fr.wedoany.com Rapport : Uljan Sharka, PDG de l’entreprise italienne Domyn, a annoncé que celle-ci publiera d’ici un an un modèle d’intelligence artificielle entièrement open source, visant à construire l’un des systèmes dits « de pointe » les plus avancés.

Cette initiative intervient dans un contexte où l’Europe cherche des alternatives pour réduire sa dépendance aux systèmes d’IA hébergés à distance. L’Italie et la République tchèque ont imposé des restrictions sur l’utilisation à distance du modèle DeepSeek, tout en autorisant les déploiements hébergés localement. Les inquiétudes grandissent concernant le contrôle américain des exportations du modèle Anthropic.
Le consortium EUROPA, formé par Domyn avec le laboratoire de recherche de la Société Fraunhofer (Fraunhofer-Gesellschaft) en Allemagne, a été sélectionné par la Commission européenne pour relever le « Grand défi de l’IA de pointe ». Ce projet place Domyn aux côtés de Mistral, en France, et du nouvel entrant OVHcloud dans le paysage européen de l’IA.
Domyn, anciennement iGenius, fondée à Milan en 2016, a déjà publié une série de modèles d’IA spécialisés pour des secteurs réglementés tels que la finance, les gouvernements et l’industrie lourde. Cette initiative open source intervient alors que des entreprises chinoises comme DeepSeek et Qwen d’Alibaba dominent le domaine open source, tandis que la plupart des modèles américains leaders restent propriétaires et nécessitent un accès à distance.
Le modèle de Domyn comptera plus de 400 milliards de paramètres et sera entraîné à partir de zéro. Un système de 400 milliards de paramètres figurera parmi les plus grands modèles d’IA open source jamais créés, bien que la taille seule ne détermine pas sa capacité à rivaliser avec les systèmes de pointe leaders. Sharka a déclaré que le modèle sera entièrement open source et reproductible, permettant aux entreprises et aux gouvernements de l’exécuter gratuitement sur leur propre infrastructure.
Octave Klaba, PDG d’OVHcloud, a déclaré à Reuters la semaine dernière lors de VivaTech que la baisse des coûts et des barrières technologiques ouvre une « deuxième vague » pour les constructeurs de modèles d’IA. Sharka s’est dit tout à fait d’accord, ajoutant que le soutien de la Commission européenne lui permet d’utiliser l’infrastructure de supercalcul publique européenne EuroHPC, qu’il a décrite comme un atout stratégique sous-estimé. Sharka a souligné que, bien que les entreprises américaines investissent massivement dans les infrastructures d’IA, l’Europe dispose déjà des ressources nécessaires via le réseau EuroHPC, et a insisté sur le fait que la puissance de calcul nécessaire pour entraîner un modèle de pointe est bien inférieure à celle requise pour soutenir des centaines de millions d’utilisateurs de chatbots à distance.
Domyn prévoit de collecter des données auprès de partenaires institutionnels. Sharka a déclaré avoir organisé des rencontres avec des chefs d’État européens et s’attend à conclure les premiers accords de données avec des gouvernements dans les semaines à venir. Domyn a refusé de divulguer les détails de son financement, mais a indiqué bénéficier du soutien de G42 à Abou Dhabi ainsi que d’investisseurs tels qu’Eurizon Capital, Rabobank et BNY.
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