La capitalisation boursière de Nokia dépasse les 70 milliards de dollars, grâce à sa transition vers l’infrastructure réseau de l’IA
2026-07-03 11:02
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fr.wedoany.com Rapport : La capitalisation boursière de Nokia a franchi la barre des 70 milliards de dollars, portée par sa transformation vers l’infrastructure réseau dédiée à l’IA. Après être passée du statut de leader incontesté de l’ère des téléphones basiques à celui d’acteur en perte de vitesse face à la vague des smartphones, l’entreprise regagne l’attention du marché grâce à des technologies de base telles que les communications optiques et l’AI-RAN.

Nokia a été le roi de l’ère des téléphones basiques, occupant la première place mondiale en parts de marché des téléphones mobiles pendant 15 ans à partir de 1996. À son apogée, sa part de marché mondiale dépassait 40 %, sa capitalisation boursière atteignait environ 162,3 milliards de dollars, et son modèle emblématique, le Nokia 1100, s’est vendu à plus de 250 millions d’unités. Après le lancement de l’iPhone en 2007, la logique concurrentielle du secteur des télécommunications s’est orientée vers les systèmes d’exploitation, les écosystèmes d’applications et les capacités de plateforme. Le système Symbian, auquel Nokia s’accrochait, souffrait d’une grave fragmentation : en 2009, il existait 57 versions incompatibles, et en 2010, le magasin Symbian ne comptait que 3 000 applications, contre plus de 100 000 pour Android. L’entreprise a refusé une offre de collaboration de Google sur Android, insistant pour développer son propre système MeeGo, mais a ainsi manqué la fenêtre de transition. Après la nomination de Stephen Elop, ancien cadre de Microsoft, au poste de PDG, une restructuration stratégique a été menée : abandon de Symbian et arrêt de MeeGo, avec un pari sur l’écosystème Windows Phone pour les smartphones. En 2013, Nokia a vendu son activité téléphonie mobile à Microsoft pour environ 5,44 milliards d’euros.

Après avoir cédé son activité téléphonie mobile, Nokia a concentré ses fonds, ses capacités de R&D et son ingénierie sur le secteur des équipements de télécommunications, notamment les réseaux mobiles, les systèmes de cœur de réseau, ainsi que le développement de réseaux dédiés pour les opérateurs et les entreprises. L’entreprise a également racheté à Siemens ses parts dans la coentreprise « Nokia Siemens Networks ». L’élément central de cette réorientation stratégique est de se positionner sur les « communications optiques », un créneau clé de l’ère de l’IA. Les exigences de bande passante et de latence imposées par l’entraînement et l’inférence des grands modèles d’IA poussent les solutions traditionnelles en cuivre et les interconnexions électriques à leurs limites physiques, faisant de la technologie de communication optique un élément central de l’infrastructure de calcul pour l’IA.

L’acquisition d’Alcatel-Lucent en 2015 a apporté à Nokia les brevets clés et l’expertise technique des Bell Labs, comblant ses lacunes dans les domaines de l’IP et des réseaux cloud, et propulsant Nokia parmi les premiers acteurs mondiaux du marché des équipements de réseaux optiques. En 2024, Nokia a acquis le fabricant américain d’équipements de communication optique Infinera pour 2,3 milliards de dollars. Une fois l’acquisition finalisée en 2025, Nokia deviendra le deuxième fournisseur du marché des réseaux optiques, avec une part de marché de 20 %.

En octobre 2025, Nvidia a pris une participation stratégique dans Nokia pour environ 1 milliard de dollars, les deux entreprises collaborant autour de l’AI-RAN (réseau d’accès radio basé sur l’IA). L’objectif est de transformer les stations de base de communication traditionnelles en nœuds intelligents capables d’orchestrer des capacités de calcul en périphérie. Le système AI-RAN ajoute des fonctions de calcul en périphérie et de traitement intelligent aux transmissions de données entre les stations de base et les appareils mobiles, optimisant l’utilisation du spectre et l’efficacité énergétique grâce à des algorithmes d’IA, et exploitant les actifs RAN inutilisés pour héberger des services d’IA en périphérie, créant ainsi de nouvelles sources de revenus pour les opérateurs.

Des communications optiques à l’interconnexion des centres de données, de la 5G-A à l’AI-RAN, des réseaux d’opérateurs aux nœuds de calcul en périphérie, Nokia devient l’un des bâtisseurs de l’infrastructure réseau de l’IA. Sa trajectoire de transformation montre que, dans une ère des télécommunications réécrite par l’IA, les systèmes sous-jacents qui soutiennent le fonctionnement de la scène portent une nouvelle valeur industrielle.

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