fr.wedoany.com Rapport : Le juge Floriano de Azevedo Marques, du Tribunal supérieur électoral (Tribunal Superior Eleitoral, TSE) du Brésil, a déclaré que la Cour se prépare à une utilisation plus large de l’intelligence artificielle lors des élections de 2026, tout en reconnaissant que les nouvelles technologies continueront de poser des défis au processus électoral.
Lors d’une table ronde organisée mardi à Brasília, le juge a comparé la préparation de la Cour électorale à celle d’un pays confronté à un tsunami : espérer que l’événement ne se produise pas, mais se préparer à son éventuelle arrivée. Il a indiqué qu’une chose est certaine : une application remettant en cause la législation électorale fera son apparition, et les instances électorales devront apprendre à y faire face. Floriano a souligné que la principale préoccupation ne concerne pas les technologies d’IA déjà présentes depuis des années dans l’environnement numérique, comme les moteurs de recherche et les systèmes de promotion, mais l’IA générative, capable de produire des images, des vidéos et des audios synthétiques imitant des personnes réelles.
Le juge a insisté sur le fait que l’une des principales mesures adoptées par le TSE est l’obligation d’identifier les contenus générés par l’IA. Les candidats peuvent utiliser des avatars ou des systèmes de communication automatisés, à condition que les électeurs soient informés qu’ils interagissent avec un contenu généré ou médiatisé par l’IA. Il a donné l’exemple d’un candidat utilisant un avatar amical sur les réseaux sociaux pour communiquer avec les électeurs, ce qui est acceptable tant que ces derniers savent que le contenu reçu est en partie médiatisé par l’IA.
Floriano a également évoqué un cas survenu lors de l’élection du maire de Buenos Aires : une fausse vidéo ciblant un candidat a circulé quelques jours avant le scrutin. Il estime que ce type d’incidents renforce la nécessité de mettre en place des mécanismes de prévention et de réponse rapide. Parmi les mesures adoptées par le TSE figure l’interdiction de diffuser des contenus synthétiques dans les 72 heures précédant le vote et jusqu’à 24 heures après sa clôture. Cette mesure vise à créer une fenêtre de protection empêchant les contenus faux générés par l’IA d’influencer la décision des électeurs sans qu’il soit possible de les contredire ou de les vérifier à temps. Cette préoccupation s’étend également à la période post-électorale immédiate, où des contenus faux pourraient être utilisés pour remettre en cause la légitimité du processus électoral ou alimenter des allégations de fraude. Il a précisé que l’inquiétude n’est pas de fausser le choix des électeurs, mais d’empêcher que des contenus synthétiques soient utilisés pour discréditer les résultats électoraux.
En commentant le rôle des plateformes numériques, Floriano a indiqué que le TSE n’a pas adopté un modèle de suppression de contenu basé sur des notifications automatiques, estimant que cela pourrait stimuler des conflits stratégiques entre candidats et nuire au débat public. La Cour maintient la nécessité que la suppression des contenus soit décidée par la justice électorale. Cependant, une fois qu’une ordonnance judiciaire est reçue, les plateformes sont tenues de tracer et de supprimer les copies du même contenu dans d’autres documents. Le juge a également souligné la création de ce qu’on appelle des programmes de conformité, un mécanisme obligeant les plateformes à soumettre au TSE les procédures qu’elles adopteront pour respecter les règles électorales. Cette proposition vise à encourager une autorégulation supervisée, plutôt qu’un contrôle étatique direct des services numériques. Selon le modèle proposé, chaque plateforme doit soumettre ses propres mesures de conformité, qui serviront ensuite de référence pour la supervision de la Cour électorale.
Concernant la question des systèmes d’IA recommandant directement des candidats aux électeurs, Floriano a déclaré que les outils de recherche peuvent lister des candidats ayant des positions politiques ou programmatiques spécifiques, à condition de fournir des informations objectives. Ce qui n’est pas autorisé, c’est qu’une application indique aux électeurs pour qui voter. L’outil ne peut pas se substituer à l’électeur, c’est une situation à éviter. Pour le juge, le principe directeur de la Cour électorale reste inchangé : garantir aux citoyens l’accès au maximum d’informations possible, tout en préservant la liberté de leur choix de vote.
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