fr.wedoany.com Rapport : Le 7 août, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a lancé une enquête sur la teneur en uranium des produits de cobalt exportés, visant à tester l'hydroxyde de cobalt brut largement exporté par le pays, et a mis en place un groupe de travail pour évaluer la présence d'uranium dans la chaîne d'approvisionnement internationale via les produits de cobalt. Les 2 000 à 5 000 tonnes d'uranium naturel concernées par l'enquête correspondent à une fourchette estimée par des recherches académiques ; le gouvernement déterminera l'ampleur réelle par des échantillonnages et des analyses en laboratoire.

Cette enquête fait suite à une étude publiée le 30 juillet dans Nature Communications. En combinant les données sur la répartition géologique des zones minières, les registres commerciaux des mines et les données des procédés hydrométallurgiques, les chercheurs ont estimé qu'entre 2000 et 2024, l'hydroxyde de cobalt exporté par la RDC pourrait contenir entre 2 000 et 5 000 tonnes d'uranium naturel, dont moins de 10 % ont été officiellement déclarés et intégrés au système international de garanties nucléaires.
Les minerais d'oxyde de cobalt de la ceinture cupro-cobaltifère du sud de la RDC sont généralement associés à de l'uranium, les deux éléments ayant des comportements chimiques similaires dans les procédés hydrométallurgiques. Si aucune étape dédiée à l'élimination de l'uranium n'est prévue dans le processus de production, une partie de l'uranium peut rester dans la solution de cobalt et être exportée avec l'hydroxyde de cobalt brut. L'étude indique que ce produit représente plus de 95 % des formes d'exportation de cobalt du pays.
Le gouvernement de la RDC prévoit de consulter l'Agence internationale de l'énergie atomique pour un soutien technique, d'impliquer les institutions nationales de sûreté nucléaire et des laboratoires internationaux dans les tests, et d'étudier l'installation d'équipements de détection de rayonnement lors du transport et de l'exportation des produits miniers. L'évaluation devrait être achevée dans un délai de 60 jours. L'étude estime également que 1 000 à 4 000 tonnes d'uranium pourraient se retrouver dans les résidus miniers, un chiffre qui devra également être confirmé par des enquêtes ultérieures.





















