La Haye planifie sa ligne côtière pour 2100 et construit une bande de dunes de 200 mètres de large
2026-06-28 10:03
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fr.wedoany.com Rapport : La ville de La Haye a récemment publié une vision de gestion de la ligne côtière couvrant l’année 2100 et au-delà, dont le cœur est le projet intitulé « Ville derrière les dunes » (City Behind the Dunes). Ce plan prévoit de créer, le long du littoral de Scheveningen, une bande de dunes d’environ 200 mètres de large grâce à un apport continu de sable et une gestion dynamique des dunes, transformant ainsi la protection côtière d’un projet ponctuel en un besoin structurel s’étendant sur plusieurs décennies.

La Haye planifie sa ligne côtière pour 2100 et construit une ligne de défense résiliente

En tant que seule grande ville néerlandaise située directement sur la ligne côtière, ce plan de La Haye constitue un cas d’étude important pour vérifier comment une ville côtière densément peuplée peut s’adapter à l’élévation du niveau de la mer sans recourir à des murs en béton. Ce projet s’inspire de l’expérience du projet Zandmotor, situé à proximité, qui a déversé environ 21,5 millions de mètres cubes de sable en 2011 pour un coût d’environ 70 millions d’euros, soit un coût unitaire légèrement supérieur à 3 euros par mètre cube, et qui a été jugé réussi après une évaluation de dix ans.

Le tronçon de Scheveningen est la partie la plus difficile à défendre de toute la ligne côtière. Sa promenade en bord de mer est fixe, l’arrière-pays est dense et économiquement précieux, et il manque la zone tampon naturelle de dunes des côtes rurales. Le nouveau plan propose de développer un nouveau système de dunes du côté de la mer, en avançant et en épaississant la ligne côtière, plutôt que de simplement la maintenir en place. La gestion dynamique des dunes permettra au vent et aux marées de façonner et d’enrichir ce paysage au fil du temps, suivant le même principe que celui validé par le Zandmotor sur la côte de Delfland.

Les prévisions nationales indiquent que d’ici 2100, le niveau de la mer le long des côtes néerlandaises pourrait augmenter d’environ 30 centimètres à 1,2 mètre, et pourrait approcher les 2 mètres en cas de fonte plus rapide de la calotte glaciaire antarctique. La Haye s’exprime activement sur le plan politique, cherchant à intégrer les priorités locales dans les décisions avant la mise à jour du Programme Delta national (Delta Programme) en 2027. Cette vision est décrite comme une orientation stratégique plutôt qu’un plan fixe, permettant à la ville de se faire une place dans la planification nationale de la protection contre les inondations.

La substance commerciale de ce plan réside dans les besoins d’approvisionnement à long terme générés par l’apport continu de sable. Depuis les années 1990, les Pays-Bas maintiennent la position de leur ligne côtière par des apports réguliers de sable, et l’élévation du niveau de la mer augmentera les coûts au fil du temps, transformant l’apport de sable d’un projet occasionnel en une catégorie d’approvisionnement structurelle. Actuellement, les Pays-Bas abritent les deux plus grandes entreprises de dragage au monde, et le programme d’apport continu de sable dirigé par le Rijkswaterstaat (Direction générale des travaux publics et de la gestion des eaux) soutient leurs carnets de commandes.

Les ports nécessitent encore des infrastructures dures. La municipalité de La Haye reconnaît que le port de Scheveningen pourrait finalement nécessiter un barrage anti-tempête ou un système d’écluses, conformément au principe traditionnel des Travaux du Delta néerlandais (Delta Works) qui privilégie « les défenses souples en priorité, les défenses dures en complément ». Nur Icar, conseiller municipal chargé de l’adaptation climatique, souligne que la position unique de La Haye, seule grande ville sur la ligne côtière, lui confère à la fois des valeurs multiples (loisirs, commerce, etc.) et le défi de l’élévation du niveau de la mer.

Le monde des affaires local adopte une attitude pragmatique face à ce plan. Henk Kool, président de l’Association des entrepreneurs de la promenade de Scheveningen (Scheveningen Boulevard Entrepreneurs Association), déclare qu’explorer la sécurité de la ville derrière les dunes est une direction importante, que préserver la vue sur la mer est une considération clé, mais que ne rien faire n’est pas une option. Martin Wörsdörfer, président de l’Association des exploitants de plages (Association of Beach Operators), insiste sur le fait que La Haye doit être une ville côtière, et non une ville dans l’océan.

La valeur de démonstration mondiale de cette vision ne doit pas être sous-estimée. L’expertise néerlandaise en matière côtière est elle-même un produit d’exportation ; la technologie de « construction avec la nature » a déjà été appliquée à des projets à l’étranger, comme le terminal gazier de Bacton à Norfolk (Royaume-Uni), et suscite l’intérêt de recherches aux États-Unis, au Vietnam, en Afrique du Sud et en Indonésie. Le fait que La Haye, en tant que capitale côtière, adopte ce modèle sur une échelle de temps centenaire offre un point de référence pour d’autres villes vulnérables ; ses choix stratégiques et son modèle d’approvisionnement ont un effet de démonstration disproportionné par rapport à la longueur de sa côte. Pour les secteurs du génie maritime et de l’adaptation côtière, le plan de La Haye indique que les investissements côtiers sont de plus en plus planifiés sur des cycles centenaires plutôt que sur des cycles budgétaires.

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