fr.wedoany.com Rapport : Le 15 juin, la région italienne de Ligurie a de nouveau proposé Gênes comme candidate pour le projet européen AI Gigafactory. Alessio Butti, sous-secrétaire d’État italien à l’Innovation, a déclaré lors de l’inauguration du nouveau Security Operation Center numérique de la Ligurie que Gênes avait les conditions pour devenir l’un des sites candidats pour une usine d’intelligence artificielle de l’UE. Marco Bucci, président de la région de Ligurie, a également indiqué que Gênes avait soumis sa candidature pour accueillir l’AI Gigafactory européenne, espérant participer à la construction des infrastructures d’intelligence artificielle de l’UE.
L’AI Gigafactory est un vaste projet de puissance de calcul lancé par l’UE pour les infrastructures d’intelligence artificielle, visant à construire des centres de calcul à très grande échelle capables de soutenir la formation des modèles de nouvelle génération, les applications industrielles de l’IA et la recherche scientifique dans des domaines clés. L’UE a précédemment proposé de mobiliser 20 milliards d’euros pour soutenir la construction d’au maximum cinq AI Gigafactories. Par rapport aux centres de données classiques, ces installations mettent davantage l’accent sur les clusters de GPU avancés, le calcul haute performance, le traitement des données, l’interconnexion réseau, l’approvisionnement énergétique, les systèmes de refroidissement et les dispositifs de sécurité. Leurs clients ne se limitent pas aux entreprises internet, mais incluent également les instituts de recherche, les entreprises manufacturières, la santé, la robotique, les transports, l’énergie et le secteur public.
La relance de la candidature par la Ligurie se concentre principalement sur Gênes. La région souhaite s’appuyer sur les ressources en supercalculateurs, les câbles de données sous-marins, la cybersécurité et les instituts de recherche pour faire de Gênes un pôle d’IA et de calcul haute performance en Italie et en Europe. Les informations publiques montrent que Gênes dispose déjà du supercalculateur DaVinci-1 de Leonardo, des infrastructures de calcul de l’Institut italien de technologie (IIT) et des capacités numériques régionales assurées par la Ligurie numérique. Lors de l’événement, Butti a souligné que Gênes réunissait les conditions pour devenir un centre européen d’intelligence artificielle, de supercalcul et de cybersécurité.
Un autre contexte de cet événement est la mise en service du nouveau Security Operation Center numérique de la Ligurie. Le SOC est principalement chargé de la surveillance de la cybersécurité, de la réponse aux incidents, de la protection contre les risques et de la garantie du fonctionnement des systèmes. Si l’AI Gigafactory voit le jour, elle nécessitera non seulement des puces de calcul et des salles de données, mais aussi des capacités en cybersécurité, gouvernance des données, maintenance stable et coordination interinstitutionnelle. Le fait que la Ligurie ait évoqué la candidature à l’AI Gigafactory lors de l’inauguration du SOC montre que la région intègre la puissance de calcul de l’IA, la sécurité des données et les infrastructures numériques dans un même cadre de développement régional.
La candidature de Gênes repose également sur sa position en tant que nœud de données. Les responsables locaux ont mentionné que Gênes devenait l’un des points de connexion pour les câbles sous-marins et le transfert de données. Pour les infrastructures d’IA, l’électricité et les puces sont certes cruciales, mais les connexions réseau internationales le sont tout autant. La formation des grands modèles, les services d’IA pour les entreprises et les activités cloud transfrontalières dépendent de transmissions de données rapides, stables et à faible latence. Si Gênes parvient à combiner son avantage de nœud de données portuaire, ses ressources de recherche et sa plateforme numérique régionale, sa logique de candidature ne se limitera pas à la construction d’un centre de données, mais visera à créer un hub numérique tourné vers le sud de l’Europe et la région méditerranéenne.
Cependant, la Ligurie et Gênes n’en sont encore qu’au stade de la candidature et de la promotion, ce qui ne signifie pas que le projet est déjà concrétisé. L’AI Gigafactory européenne implique une sélection par l’UE, des propositions des États membres, des arrangements financiers, des consortiums d’entreprises, l’approvisionnement énergétique, les autorisations environnementales, l’achat de puces et un modèle d’exploitation à long terme. En Italie, il pourrait également y avoir une concurrence entre différentes régions et consortiums technologiques. Gênes devra continuer à démontrer qu’elle dispose de solutions exécutables en matière de sécurité énergétique, de délais de construction, d’écosystème de supercalcul, de clients industriels, de collaboration scientifique et de maintenance sécurisée.
D’un point de vue industriel, si la Ligurie parvient à s’intégrer dans le déploiement de l’AI Gigafactory européenne, cela générera une demande dans les domaines de la construction locale, des équipements de centres de données, de l’alimentation électrique, des systèmes de refroidissement, de la cybersécurité, des communications optiques et des services de calcul haute performance. Une AI Gigafactory n’est pas un simple projet informatique, mais une grande infrastructure composée de génie civil, d’énergie, d’équipements électromécaniques, de serveurs, de puces, de réseaux, de refroidissement, d’exploitation et d’un écosystème d’applications. Pour l’Italie et l’Europe, ces projets visent également à réduire la dépendance vis-à-vis de la puissance de calcul externe, à renforcer les capacités locales de R&D en IA et à soutenir la transformation numérique de l’industrie.
La relance de la candidature de Gênes pour l’AI Gigafactory montre que la concurrence pour les infrastructures d’intelligence artificielle en Europe entre dans une phase de rivalité régionale. Celui qui pourra offrir une énergie stable, une puissance de calcul avancée, une connectivité réseau, une sécurité et des scénarios d’application industrielle aura plus de chances d’accueillir la prochaine plateforme de calcul IA de l’UE. La réintégration de Gênes dans la course ajoute un point de candidature important à la stratégie italienne en matière d’infrastructures d’IA. Le résultat final dépendra toujours de la sélection par l’UE et des décisions nationales italiennes.
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