fr.wedoany.com Rapport : La ville de Laval, au Canada, installe des canalisations géantes de 2,4 mètres de diamètre sur la rue Marc, dans le quartier de Vimont. Ces conduites, six fois plus grandes que les canalisations souterraines existantes, combinées à des mesures telles que des parcs éponges, peuvent stocker l’équivalent de sept piscines olympiques standard lors des fortes pluies.
Samedi dernier, Laval a été frappée par de fortes précipitations, avec des cumuls compris entre 70 et 150 millimètres en quelques heures, mais aucune habitation privée n’a été inondée. En revanche, dans l’ouest de Montréal et sur la Rive-Sud, des centaines de maisons ont été submergées par les pluies torrentielles soudaines.
Le maire de Laval, Stéphane Boyer, a souligné que les inondations du 9 août 2024 avaient touché 13 000 foyers. Dans le quartier de Vimont, où ces canalisations géantes sont en cours d’installation, 1 100 maisons seront protégées des risques d’inondation. Boyer a indiqué que les infrastructures urbaines étaient conçues pour gérer 100 millimètres de pluie, mais qu’en août 2024, les précipitations avaient atteint 170 millimètres, un volume imprévisible lors de la construction des rues dans les années 1960 à 1980.
Avec un diamètre de 2,4 mètres, ces canalisations sont les plus grandes jamais installées à Laval. Elles servent à la fois au transport de l’eau et peuvent faire office de réservoirs souterrains temporaires en cas de fortes pluies.
Cette année, Laval, troisième ville du Québec, prévoit d’investir 102 millions de dollars canadiens dans les infrastructures d’eau potable, d’égouts et de gestion des eaux pluviales, dont près des deux tiers, soit 65 millions, proviennent du gouvernement du Québec. De plus, Laval a obtenu 21,3 millions de dollars canadiens dans le cadre du programme OASIS pour accélérer le déploiement d’infrastructures vertes sur trois ans afin de mieux gérer les eaux pluviales, notamment par l’extension de bordures végétalisées, des fosses de plantation ou des zones de biorétention. Ces installations permettent de retenir une partie des eaux pluviales directement dans le sol, réduisant ainsi la pression sur les réseaux d’égouts unitaires tout en contribuant à atténuer les îlots de chaleur.
Boyer a souligné que la ville ne perçoit que 7 % des impôts du Québec, mais qu’elle entretient 60 % des infrastructures, d’où la nécessité d’un soutien financier gouvernemental. Le ministre québécois de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Pascal Dery, a estimé que les infrastructures hydrauliques relèvent d’une responsabilité partagée entre tous les niveaux de gouvernement, et a révélé que sa propre résidence avait été inondée à deux reprises ces dernières années.
Le Québec aide les propriétaires à s’adapter aux aléas climatiques grâce au programme Rénoclimat, qui a bénéficié d’une augmentation de 425 millions de dollars canadiens pour financer l’installation de clapets anti-retour, de pompes de puisard et d’autres rénovations. Boyer a souligné que les assureurs privés doivent également continuer à jouer leur rôle, car les propriétaires paient des primes élevées pour l’assurance habitation.
Laval consacre 75 % de ses investissements à l’entretien des actifs municipaux existants et 25 % à de nouveaux projets. La priorisation des travaux sur le réseau d’adduction d’eau repose sur des analyses techniques, incluant l’état des canalisations, les besoins en capacité du réseau, l’historique des ruptures et les risques liés aux conditions météorologiques extrêmes. Cette année, Laval rénovera environ 40 kilomètres de canalisations sur près de 100 tronçons, dont 25 kilomètres de conduites d’égout et 16 kilomètres de conduites principales d’alimentation en eau.
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