fr.wedoany.com Rapport : L'ajustement de l'accord sur la taxe carbone pourrait faire dérailler une série de projets de décarbonation prêts à être lancés dans le secteur des technologies propres au Canada, le premier en ligne étant l'installation de valorisation énergétique des déchets de 400 millions de dollars prévue par Varme Energy à Edmonton.
Cette installation vise à détourner les déchets des sites d'enfouissement et à capter les émissions de biomasse pour les stocker en profondeur dans le sous-sol, mais elle risque d'être annulée cet automne en raison d'une forte baisse des prévisions de revenus. Ce changement de cap découle de la version révisée de l'accord sur la taxe carbone pour le méthane et l'industrie, signé par le Premier ministre Mark Carney et la Première ministre de l'Alberta, Danielle Smith. Selon le cadre fédéral précédent, le prix du carbone industriel au Canada devait atteindre 170 dollars la tonne d'ici 2030. Le nouveau compromis provincial-fédéral, conclu après des pressions exercées par les grands émetteurs industriels, fixe un plafond de prix à 130 dollars la tonne et repousse l'échéance à 2040.
Pour les développeurs qui dépendent d'un marché robuste de crédits de conformité pour financer leurs projets, le nouvel algorithme ne fonctionne pas. Les coûts d'exploitation estimés de l'installation de Varme Energy sont d'environ 118 dollars la tonne. Bien que l'entreprise ait obtenu du Fonds de croissance du Canada une garantie de base pour l'achat de ses crédits à 85 dollars la tonne, le projet nécessite que le marché de conformité atteigne 170 dollars la tonne pour être commercialement viable. Sean Collins, PDG de Varme Energy, a déclaré que la situation financière de l'entreprise est extrêmement difficile et qu'elle lance un appel à l'aide à Ottawa, soulignant que « la solution au problème des revenus, ce sont les revenus ».
Cet ajustement politique menace également un plus grand nombre de projets à travers la province, notamment le projet de bio-captage et de stockage du carbone (bio-CCS) de 2 milliards de dollars de la société Torchlight près d'une usine de pâtes et papiers à Hinton. Des dirigeants de l'industrie soulignent que les allocations de capital et les crédits d'impôt peuvent aider à couvrir les coûts de construction initiaux, mais ils seront inutiles si la valeur des actifs carbone en aval est détruite. Sans une intervention réglementaire rapide dans les prochains mois, par exemple en autorisant les développeurs canadiens à exporter leurs crédits vers des programmes de conformité américains ou internationaux, les ambitions phares du Canada en matière de captage du carbone pourraient perdre définitivement leur viabilité économique.









