Neste investit 2,5 milliards d’euros pour agrandir sa bioraffinerie de Rotterdam, aux Pays-Bas
2026-06-15 15:06
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fr.wedoany.com Rapport : L’entreprise finlandaise Neste poursuit l’expansion de sa bioraffinerie située dans le port de Rotterdam, aux Pays-Bas, avec un investissement de 2,5 milliards d’euros. Ce projet vise à porter la capacité annuelle de production de produits renouvelables de 1,4 million de tonnes actuellement à 2,7 millions de tonnes d’ici 2027, dont 1,2 million de tonnes seront spécifiquement dédiées à la production de carburant durable pour l’aviation (SAF). Cette décision a été prise en 2022, alors que la demande mondiale n’était pas encore clairement établie.

Une fois l’expansion achevée, la capacité de production de SAF de Neste sera multipliée par 22 par rapport aux quelque 100 000 tonnes de 2023. Actuellement, cette raffinerie est déjà la plus grande bioraffinerie d’Europe, et son expansion se démarque particulièrement dans un contexte où des entreprises énergétiques comme Shell et BP se recentrent sur le pétrole et le gaz naturel.

Neste double la mise sur les énergies renouvelables à Rotterdam tandis que les compagnies pétrolières reculent

Les matières premières de la raffinerie sont principalement des graisses animales et des huiles de cuisson usagées. Après leur arrivée au terminal par bateau, elles sont stockées et pompées à une température constante de 60 degrés Celsius pour éviter la solidification. Une fois entrées dans le processus de production, les matières premières subissent une purification approfondie et un traitement chimique, dont l’isomérisation est une étape clé pour restructurer les molécules du biocarburant, empêchant ainsi son gel lors des vols à haute altitude ou par temps froid. Le catalyseur, élément chimique central du processus, doit être remplacé chaque année, ce qui entraîne un arrêt de production de six semaines. Le produit final, diesel renouvelable et SAF, est un liquide transparent, incolore et inodore.

L’exploitation de l’usine est hautement numérisée : seulement 15 professionnels gèrent l’ensemble des processus depuis un centre de contrôle central, avec possibilité de télémaintenance. Son laboratoire analyse environ 100 000 échantillons par an pour garantir la qualité, un chiffre qui passera à 300 000 après l’expansion. L’usine a également lancé un projet pilote utilisant 60 kilogrammes d’hydrogène vert pour explorer les moyens de réduire davantage les émissions de carbone du processus de production.

Comparée à une raffinerie de combustibles fossiles traditionnelle, cette bioraffinerie présente deux différences notables. La première est l’odeur : sur place, on ne sent pas les hydrocarbures, mais plutôt une odeur semblable à celle du pressage d’huile d’olive. La seconde est la torche : alors que les torches des raffineries traditionnelles fument souvent en continu en brûlant les gaz résiduaires, ici, la torche est éteinte la plupart du temps, témoignant d’un contrôle de processus plus propre et plus efficace.

La direction de Neste indique que le défi actuel de l’industrie n’est pas la capacité d’approvisionnement, mais l’incertitude de la demande. Le coût du SAF est actuellement trois fois supérieur à celui du kérosène fossile, mais la réglementation de l’Union européenne exige que les compagnies aériennes augmentent progressivement le taux de mélange de SAF, de 2 % actuellement à 6 % d’ici 2030 et 20 % d’ici 2035, offrant ainsi un moteur à long terme au marché. Mario Mifsud, vice-président chargé des ventes et du commerce des carburants renouvelables pour l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et la région Asie-Pacifique chez Neste, souligne que l’entreprise investit sur des cycles de 20 à 25 ans, et non en fonction des tendances politiques à court terme.

L’entreprise précise également que la combustion du SAF n’est pas neutre en carbone, mais que par rapport aux combustibles fossiles, son cycle de vie complet (incluant la collecte des matières premières, la production et la logistique) permet une réduction nette des émissions de gaz à effet de serre de 80 % à 90 %. Les particules de suie émises lors de la combustion du SAF sont considérablement réduites, ce qui contribue à diminuer la formation de traînées de condensation à haute altitude et à atténuer leur effet thermique. Neste a établi une alliance stratégique avec le groupe DHL : depuis 2022, ce géant de la logistique a signé des accords pour acheter plus de 800 millions de litres de SAF, les deux parties visant un approvisionnement annuel de 300 000 tonnes de SAF d’ici 2030.

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