fr.wedoany.com Rapport : La Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC) espagnole a fixé, par une résolution publiée lundi au Bulletin officiel de l'État (BOE), le coût de rétablissement de l'événement « remise à zéro électrique » du 28 avril 2025 à 38,7 millions d'euros, somme qui sera répartie sur les factures d'électricité des douze prochains mois.

Cette résolution établit également les critères de règlement des coûts des 28 et 29 avril 2025 pour l'opérateur du système électrique. Ce jour-là, à 12h33, une panne a affecté le système électrique de la péninsule, entraînant la suspension des activités du marché.
Le coût total de 38,7 millions d'euros ainsi fixé couvre les dépenses de rétablissement du réseau et de mise en œuvre du plan d'urgence, dont 33,1 millions d'euros correspondent aux coûts de production des installations ayant participé à la reconstruction du système, principalement les cycles combinés à gaz et les centrales hydroélectriques ; les 5,6 millions d'euros restants servent à financer les échanges internationaux de soutien électrique fournis depuis la frontière française, non couverts par les recettes de congestion.
Afin d'éviter qu'un « coût supplémentaire unique » n'affecte de manière disproportionnée les consommateurs d'une seule période, la CNMC n'a pas désigné la demande enregistrée pendant la panne comme seul support du coût de rétablissement, mais l'a réparti proportionnellement sur douze mois entre les futurs fournisseurs et les consommateurs directs, selon leur consommation. Après déduction des 9,1 millions d'euros déjà réglés à titre provisoire aux installations de production conformément à la procédure d'exploitation 3.9 (P.O. 3.9), le montant net à régler s'élève à 29,6 millions d'euros.
Sur la base d'une demande annuelle estimée d'environ 241 595 GWh dans la péninsule espagnole, la contribution unitaire supportée par les consommateurs dans leurs factures d'électricité au cours de l'année à venir est de 0,12 €/MWh, soit 0,16 €/MWh en coût brut total. La CNMC, présidée par Juan José Ganuza, prévoit que la période de règlement commencera au plus tard le premier jour du mois suivant le quatrième mois après la publication de la résolution au BOE, et Red Eléctrica de España (REE), en tant qu'opérateur du système, devra publier les coûts mensuels de règlement et le calendrier détaillé au moins deux mois à l'avance.
En ce qui concerne le calcul des compensations, les 215 483 MWh d'électricité produite par les cycles combinés au gaz naturel ont été compensés à 120,50 €/MWh, soit un total d'environ 26 millions d'euros ; l'électricité hydraulique et le pompage-turbinage au-delà des volumes prévus par le plan PDBF antérieur ont également été compensés à 120,50 €/MWh, représentant respectivement 5,9 millions et 0,75 million d'euros ; les centrales thermiques au charbon ont été compensées à 123,17 €/MWh, pour 3 861 MWh, soit un total de 0,47 million d'euros.
Pour déterminer le prix final des centrales à gaz, la CNMC a construit une formule basée sur les coûts objectifs des matières premières, en référence au prix du gaz Mibgas D+1 de 34 €/MWh, aux frais d'accès, à la valeur des droits d'émission de CO2 de 65 €/tonne, aux coûts variables d'exploitation et de maintenance de 2,75 €/MWh, à l'impôt sur la valeur de la production électrique (IVPEE) de 7 % et à la répartition des subventions sociales. Parallèlement, le régulateur a rejeté les propositions de certains producteurs et de l'opérateur du système visant à évaluer la production sur la base des offres du marché soumis à contraintes techniques — les offres des cycles combinés atteignant 246 €/MWh et celles de l'hydroélectricité 371 €/MWh — au motif que ces offres initiales, dans un marché « payé au prix offert » et dans le contexte de suspension du marché, pourraient surestimer les coûts réels.
Au cours de la procédure d'audition préalable, 16 entités (dont des organisations du secteur électrique, des associations de consommateurs et des fournisseurs) ont présenté des observations, la plupart des participants demandant que ce coût exceptionnel soit pris en charge par le budget général de l'État (PGE) espagnol ou par une modification des charges régulées du système, au motif que l'origine de l'interruption était sans lien avec le contrôle et la responsabilité des consommateurs finaux. La CNMC a indiqué qu'elle n'avait pas la compétence légale pour financer ce coût par la voie du PGE, ni pour modifier le décret royal relatif aux charges, et que le transfert du coût vers la demande était la seule alternative viable dans le cadre de ses compétences. Face aux allégations d'« abus » formulées par les associations de consommateurs, le régulateur a souligné que ce paiement ne constitue pas un transfert de dommages-intérêts, mais une compensation pour l'énergie réellement produite et consommée afin de rétablir l'approvisionnement électrique national dans une situation d'urgence légale.









