fr.wedoany.com Rapport : Une nouvelle étude révèle que l’efficacité de la restauration des sols des espaces verts urbains est étroitement liée à l’équilibre entre champignons et bactéries dans le sol. L’application de biochar et de compost dans les sols pauvres en nutriments permet un stockage du carbone jusqu’à 14,4 fois supérieur à celui des sols riches. Ces résultats ont été publiés dans la revue Biochar.

L’équipe de recherche a mené des expériences sur le terrain dans trois types d’espaces verts urbains représentatifs à Pékin, en Chine : les espaces verts des campus universitaires, les parcs et les espaces verts résidentiels. Ces sites présentaient des fertilités initiales différentes, permettant à l’équipe de tester les effets du biochar, du compost ou de leur combinaison dans diverses conditions de sols urbains.
Dans les sols pauvres en nutriments, le biochar et le compost ont eu l’effet le plus significatif sur l’augmentation du stockage du carbone et de l’azote, avec une amélioration 14,4 fois supérieure à celle observée dans les sols riches. Sur les sites pauvres, les amendements ont favorisé la richesse fongique, renforcé la connectivité et la stabilité du réseau fongique, et augmenté le rapport richesse champignons/bactéries. Ces changements pilotés par les champignons étaient étroitement liés à une accumulation plus élevée de carbone et d’azote dans le sol.
« Notre étude montre que la restauration des sols urbains ne se résume pas à ajouter davantage de matière organique », explique le Dr Gao Qun, auteur correspondant. « L’état nutritionnel initial du sol, ainsi que la communauté microbienne, peuvent déterminer si le biochar et le compost aident à stocker le carbone ou si celui-ci est rapidement consommé. »
Dans les sols riches des espaces verts, l’équipe a observé un schéma radicalement différent. Le biochar et le compost n’ont pas apporté les mêmes bénéfices en matière d’accumulation de carbone. Au contraire, les traitements ont réduit la diversité fongique, affaibli la stabilité du réseau fongique et favorisé la croissance rapide des bactéries. Ce changement pourrait accélérer la consommation de carbone et déstabiliser le réservoir de carbone du sol. Sur un site riche, l’application combinée de biochar et de compost a même réduit le carbone total et l’azote total.
Ces résultats remettent en cause l’hypothèse selon laquelle « plus un sol est fertile, mieux il réagit aux apports de ressources ». Au contraire, l’étude suggère que les sols urbains pauvres pourraient offrir les meilleures opportunités de gain de carbone, car ils disposent de plus d’espace pour accumuler et stabiliser la nouvelle matière organique. Dans ces sols, les champignons semblent jouer un rôle clé en favorisant la rétention du carbone et en améliorant la fertilité.
« Les champignons ne sont pas des membres passifs de la communauté du sol », ajoute le Dr Han Ling, auteur correspondant. « Ils peuvent agir comme d’importants ingénieurs écologiques, aidant les sols urbains pauvres en nutriments à retenir le carbone et à retrouver leur fertilité après amendement. »
Cette étude a des implications pratiques pour les gestionnaires urbains, les urbanistes et les décideurs politiques. Le biochar et le compost sont de plus en plus utilisés pour recycler les déchets organiques, améliorer la qualité des sols et soutenir une gestion urbaine respectueuse du climat. La nouvelle étude montre que ces amendements doivent être appliqués de manière stratégique, et non uniformément. Prioriser les interventions de biochar et de compost sur les espaces verts pauvres peut maximiser les bénéfices écologiques, améliorer la fertilité des sols et renforcer le stockage urbain du carbone. En revanche, les espaces verts riches pourraient nécessiter une évaluation plus prudente, car des apports organiques supplémentaires pourraient orienter l’activité microbienne vers un cycle du carbone plus rapide, plutôt que vers un stockage à long terme.
Avec l’expansion des villes à l’échelle mondiale, l’amélioration de la santé des sols urbains deviendra de plus en plus cruciale pour la résilience climatique, la biodiversité et le bien-être public. Cette étude souligne que les plus petits organismes du sol pourraient contribuer à déterminer le destin du carbone.
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