fr.wedoany.com Rapport : Chaque année, les émissions de dioxyde de carbone liées à l’exploitation des navires marchands dans le monde dépassent le milliard de tonnes, constituant un obstacle majeur à la transition énergétique mondiale. Ces dernières années, les navires électriques ont commencé à être utilisés dans certains scénarios, mais leur autonomie limitée les empêche encore de devenir une forme de propulsion dominante.
Cependant, un nouveau concept a récemment vu le jour grâce à un projet de recherche : l’autoroute électrique pour navires (Electric Shipping Highway).
Stillstrom, une filiale de Maersk spécialisée dans les solutions d’alimentation électrique et de recharge en mer, a lancé une étude intitulée « Energy Island Bornholm Powering Maritime Electrification », visant à explorer comment combiner l’énergie éolienne offshore avec les infrastructures portuaires et les concepts de recharge en mer, afin d’aider les ferries, les cargos et les navires de service offshore (SOV) à se passer des énergies fossiles.
Cette étude se concentre sur le déploiement d’installations de recharge pour navires électriques et d’autres équipements auxiliaires sur les grandes îles énergétiques et dans les ports importants. Cependant, ces seules installations ne suffisent pas à garantir l’autonomie des navires électriques : d’une part, la construction d’îles énergétiques est coûteuse et leur nombre est limité ; d’autre part, les parcs éoliens offshore sont de plus en plus éloignés des côtes, ce qui rend peu réaliste un retour au port pour chaque recharge.
Des professionnels du secteur ont donc proposé un plan de construction d’installations de recharge basées sur les parcs éoliens offshore. La mer du Nord est parsemée de parcs éoliens offshore de différentes tailles. En construisant des installations de recharge à proximité des voies de navigation adjacentes à ces parcs, on pourrait d’une part offrir des conditions de recharge pratiques aux navires de toutes tailles, et d’autre part augmenter le taux d’autoconsommation de l’énergie éolienne offshore, réduisant ainsi les pertes d’énergie lors du transport.
Selon les statistiques, rien que pour l’île énergétique de Bornholm, environ 37 000 navires transitent chaque année par ce tronçon, consommant environ 3 millions de tonnes de carburant marin et émettant environ 10 millions de tonnes de CO₂ par an. Si ce tronçon était entièrement électrifié, il pourrait consommer 17 TWh d’électricité par an, remplaçant ainsi environ 2 milliards d’euros d’importations de combustibles fossiles.
Si tous les parcs éoliens offshore de la mer du Nord étaient exploités et que des installations de recharge étaient construites à proximité des voies de navigation, toute la mer du Nord pourrait devenir la première autoroute entièrement électrifiée au monde, réduisant considérablement les émissions de CO₂.
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