Déploiement d’une batterie à flux hydrogène-fer de 20 MW avec une durée de 10 à 40 heures au parc éolien néerlandais de Zeewolde
2026-07-09 13:45
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fr.wedoany.com Rapport : Le parc éolien terrestre Windpark Zeewolde, d’une capacité de 322 MW situé dans la province néerlandaise du Flevoland, l’un des plus grands du genre en Europe, a conclu un partenariat avec le développeur néerlandais de solutions de stockage Elestor pour déployer un système de batterie à flux hydrogène-fer de 20 MW. Ce système offre une capacité de stockage comprise entre 200 et 800 MWh, avec une fenêtre de durée fixée entre 10 et 40 heures, conçue principalement pour le stockage nocturne et les périodes d’intermittence éolienne de plusieurs jours. En comparaison, la plupart des batteries lithium-ion de qualité utilitaire actuellement déployées ont une durée de fonctionnement de seulement 2 à 4 heures, parfois prolongée à 6 ou 8 heures. Ce projet vise à combler le manque de solutions de stockage longue durée à grande échelle commerciale.

Le principe de fonctionnement de la batterie à flux hydrogène-fer d’Elestor diffère de celui des batteries lithium-ion traditionnelles. Lors de la charge, l’électricité décompose l’eau pour produire de l’hydrogène, qui réagit ensuite avec un électrolyte à base de fer ; lors de la décharge, la réaction inverse renvoie l’électricité au réseau. Comme l’énergie est stockée dans l’électrolyte liquide contenu dans des réservoirs externes, et non à l’intérieur des cellules de la batterie, l’augmentation de la durée de stockage repose principalement sur l’augmentation du volume des réservoirs, plutôt que sur l’ajout de piles de batteries plus coûteuses. Elestor indique que cette technologie peut atteindre une durée de 8 à 150 heures, et ce déploiement sera calibré pour les 10 à 40 heures nécessaires à Zeewolde. Le système utilise de l’hydrogène, du fer et de l’eau comme matières premières, des matériaux plus abondants et moins coûteux que ceux des batteries lithium-ion, qui dépendent du lithium, du nickel, du cobalt et du graphite, contribuant ainsi à atténuer les préoccupations stratégiques liées à la chaîne d’approvisionnement.

Ce projet répond également directement au problème croissant de congestion du réseau aux Pays-Bas. En février 2026, la ministre néerlandaise du Climat, Sophie Hermans, a mentionné dans une lettre au Parlement que les opérateurs de réseaux régionaux comptaient plus de 14 000 demandes d’absorption d’électricité sur leur liste d’attente, totalisant environ 9 GW, tandis que l’opérateur du réseau national TenneT avait 212 demandes sur sa liste, pour un total de 38 GW. Le fait que les régions riches en ressources éoliennes atteignent leurs limites de transmission n’est pas propre aux Pays-Bas, mais le pays en est l’un des exemples les plus typiques aujourd’hui. En déployant du stockage, le parc éolien de Zeewolde peut stocker l’électricité lorsqu’il ne peut pas l’injecter immédiatement dans le réseau, puis la libérer lorsque la connexion au réseau le permet, évitant ainsi d’attendre des mises à niveau coûteuses et longues des lignes de transmission.

Zeewolde est détenu conjointement par plus de 200 agriculteurs, résidents et entrepreneurs locaux. Une fois le système de stockage d’énergie mis en service, le projet prévoit d’être rebaptisé Energiehub Zeewolde, marquant ainsi son passage d’un simple rôle d’exportation d’énergie éolienne à une gestion active du moment d’injection de l’électricité dans le réseau. Le déploiement se fera par phases : Elestor installera d’abord une petite unité pré-commerciale pour valider les performances, et l’ensemble du système de 20 MW devrait être achevé d’ici 2031. Avant cela, Elestor a bouclé un tour de financement de série A de 34 millions de dollars (30 millions d’euros), mené par Equinor Ventures, avec la participation de Vopak Ventures, Invest-NL et d’autres, reflétant l’intérêt réel des investisseurs institutionnels pour les technologies de stockage longue durée autres que le lithium-ion.

Cette tendance est motivée par bien plus que les Pays-Bas. Selon des rapports, les délestages d’énergies renouvelables de l’opérateur de réseau régional américain PJM ont presque sextuplé en 2024, et des goulots d’étranglement similaires existent au Texas, en Californie, en Allemagne et en Australie. Le stockage lithium-ion de courte durée convient aux transferts de charge à l’échelle horaire, mais n’est pas conçu pour résoudre les contraintes de transmission sur plusieurs jours. Pour les entreprises de services publics et les opérateurs de réseaux, la clé qui limite le développement des énergies renouvelables passe progressivement de la quantité d’électricité pouvant être produite à la quantité pouvant être effectivement transportée. Des projets comme Windpark Zeewolde sont construits précisément pour combler cette lacune, et les acheteurs accordent de plus en plus d’importance à la flexibilité du système, la durée devenant un indicateur plus central que la puissance.

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