RD Congo : interdiction des exportations de concentrés de cuivre et de cobalt
2026-08-07 13:59
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fr.wedoany.com Rapport : Le 6 août, la République démocratique du Congo (RDC) a publié une nouvelle directive administrative interdisant l'exportation de concentrés de cuivre et de cobalt, afin d'intensifier ses efforts pour promouvoir la transformation locale et conserver une plus grande valeur ajoutée de ses ressources minérales.

Après que Reuters a rapporté cette interdiction, le prix de référence du cuivre à trois mois sur le London Metal Exchange (LME) a brièvement progressé de 1,8 %, atteignant 14 369,5 dollars la tonne, son plus haut niveau depuis le pic historique de 14 527,5 dollars la tonne enregistré le 29 janvier.

La RDC, premier fournisseur mondial de cobalt et important producteur de cuivre et d'autres minéraux essentiels à la transition énergétique, cherche à s'appuyer sur cet avantage en ressources pour développer ses capacités locales de transformation minière et capter une part plus importante des revenus issus de l'exploitation minière.

Ce décret, signé le 29 juin, a été cosigné par le ministre des Mines Louis Kabamba Watum, le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku Kahongya et le ministre de l'Économie Daniel Mukoko Samba. Il stipule explicitement « l'interdiction d'exporter des concentrés de cuivre et de cobalt ».

Le décret précise que l'interdiction entre en vigueur immédiatement ; toutefois, dans des circonstances exceptionnelles présentant un intérêt stratégique, les entreprises peuvent demander une exemption d'exportation valable un an, sans que le document n'apporte de précisions supplémentaires. Le décret instaure également un nouveau régime fiscal pour les sous-produits miniers à valeur économique, avec une période de transition de trois mois.

Dans un communiqué publié jeudi sur LSEG (plateforme d'information du London Stock Exchange Group), Ivanhoe Mines a indiqué que son complexe cuprifère de Kamoa-Kakula, détenu en coentreprise avec le chinois Zijin Mining et le gouvernement congolais, avait obtenu plusieurs exemptions depuis son entrée en production en 2021, lui permettant d'exporter des concentrés de cuivre.

« Actuellement, les concentrés de cuivre produits par Kamoa-Kakula sont traités dans la fonderie sur site de Kolwezi ou dans la fonderie de cuivre de Lualaba. Par ailleurs, la mine de Kipushi a obtenu un permis autorisant l'exportation de ses concentrés de zinc », a indiqué la société.

La RDC pousse en faveur de la transformation minière locale

Le décret indique que cette interdiction d'exportation vise à « encourager les entreprises minières à vendre ou exporter des produits miniers finis à haute valeur ajoutée ».
La RDC a déjà imposé des restrictions à l'exportation de concentrés de cuivre et de cobalt en 2013, 2019 et 2023, en accordant des licences d'exemption pour compenser l'insuffisance des capacités locales de fonderie.
Le nouveau décret abroge l'ancien décret de 2023 et ses clauses d'exemption associées, pour les remplacer par une réglementation élargie qui uniformise la gestion des exportations minières et la taxation des sous-produits miniers à haute valeur. La majeure partie du cuivre congolais est exportée sous forme de métal raffiné. Selon les données officielles, au premier trimestre 2026, la RDC a exporté 696 725 tonnes de cathodes de cuivre, tandis que les exportations de concentrés de cuivre se sont élevées à 53 926 tonnes, contenant 18 863 tonnes de cuivre métal.
Au cours de la même période, la RDC a également exporté 51 940 tonnes d'hydroxyde de cobalt, contenant 17 054 tonnes de cobalt métal.
Christian-Geraud Neema, analyste minier au sein de l'organisation à but non lucratif China-Global South Project, a déclaré que cette nouvelle interdiction ne devrait pas avoir d'impact majeur sur la plupart des opérateurs, car la majeure partie du cuivre et du cobalt congolais est déjà raffinée sur le territoire national.
Il a indiqué que Kamoa-Kakula pourrait être le plus touché, car cette mine exporte encore une partie de ses concentrés dans le cadre d'exemptions. Zijin Mining n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire, pas plus que la Chambre des mines de la RDC.
Le nouveau régime fiscal couvre un large éventail de minéraux et prévoit que la taxation des sous-produits miniers s'applique aux minéraux à l'état de traces et d'ultra-traces récupérés lors des processus de raffinage, avec un coefficient d'évaluation de 55 %, les redevances étant perçues conjointement avec celles du minéral principal.
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