fr.wedoany.com Rapport : Une équipe de recherche de l'Institut des neurosciences du Conseil national de la recherche espagnol - Université Miguel Hernández (CSIC-UMH) a publié une étude dans la revue Cell Death & Disease, révélant qu'un composé appelé OLE aide les microglies à encercler et à encapsuler les plaques amyloïdes bêta, réduisant ainsi leur taille et leur toxicité. Dans des modèles animaux, ce traitement a également amélioré les performances cognitives lors de tests de mémoire.

La maladie d'Alzheimer se caractérise par l'accumulation de plaques amyloïdes bêta et la dégénérescence progressive des microglies. Les microglies sont des cellules immunitaires responsables de l'élimination de ces dépôts toxiques dans le cerveau. Au fur et à mesure que la maladie progresse, ces cellules perdent une partie de leur capacité protectrice et contribuent aux lésions neuronales. Dans cette étude, les chercheurs ont découvert que l'OLE, une molécule dérivée du gène PM20D1, aide à restaurer les microglies à un état plus protecteur : les cellules se déplacent vers les plaques et les encapsulent, formant une barrière autour des dépôts, limitant leur interaction avec les neurones et réduisant leur impact toxique sur le tissu cérébral.
« L'une des découvertes les plus importantes est que nous avons identifié une molécule capable de restaurer la fonction protectrice des microglies », explique Sánchez Mut. « Dans la maladie d'Alzheimer, ces cellules sont progressivement endommagées. Nos résultats montrent que ce processus est réversible, ouvrant de nouvelles voies thérapeutiques et de recherche pour lutter contre cette maladie », ajoute ce chercheur, qui dirige le laboratoire d'épigénomique fonctionnelle du vieillissement et de la maladie d'Alzheimer à l'Institut des neurosciences CSIC-UMH (IN CSIC-UMH).
Pour étudier les effets de l'OLE, l'équipe a combiné différents modèles expérimentaux. Tout d'abord, ils ont utilisé des nématodes Caenorhabditis elegans génétiquement modifiés pour produire la protéine bêta-amyloïde, permettant aux chercheurs d'évaluer rapidement sa toxicité. Dans ce modèle, le traitement à l'OLE a réduit l'accumulation d'agrégats protéiques et amélioré la mobilité des vers, indiquant un effet protecteur contre les dommages liés à la maladie.
Ensuite, l'équipe a administré le composé à des modèles murins de la maladie d'Alzheimer pendant trois mois consécutifs pour analyser ses effets sur le cerveau et la mémoire. Après le traitement, les animaux ont montré de meilleures performances aux tests de mémoire et une réduction des plaques amyloïdes bêta associées à la maladie.
Pour comprendre le mécanisme d'action de l'OLE dans le cerveau, l'équipe a analysé l'activité de milliers de cellules individuelles. Les résultats ont montré que les microglies étaient le type cellulaire le plus sensible au traitement. Après l'administration du composé, ces cellules ont activé des mécanismes impliqués dans l'élimination de la bêta-amyloïde et ont retrouvé leur capacité à se déplacer vers les plaques et à les encapsuler. « L'analyse unicellulaire nous a permis de déterminer que les microglies sont les cellules qui répondent le plus fortement au traitement », explique Victoria Pozzi, première auteure de l'étude. « Nous avons ainsi observé que ce composé aide ces cellules à se déplacer vers les plaques amyloïdes bêta et à mieux contrôler les dommages liés à la maladie », ajoute-t-elle.
De plus, l'équipe a confirmé en culture cellulaire que les microglies traitées à l'OLE avaient une capacité accrue à se déplacer vers les dépôts amyloïdes bêta et à favoriser leur élimination. De même, dans des cultures de neurones exposés à des conditions de stress similaires à celles de la maladie d'Alzheimer, le traitement a amélioré la survie cellulaire, indiquant qu'il exerce également un effet protecteur direct sur les neurones.

Les résultats de cette étude sont protégés par deux brevets européens, dont l'un est détenu par le Conseil national de la recherche espagnol (CSIC). Selon les auteurs, cette avancée renforce le potentiel translationnel de la recherche et ses possibles développements futurs dans le domaine thérapeutique.
Cette étude a été réalisée grâce au financement des organismes suivants : la Fondation Synapsis pour la recherche sur la démence en Suisse, le programme de chercheurs Pascual Maragall de la Fondation Pascual Maragall (PMRP), le ministère espagnol de la Science, de l'Innovation et des Universités, le programme Centro de Excelencia Severo Ochoa de l'Agence nationale de la recherche (AEI), le programme Prometeo du gouvernement de la Communauté valencienne, le Fonds européen de développement régional (FEDER) et la plateforme thématique interdisciplinaire PTI+ NEURO-AGING du CSIC. Elle a également bénéficié du soutien du Fonds national suisse de la recherche scientifique, de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), du Conseil européen de la recherche (ERC), de la Fondation nationale de la recherche de Corée (NRF) et du Fonds social européen (FSE+).
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