fr.wedoany.com Rapport : Le Portugal et le Maroc prévoient d’étudier la construction d’une autoroute énergétique sous-marine reliant les deux pays, avec un investissement total d’environ 650 millions d’euros, partagé à parts égales. La ministre portugaise de l’Environnement et de l’Énergie, Maria da Graça Carvalho, a révélé après avoir participé à une réunion de haut niveau à Paris qu’elle accueillera prochainement la ministre marocaine de l’Énergie, Leila Benali, pour discuter de la faisabilité de l’interconnexion électrique entre les deux pays.
Selon les conclusions d’une étude publiée en 2022 par l’Association des opérateurs de systèmes de transport d’électricité méditerranéens (MED-TSO), les câbles de cette autoroute électrique s’étendront de la poste de transformation de Tavira, au Portugal, jusqu’au poste de transformation de B. Harchan, au Maroc, sur une distance de 220 km, avec une capacité de 1 000 MW. Le coût total de 650 millions d’euros sera réparti entre les deux pays, la part du Portugal s’élevant à 325 millions d’euros. Cependant, la ministre a souligné que ces données pourraient être obsolètes et qu’une analyse coûts-bénéfices reste nécessaire avant de lancer le projet.
Ce projet n’est pas une première. En 2018, la société portugaise REN – Redes Energéticas Nacionais et l’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable (ONEE) du Maroc, mandatés par leurs gouvernements respectifs, avaient soumis une proposition de projet préliminaire et un modèle de financement basés sur une étude de faisabilité technico-économique, mais le projet n’avait finalement pas été lancé. À l’époque, le président de REN, Rodrigo Costa, avait indiqué que l’entreprise disposait d’une capacité d’investissement allant jusqu’à 400 millions d’euros en 2021, mais le Portugal n’avait pas donné suite. En mai 2025, selon le Journal Économique (JE), Lisbonne et Rabat ont eu des contacts préliminaires sur ce sujet, et les autorités compétentes ont alors reconnu étudier la question.
Outre l’exploration de l’interconnexion avec le Maroc, la ministre Carvalho a également œuvré lors de ce déplacement pour promouvoir l’interconnexion énergétique entre la péninsule ibérique et le reste de l’Europe. Lors de sa rencontre à Paris avec la ministre française de l’Énergie, Maud Bregeon, la ministre espagnole Sara Aagesen et le commissaire européen Dan Jorgensen, elle a particulièrement appelé la Commission européenne à accorder une haute priorité à l’interconnexion des réseaux électriques entre la France, l’Espagne et le Portugal dans le prochain cadre budgétaire. La ministre a souligné que le Portugal avait déjà porté son taux d’interconnexion à 15 % grâce à une nouvelle liaison entre Minho et Galiza, atteignant ainsi le niveau recommandé par la Commission européenne pour 2030. Elle a insisté sur le fait que le Portugal, tel une île du point de vue énergétique, a besoin d’une plus grande flexibilité, de capacités de stockage et de résilience du réseau. Actuellement, le niveau d’interconnexion entre la France et l’Espagne n’est que de 3 %, bien loin de l’objectif européen de 15 %.
La ministre Carvalho a également indiqué qu’une augmentation de l’interconnexion avec la France contribuerait à réduire le temps de rétablissement du système. Elle a mentionné qu’après une récente panne de courant massive, le Portugal avait rétabli l’alimentation électrique en 12 heures grâce au démarrage autonome de deux centrales, et a estimé qu’il s’agissait d’un bon rétablissement pour une panne de cette ampleur.










