fr.wedoany.com Rapport : Le Conseil national de la politique minière (Conselho Nacional de Política Mineral) du Brésil a mis en place un nouveau groupe de travail sur l'uranium, chargé d'évaluer dans un délai de 90 jours l'état actuel de la cartographie et de la connaissance des ressources et réserves uranifères du pays, et de proposer des stratégies pour élargir ces informations. Ce groupe de travail sera également responsable de l'identification du potentiel de production minière, couvrant les projets en cours et futurs.

Le groupe de travail opère sous la supervision du ministère des Mines et de l'Énergie et comprend des représentants de plusieurs ministères, de la Marine, du ministère de la Défense, ainsi que de l'exploitant nucléaire Eletronuclear et des Industries nucléaires du Brésil (Indústrias Nucleares do Brasil, INB). Le président d'INB, Tomas Albuquerque, a déclaré que la production mondiale actuelle d'uranium est de 60 000 tonnes, tandis que la consommation atteint 65 000 tonnes, dont 5 000 tonnes proviennent des réserves stratégiques des pays et des centrales nucléaires. Avec la construction de nouvelles unités, la demande mondiale augmentera encore. Si le Brésil développe sa capacité nucléaire, il devra accroître sa production d'uranium, ce qui nécessite des investissements massifs.
L'INB publique a lancé en 2024 le programme « Pró-Urânio », visant à étendre et accélérer l'exploration de nouveaux gisements. La Banque nationale de développement économique et social (BNDES) participera à l'élaboration de modèles de coopération avec les entreprises minières. La banque a déjà publié en décembre un appel à informations destiné aux cabinets de conseil intéressés.
Selon les données de l'Association nucléaire mondiale (World Nuclear Association), le Brésil, après une exploration active dans les années 1970 et 1980, a identifié 210 000 tonnes de ressources uranifères. Le Brésil exploite des mines d'uranium depuis 1982, mais la seule mine en activité est celle de Lagoa Real/Caetité, exploitée par INB, avec une capacité annuelle de 340 tonnes d'uranium. Cette mine possède des ressources connues de 10 000 tonnes d'uranium, avec une teneur de 0,3 % d'uranium.
Le Brésil avance sur le projet Santa Quitéria, actuellement en cours de procédure d'autorisation environnementale préliminaire auprès de l'Institut brésilien de l'environnement et des ressources naturelles renouvelables (IBAMA), le projet ayant été accepté pour examen environnemental en mars 2022. Le projet sera mis en œuvre à Fazenda Itataia, dans la municipalité de Santa Quitéria. Le gisement d'Itataia est composé de 99,8 % de phosphate et de 0,2 % d'uranium. Situé dans l'intérieur de l'État du Ceará, il constitue la plus grande réserve d'uranium découverte au Brésil. INB prévoit une production annuelle d'environ 1,05 million de tonnes d'engrais phosphatés et 220 000 tonnes de phosphate dicalcique pour l'alimentation animale, ainsi qu'environ 2 300 tonnes de concentré d'uranium par an, destiné à alimenter les centrales nucléaires d'Angra 1, Angra 2 et la future Angra 3. Cette initiative renforce également la stratégie nationale d'autosuffisance en matière de production de combustible nucléaire et le potentiel d'exportation. Selon les données du plan du projet de 2020, le gisement d'Itataia contiendrait environ 142 200 tonnes d'uranium, mélangé à du phosphate, avec des réserves exploitables de 79,5 millions de tonnes de minerai, d'une teneur de 11 % de P2O5 et de 0,0998 % d'U3O8, soit l'équivalent d'environ 8,9 millions de tonnes de P2O5 et 79 300 tonnes d'U3O8.
Le Brésil possède une longue histoire dans le domaine de l'énergie nucléaire. Deux réacteurs à eau sous pression — Angra 1 et Angra 2 — fournissent environ 3 % de l'électricité du pays. Le Brésil prévoit d'achever la construction de la troisième unité d'Angra et explore l'ajout de nouvelles capacités, notamment le développement d'un microréacteur.









