Étude chinoise : remplacer 15 % des engrais chimiques par des engrais organiques peut réduire les émissions de N₂O dans les champs de tabac
2026-07-23 14:48
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fr.wedoany.com Rapport : Une nouvelle étude de l’Université d’agriculture de Nanjing (Nanjing Agricultural University) montre que le remplacement partiel des engrais azotés minéraux par des engrais organiques aide les producteurs de tabac à maintenir un cycle actif de l’azote dans le sol tout en réduisant les émissions de protoxyde d’azote (N₂O).

Effet du remplacement partiel de l’azote des engrais chimiques par des engrais organiques sur la transformation de l’azote et les émissions de protoxyde d’azote dans les champs de tabac

Les engrais azotés sont essentiels à la production agricole, mais une application excessive entraîne la dégradation des sols, la perte de nutriments et les émissions de protoxyde d’azote. Le protoxyde d’azote est un gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement est bien supérieur à celui du dioxyde de carbone sur une échelle de 100 ans.

Cette étude a été publiée dans la revue Nitrogen Cycling. L’auteur correspondant, Zhengqin Xiong, a déclaré que le remplacement organique réduit non seulement la quantité d’engrais minéraux appliquée, mais remodèle également les processus microbiens qui contrôlent la production, la consommation et la libération de l’azote dans le sol, créant ainsi des opportunités pour une gestion des nutriments plus respectueuse du climat.

Les chercheurs ont mené des expériences dans des champs de tabac à Qujing, dans la province du Yunnan, où le tabac est généralement cultivé sur des sols rouges acides. Ces sols ont une teneur limitée en matière organique, sont sujets à l’acidification, à une faible efficacité d’utilisation de l’azote et à des pertes de gaz à effet de serre. L’étude a comparé quatre traitements de fertilisation : application exclusive d’engrais azotés minéraux, et remplacement de 15 % de l’apport d’azote minéral par des engrais organiques commerciaux, du fumier traditionnel ou un bio-engrais contenant le champignon bénéfique Trichoderma viride.

Après la récolte du tabac, les chercheurs ont prélevé des échantillons de sol et utilisé la technique de traçage isotopique à l’azote-15 pour suivre la migration de l’azote dans différents réservoirs du sol. Par rapport à l’application exclusive d’engrais minéraux, les trois traitements de remplacement organique ont augmenté les taux de production totale de nitrate, de production d’ammonium et de consommation d’ammonium. La nitrification autotrophe, processus microbien convertissant l’ammonium en nitrate, était particulièrement active dans les sols traités avec du fumier et du bio-engrais.

Malgré une activité de transformation de l’azote plus élevée, les traitements de remplacement organique ont produit des émissions cumulées de protoxyde d’azote significativement inférieures à celles du traitement aux engrais minéraux. L’ordre des émissions cumulées était : engrais minéraux, fumier, engrais organique commercial, bio-engrais, mais les différences entre les trois traitements organiques n’étaient pas statistiquement significatives. L’analyse isotopique a montré que la nitrification autotrophe était la plus grande source de protoxyde d’azote, représentant 60 % à 67 % des émissions totales dans chaque traitement, mais le remplacement organique a réduit la quantité de protoxyde d’azote produite par cette voie.

Le traitement au bio-engrais a présenté les taux les plus élevés de production d’ammonium et de consommation de nitrate, ainsi que les émissions cumulées de protoxyde d’azote les plus faibles dans l’expérience. Les chercheurs estiment que le bio-engrais pourrait améliorer la structure du sol, l’aération, la disponibilité du carbone et l’activité microbienne, soutenant un cycle rapide de l’azote tout en réduisant la proportion d’azote perdue sous forme de protoxyde d’azote. L’étude a également révélé que le remplacement organique modifiait l’abondance des gènes microbiens impliqués dans les processus de nitrification et de dénitrification.

Les auteurs notent que des quantités plus élevées de traceur ont été utilisées dans les expériences d’incubation isotopique pour garantir la précision des mesures, et que les taux de transformation rapportés sont des taux potentiels dans des conditions contrôlées. Cependant, les comparaisons entre traitements fournissent des preuves claires qu’un remplacement organique partiel peut améliorer la dynamique de l’azote dans le sol et réduire les émissions de protoxyde d’azote dans les champs de tabac. Ces résultats offrent un soutien pratique pour les stratégies de fertilisation visant à réduire la dépendance à l’azote minéral, améliorer la qualité du sol et atténuer les émissions de gaz à effet de serre agricoles.

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