est entièrement démontable grâce à un assemblage reposant uniquement sur la gravité.

Arienzo explique que la structure du pavillon est décalée pour créer un espace vert ouvert à côté, traversé par un banc en briques sinueux, d’où le nom « a serpentine » (en forme de serpent). Les briques ont été fabriquées spécialement pour le projet dans l’usine Wienerberger à Surrey, en Australie. Les murs ondulés du pavillon s’inspirent du type de maçonnerie « crinkle-crankle wall » du Suffolk, en Angleterre, un mur de jardin ondulé datant du milieu du XVIIIe siècle, conçu pour protéger les cultures des vents violents et offrir de l’ombre, dont la forme permet de tenir debout avec moins de briques et sans contreforts.

Jo Leach, ingénieur chez AECOM, responsable de la réalisation de la vision architecturale de la Serpentine Gallery depuis 2013, explique que les briques sont boulonnées et comprimées depuis le sommet. De fines plaques métalliques horizontales, dotées de joints souples, sont insérées au milieu des murs de 3,5 mètres de haut pour garantir l’alignement des briques sans qu’elles ne se brisent. Les plaques d’acier, dont la largeur correspond à celle des briques standard britanniques (10 cm), suivent précisément la courbe du mur et sont peintes de la même couleur que le mur de briques rouges pour être presque invisibles. Des tiges d’acier sont fixées dans des blocs de béton recyclés provenant de versions précédentes, enfouis dans le sol.

Le toit du pavillon est conçu avec une grille en acier permettant aux stores en tissu de « s’enfiler », et des panneaux légers en polycarbonate rendent la structure suffisamment légère pour que les piliers en briques n’aient qu’une épaisseur d’une brique, préservant ainsi une sensation de transparence. Les « quatre chaises pour couples » conçues par Lanza Atelier ne sont volontairement pas fixées, permettant aux utilisateurs de les déplacer et de les réorganiser librement. Arienzo et Abascal ont déclaré apprécier que les gens ne puissent pas décrire avec des mots si le mobilier est une chaise ou une table.

Hans Ulrich Obrist, directeur artistique de la Serpentine Gallery, souligne que le pavillon incarne la pensée du philosophe français Édouard Glissant sur « relier le local au global ». Glissant avait anticipé dans les années 1960 la mondialisation et la réaction nationaliste qui en découlerait, proposant le concept de « Tout-Monde », mettant l’accent sur la responsabilité de préserver la diversité. Lanza Atelier décrit le pavillon comme un lieu de rassemblement, dont la clarté conceptuelle, la légèreté et l’économie des moyens rappellent la lignée des architectes japonais qui ont occupé la pelouse de la Serpentine Gallery par le passé, tels que Toyo Ito (2002), SANAA (2009), Sou Fujimoto (2013) et Junya Ishigami (2019).

Obrist évoque également un autre pavillon conçu par l’architecte mexicaine Frida Escobedo en 2018, qui utilisait des tuiles pour créer un mur celosía (grille), un élément courant de l’architecture résidentielle mexicaine, tout en faisant référence au méridien de Greenwich établi en 1851. Le pavillon de la Serpentine Gallery par Lanza Atelier sera ouvert au public jusqu’au 25 octobre 2026.

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