L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a publié le 6 son « Perspectives des marchés de l'électricité 2026 », prévoyant que la production mondiale d'électricité atteindra plusieurs nouveaux jalons entre 2026 et 2030.

Le rapport souligne que les énergies renouvelables ont désormais dépassé le charbon en termes de production d'électricité, et que la production nucléaire continuera de s'étendre et d'établir de nouveaux records. En raison de la croissance des énergies à faibles émissions, la production mondiale d'électricité à partir du charbon devrait légèrement diminuer. D'ici 2030, la nouvelle demande sera satisfaite par les énergies renouvelables, le gaz naturel et le nucléaire. La part combinée des énergies renouvelables et du nucléaire dans la production mondiale d'électricité atteindra 50 % d'ici 2030. La forte croissance des énergies renouvelables, associée à une augmentation régulière de la production nucléaire et gazière dans de nombreuses régions, se substituera à la production mondiale d'électricité à partir du charbon au cours de la période de prévision. L'utilisation du charbon dans le secteur électrique devrait entamer une tendance à la baisse, sa part dans le mix électrique passant de 34 % en 2025 à 27 % en 2030.

Sur la période de prévision, la production d'électricité nucléaire devrait croître en moyenne de 2,8 % par an, soit plus du double du taux de croissance de 1,3 % enregistré entre 2021 et 2025. Cette croissance est principalement due à la mise en service de nouveaux réacteurs en Chine, en Inde, en Corée du Sud et dans d'autres pays, au redémarrage des réacteurs au Japon, et à la forte production en France grâce aux travaux de maintenance planifiés et avancés. La production nucléaire aux États-Unis et dans l'UE devrait rester relativement stable sur la période de prévision, tandis que celle de la Chine devrait connaître une croissance vigoureuse. On prévoit que la Chine ajoutera près de 30 GW de capacité nucléaire installée au cours de la période quinquennale de prévision 2026-2030.

D'ici 2030, la production d'électricité nucléaire en Chine devrait augmenter en moyenne de près de 6 % par an, tandis qu'elle restera globalement stable aux États-Unis et dans l'UE. Par conséquent, la part de la Chine dans le nucléaire mondial devrait passer de 17 % en 2025 à 20 % en 2030, tandis que la part des États-Unis devrait baisser de 29 % à 25 %, et celle de l'UE de 23 % à 20 %. Malgré ces baisses de parts de marché, l'augmentation de la production nucléaire reste une initiative majeure.

Les États-Unis sont un point focal important, avec de nouveaux plans de capacité pour les petits réacteurs modulaires (SMR) qui devraient entrer en service peu après la fin de la période de prévision 2026-2030. De nombreux pays de l'UE manifestent également un vif intérêt et ont mis en place des politiques visant à prolonger la durée de vie des centrales nucléaires et à accroître la capacité nucléaire.
À l'échelle mondiale, les petits réacteurs modulaires (SMR) suscitent un grand intérêt de la part des secteurs public et privé (par exemple, les grandes entreprises technologiques), car leur conception modulaire et leur taille plus petite les rendent plus attrayants pour le financement et le déploiement par le secteur privé. Cependant, comme souligné dans le rapport 2025 de l'AIE intitulé « The Path to a New Era for Nuclear Energy », le succès de cette technologie dépend de l'engagement des gouvernements et de politiques de soutien, de révisions réglementaires en temps opportun, de l'innovation continue des développeurs technologiques, ainsi que du financement des secteurs public et privé.









