Journée suisse de l’EA Connect 2026 : La souveraineté numérique commence par la transparence
2026-06-15 15:54
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fr.wedoany.com Rapport : Lors de la Journée suisse de l’EA Connect 2026, organisée à la FFHS (Haute école spécialisée à distance de Suisse) à Zurich, les professionnels ont débattu de la souveraineté numérique (digitale Souveränität). Organisé par BOC Suisse (BOC Schweiz) et Adesso Suisse (Adesso Schweiz), l’événement a exploré les nouveaux défis auxquels les organisations sont confrontées en matière de contrôle des données, d’élaboration des règles et de dépendance aux systèmes, dans un contexte de tensions géopolitiques, de fluctuations des politiques gouvernementales américaines et de l’intégration croissante de l’intelligence artificielle dans les processus métier.

Matthias Stürmer, professeur à la Haute école spécialisée bernoise (Berner Fachhochschule) et directeur de l’Institut Public Sector Transformation, a souligné que l’effet de verrouillage n’est pas nouveau dans l’économie, citant les cartouches d’encre des fabricants d’imprimantes ou les machines à café à capsules, où les fabricants ont toujours cherché à fidéliser leurs clients à leurs propres produits. Stürmer a insisté sur le fait que l’acuité politique actuelle du débat provient de la hausse des coûts de licence, du pouvoir de marché des grands fournisseurs, ainsi que des problèmes d’accès aux données et de confiance. Le US Cloud Act et les pressions politiques ont modifié l’évaluation des risques. Selon Stürmer, la souveraineté numérique ne doit pas isoler les organisations du monde, mais renforcer leur capacité d’action ; la clé réside dans le choix : les organisations doivent connaître les alternatives, pouvoir changer de fournisseur et contrôler les systèmes critiques.

Matthias Stürmer s’adresse à un public professionnel lors de la Journée suisse de l’EA Connect 2026. La diapositive de présentation montre un modèle de souveraineté numérique entre contrôle externe et autosuffisance. L’événement se déroule à la FFHS de Zurich.

Stürmer considère que l’open source joue un rôle central, car les logiciels open source créent de la concurrence et des possibilités de changement. Il a mentionné les alternatives à Microsoft 365 investies par le secteur public allemand, ainsi que l’intégration de plateformes open source existantes. En Suisse, depuis 2017, plus de 40 motions sur la souveraineté numérique ont été déposées à différents niveaux cantonaux, et le Conseil des États (Ständerat) a récemment adopté la motion d’Heidi Z’graggen pour un « Programme de promotion du renforcement de la souveraineté numérique suisse ». Le « Réseau SDS – Suisse numérique souveraine » (Netzwerk SDS - Souveräne Digitale Schweiz), créé en juillet 2025, compte déjà plus de 200 organisations membres, visant à connecter les acteurs et à mutualiser les expertises.

Aiko Frank, architecte d’entreprise chez Emmi Suisse, a présenté la pratique en entreprise. Il a souligné que la sécurité opérationnelle est la priorité absolue : les systèmes de production critiques restent dans le centre de données interne, tandis que d’autres applications peuvent migrer vers le cloud. Emmi gère plus de 500 applications en fonction de leur disponibilité, confidentialité et pertinence métier, s’appuyant sur une vue d’ensemble et une priorisation pour assurer sa souveraineté numérique.

Matthew Turnbull, responsable conseil chez Adesso Suisse, a indiqué que la souveraineté numérique a une signification différente pour chaque organisation et qu’il n’existe pas de solution universelle. Felix Meentken, directeur général de BOC Suisse, estime que la souveraineté numérique doit d’abord être visualisée, et que la gestion de l’architecture d’entreprise (Enterprise Architecture Management, EAM) doit offrir cette transparence, afin de documenter les processus, applications, données et infrastructures, révélant ainsi les dépendances critiques.

Trois participants discutent de la souveraineté numérique lors d’une table ronde. La personne au centre parle dans un micro en faisant un geste, tandis que les deux autres écoutent attentivement.

Hélène Mourgue d’Algue, directrice informatique de la ville de Bienne, a souligné que la clé de la souveraineté numérique réside dans la capacité à changer de fournisseur, et non à tout gérer en interne. Elle a mentionné que Bienne a désormais modélisé environ 95 % de ses systèmes et de leurs interfaces. Syrian Hadad, directeur technique d’Adesso Suisse et ancien directeur technique du canton d’Argovie, a proposé qu’avec les technologies open source, l’automatisation et l’expertise correspondante, une plateforme interne peut également fonctionner efficacement. Le consensus issu des discussions est que la souveraineté numérique commence par la transparence : les organisations doivent d’abord comprendre leurs propres systèmes, données et dépendances.

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