fr.wedoany.com Rapport : L'Ouzbékistan a signé un accord de financement de projet en partenariat public-privé (PPP) pour la construction et l'exploitation à long terme du nouvel aéroport international de Tachkent (New Tashkent International Airport), l'un des plus grands projets d'infrastructures de transport d'Asie centrale que le pays s'est engagé à réaliser. Cet accord, conclu entre l'opérateur public Uzbekistan Airports et un consortium international dirigé par le saoudien Vision Invest, prévoit la construction d'un aéroport sur site vierge, conçu pour accueillir jusqu'à 20 millions de passagers par an à son ouverture, avec une capacité à long terme pouvant atteindre 46 millions de passagers.
Cette transaction revêt une importance majeure pour le secteur des infrastructures, qui observe la prochaine vague d'investissements aériens, car elle combine une envergure de projet considérable, un modèle clair de partage des risques et une demande aérienne accumulée au cours de la dernière décennie. Son importance réside tant dans sa structure que dans sa localisation. L'aéroport actuel de Tachkent, situé en zone urbaine, a une capacité de conception d'environ 11 millions de passagers et ne peut pas ajouter de piste, ce qui limite sévèrement l'amélioration de la connectivité internationale de la capitale. Le gouvernement a décidé de déplacer la porte d'entrée principale vers une zone dégagée de la région de Tachkent et de faire appel à un opérateur ayant l'expérience de la gestion des hubs les plus fréquentés au monde.
Cette approche reflète un modèle courant sur les marchés aériens émergents : les pays conservent le contrôle du site aéroportuaire tout en invitant des capitaux privés et une expertise opérationnelle pour le développement des terminaux. Ce modèle, déjà éprouvé en Arabie saoudite, en Turquie et en Inde, est désormais appliqué à l'un des marchés touristiques à la croissance la plus rapide au monde. Sur le plan commercial, le consortium privé détient 90 % du projet, dont 45 % pour Vision Invest, 30 % pour le japonais Sojitz Corporation, 15 % pour le sud-coréen Incheon International Airport Corporation, tandis qu'Uzbekistan Airports conserve les 10 % restants. Selon les conditions convenues, les partenaires privés seront chargés de construire, d'exploiter et de maintenir le terminal passagers et les zones d'accès, ainsi que de réaliser les extensions futures pendant la concession de 35 ans. En revanche, la responsabilité du développement et de la gestion des infrastructures aéroportuaires telles que les pistes, les voies de circulation et les systèmes de navigation reste assumée par l'État.

L'investissement initial de la première phase s'élève à environ 2,5 milliards de dollars, et les promoteurs ont obtenu des recommandations pour la clôture financière attendue, impliquant un groupe de banques senior et d'institutions financières internationales. Le projet prévoit la construction de deux pistes parallèles de quatre kilomètres, permettant à l'aéroport de traiter des avions long-courriers à fuselage large et d'assurer jusqu'à 30 mouvements par heure. Le terminal de 208 000 mètres carrés soutiendra une plateforme pouvant accueillir simultanément 62 avions, offrant 98 postes de stationnement à l'ouverture. Un complexe de stockage et d'approvisionnement en carburant ainsi qu'une nouvelle tour de contrôle constitueront les installations aéroportuaires initiales et les équipements côté ville, dotant l'infrastructure des systèmes essentiels pour fonctionner comme une porte d'entrée internationale complète dès le premier jour. Les travaux préparatoires sur le site sont déjà en cours, et le transfert des réseaux d'ingénierie et de services publics doit commencer avant fin juin 2026.
La planification à long terme prévoit un terminal quatre fois plus grand que l'installation actuelle de Tachkent, capable de soutenir jusqu'à 46 millions de passagers par an, plus de 40 passerelles d'embarquement et 160 postes de stationnement pour avions. La conception adopte une approche de construction par phases, exigeant une conception modulaire et des solutions de livraison permettant d'augmenter la capacité sans interrompre les opérations. Le projet prévoit également d'intégrer l'aéroport dans un réseau de transport plus large, avec des connexions directes aux autoroutes Tachkent-Samarcande, Tachkent-Andijan et Tachkent-Bostonliq, ainsi qu'une gare dédiée aux trains à grande vitesse dans le complexe, et des navettes entre le centre-ville de Tachkent et le nouvel aéroport.
L'ampleur de ce projet est étroitement liée aux performances touristiques récentes de l'Ouzbékistan. En 2025, le pays a accueilli environ 11,7 millions de touristes étrangers, soit une augmentation de près de 47 % par rapport à l'année précédente. L'Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies l'a classé parmi les sept destinations à la croissance la plus rapide au monde, avec un nombre de visiteurs en hausse d'environ 73 % par rapport aux niveaux de 2019. En 2025, le trafic total des passagers dans le réseau aéroportuaire national a atteint environ 15,5 millions, avec une croissance annuelle d'environ 14 % et près de 129 000 vols. Les exportations de services touristiques ont grimpé à environ 4,8 milliards de dollars. La stratégie « Ouzbékistan-2030 » vise à attirer 15 millions de touristes étrangers par an. Le projet a été légalement établi par un décret présidentiel du 25 novembre 2025.
La composition du consortium reflète le poids stratégique du projet. Incheon International Airport Corporation exploite la principale porte d'entrée internationale de la Corée du Sud, ayant traité plus de 70 millions de passagers en 2024, et est déjà active en Ouzbékistan via un accord de concession distinct. Sojitz Corporation est une société de commerce japonaise couvrant les secteurs de l'énergie, des infrastructures, de l'industrie et de la santé. En tant que promoteur principal, Vision Invest est un développeur saoudien qui, sous l'impulsion de la « Vision 2030 » du royaume, a constitué un portefeuille couvrant l'électricité, l'eau, la logistique et les transports. Avec la signature de l'accord de concession et le début des travaux préparatoires, les prochaines étapes incluent la clôture financière et la mobilisation des entrepreneurs, avec pour objectif d'achever la construction en quatre ans. La concession de 35 ans signifie que les partenaires assument la responsabilité de la construction, de l'exploitation, de l'extension et du réinvestissement, leur engagement s'étendant jusqu'environ 2065. Si la livraison se déroule comme prévu, l'Ouzbékistan ouvrira une porte d'entrée à la mesure d'un marché dont la croissance attendue est durable.







