fr.wedoany.com Rapport : Le 11 juin, le gouvernement libérien a signé avec la Banque mondiale un accord de financement d’un montant total de 125 millions de dollars, dont 50 millions seront consacrés à la mise en œuvre de la deuxième phase du Programme régional d’intégration numérique en Afrique de l’Ouest (WARDIP 2) au Liberia. Ces fonds soutiendront l’extension de l’accès au haut débit, le renforcement des capacités de connectivité numérique, la cybersécurité, la gouvernance numérique, le commerce électronique et le développement des systèmes de paiement numérique, afin d’aider davantage de jeunes, d’entreprises et d’institutions publiques à intégrer l’économie numérique.
Bien que ces fonds soient intégrés dans un ensemble de financements pour les infrastructures, la partie dédiée au numérique cible spécifiquement les lacunes les plus urgentes en matière de communication au Liberia. Le pays est toujours confronté à une couverture inégale du haut débit, à des coûts d’accès à Internet élevés, à une capacité insuffisante des services publics numériques et à une faible numérisation de base des petites et moyennes entreprises. Avec l’affectation des 50 millions de dollars au WARDIP 2, l’accent ne se limite pas à la construction de réseaux, mais inclut également la capacité de ces réseaux à soutenir les activités gouvernementales, commerciales, de paiement, d’innovation et d’entrepreneuriat.
Les goulots d’étranglement numériques passés du Liberia relevaient à la fois de problèmes d’infrastructure et de lacunes institutionnelles et écosystémiques. Le manque de haut débit stable dans les zones reculées limite l’accès des écoles, des hôpitaux, des bureaux gouvernementaux et des petites entreprises aux services en ligne ; une cybersécurité et une gouvernance numérique insuffisantes affectent la fiabilité des systèmes d’administration électronique, de paiement numérique et de données publiques. Le nouveau financement, en intégrant le haut débit, la cybersécurité, la gouvernance numérique, l’innovation, l’entrepreneuriat et les systèmes de paiement dans un même cadre, montre que la construction numérique du Liberia passe d’une simple connexion ponctuelle à une mise en place plus complète des fondations de l’économie numérique.
Le WARDIP 2 a une dimension régionale. Il ne s’agit pas pour le Liberia de construire un système fermé de manière isolée, mais de contribuer à une intégration numérique plus large en Afrique de l’Ouest. L’interconnexion haut débit, les services numériques transfrontaliers, le commerce électronique, l’identité numérique, les systèmes de paiement et la coordination réglementaire nécessitent une harmonisation progressive des infrastructures et des règles entre les pays. En participant à ce programme, le Liberia a l’opportunité de connecter son marché au réseau de services numériques ouest-africain, de réduire les barrières pour les entreprises opérant au-delà des frontières et de créer des conditions favorables pour les entrepreneurs locaux souhaitant accéder au marché régional.
Pour les utilisateurs ordinaires, le changement le plus direct pourrait venir de l’amélioration de la disponibilité du haut débit et de l’élargissement de la portée des services numériques. Avec une meilleure couverture réseau, davantage de foyers et de petites entreprises pourront accéder à l’éducation en ligne, au télétravail, à l’administration électronique, aux paiements mobiles et aux plateformes de commerce en ligne. Pour les jeunes, la connectivité numérique ne concerne pas seulement la vitesse d’accès à Internet, mais aussi les opportunités de formation à distance, de travail indépendant, de commerce électronique transfrontalier, d’externalisation de logiciels et de production de contenu numérique. Si le Liberia parvient à combiner l’extension du réseau avec le soutien à l’entrepreneuriat, la numérisation ne sera pas qu’un projet gouvernemental, mais deviendra un outil de création d’emplois et de croissance pour les micro et petites entreprises.
Les opportunités dans la chaîne industrielle s’ouvriront également. L’extension du haut débit nécessite des réseaux de fibre optique, des équipements de transmission, des liaisons de retour pour les stations de base, du routage et de la commutation, des centres de données, de la maintenance réseau et des équipements terminaux d’accès ; la gouvernance numérique et la cybersécurité généreront des besoins en matière de cloud gouvernemental, d’authentification d’identité, de surveillance de la sécurité, de protection des données, de réponse aux incidents et de plateformes de services publics ; le développement du commerce électronique et des paiements numériques stimulera la création de passerelles de paiement, d’outils pour les commerçants, de portefeuilles mobiles, d’évaluation du crédit et de logiciels de gestion pour les micro et petites entreprises. Pour les entreprises des technologies de l’information et de la communication, ce type de projet ne se limite pas à l’achat d’équipements isolés, mais représente une demande continue allant des réseaux de base aux services de plateforme.
La structure de financement reflète également la volonté du Liberia d’intégrer le numérique, l’énergie et les transports comme piliers de son développement. L’accord simultané inclut également des projets énergétiques et routiers, montrant que le gouvernement espère améliorer les conditions économiques grâce à la fiabilité de l’électricité, à la connectivité routière et aux réseaux numériques. La connectivité numérique ne peut se passer d’une électricité stable, tout comme le commerce électronique et la logistique dépendent des routes. Si ces trois types d’infrastructures avancent de concert, il sera plus facile d’obtenir des résultats économiques concrets que si l’on construisait uniquement un réseau de communication.
Les prochaines étapes clés concerneront la liste de mise en œuvre du projet numérique de 50 millions de dollars, les plans de couverture haut débit, l’avancement des plateformes de cybersécurité et de gouvernance numérique, ainsi que la capacité du commerce électronique et des paiements numériques à pénétrer réellement les petites et moyennes entreprises et les services publics de base. Si la mise en œuvre est réussie, le Liberia pourra, grâce au WARDIP 2, combler ses lacunes en matière d’infrastructures numériques et gagner une place plus claire dans l’intégration numérique régionale ouest-africaine. Pour le secteur local des technologies de l’information et de la communication, cela entraînera une vague continue de besoins en matière de réseaux haut débit, de plateformes gouvernementales, de systèmes de paiement et d’écosystèmes d’entrepreneuriat numérique.
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