Meta investit plus de 13 milliards de dollars canadiens en Alberta pour construire un centre de données
2026-07-22 10:01
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fr.wedoany.com Rapport : Meta Platforms Inc. a annoncé un investissement de plus de 13 milliards de dollars canadiens pour construire un centre de données à très grande échelle au nord d’Edmonton, dans le comté de Sturgeon (Sturgeon County), en Alberta, au Canada. Cette installation utilise un système de refroidissement en circuit fermé et, une fois en service, sa consommation annuelle d’eau sera inférieure à celle d’un terrain de golf typique de l’Alberta. Le complexe, d’une superficie équivalente à 33 terrains de la Ligue canadienne de football, sera alimenté par une nouvelle centrale électrique au gaz naturel, dont la production finale pourrait dépasser la consommation électrique de la ville d’Edmonton.

Lors d’une conférence de presse le 8 juillet, Gary Demasi, vice-président de la stratégie et du développement des centres de données chez Meta, a déclaré que les opérations de refroidissement normales ne nécessitent pas d’eau, et que l’utilisation de l’eau sur place se limite à l’eau domestique, aux systèmes de lutte contre les incendies et à certaines applications de maintenance des équipements. Contrairement aux systèmes de refroidissement par évaporation qui dépendent de grandes quantités d’eau froide, le système en circuit fermé absorbe la chaleur via un fluide caloporteur circulant dans des canalisations au-dessus des puces, puis la chaleur est évacuée à l’extérieur du bâtiment par des ventilateurs. Le fluide refroidi retourne ensuite aux serveurs pour être réutilisé.

Marina Freire-Gormaly, professeure adjointe en génie mécanique à l’Université York (York University), a souligné que la technologie en circuit fermé est mieux adaptée aux climats plus frais comme celui de l’Alberta, tandis que les centres de données dans les régions plus chaudes ont tendance à privilégier le refroidissement par évaporation en raison d’un écart de température intérieur-extérieur insuffisant. Elle s’est interrogée sur la manière dont cette conception gère les températures estivales élevées à Edmonton. Un récent article de blog de Nvidia, fabricant de puces d’IA, indique que ses derniers serveurs peuvent utiliser un fluide caloporteur jusqu’à 45 °C, et que le fluide quitte les baies à 55 °C. Cette capacité témoigne d’une amélioration de l’efficacité, car le refroidissement a historiquement représenté 40 % de la consommation électrique des centres de données. Le fluide caloporteur utilisé par Nvidia est composé de trois quarts d’eau et d’un quart de propylène glycol.

Freire-Gormaly estime que le Canada peut devenir un lieu attrayant pour les entreprises hyperscale souhaitant établir leurs activités, tout en soulignant la nécessité de prêter attention aux systèmes de refroidissement des sources d’alimentation et à leur empreinte hydrique, ainsi que d’explorer la possibilité d’utiliser la chaleur résiduelle des centres de données pour le chauffage. Plus tôt cette année, une étude de chercheurs de l’Université de Cambridge (University of Cambridge) a estimé qu’après la mise en service des centres de données d’IA, la température de surface environnante augmente en moyenne de 2 °C, et une hausse de température est encore détectable à 10 km de distance.

Un article de Lyndsey Rolheiser et Alexander Carlo, chercheurs à l’École de commerce Schulich (Schulich School of Business) de l’Université York, montre qu’en juin de cette année, le Canada comptait 194 centres de données en activité, pour une capacité totale de 1,6 GW ; 213 autres sont prévus, pour une capacité totale de plus de 22 GW. L’Alberta représente 92 % de la capacité supplémentaire prévue, alors que ses installations actives ne représentent que 10 % du total. Rolheiser a indiqué que la province s’appuie sur un marché de l’énergie autoproduite déréglementé pour attirer les investissements, plutôt que sur des incitations financées par les contribuables. En raison de l’insuffisance de la capacité du réseau, les projets privilégient l’autoproduction d’électricité, presque exclusivement à partir de gaz naturel. Elle a souligné que de nombreux résidents sont dans un vide d’information et qu’il est nécessaire de communiquer avec précision sur les mesures de protection environnementale et de sécurité.

Ali Bayat, professeur de génie civil et environnemental à l’Université de l’Alberta (University of Alberta), a déclaré que la province, en tant que région industrielle, dispose de la main-d’œuvre nécessaire pour répondre aux besoins de construction des centres de données. Meta prévoit que la construction créera 3 000 emplois.

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