fr.wedoany.com Rapport : Selon des révélations de The Economist, le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda en République démocratique du Congo (RDC), cherche activement à exporter directement des minerais stratégiques vers les États-Unis. Après avoir interviewé les dirigeants du M23, le magazine rapporte que ce groupe armé, qui contrôle la majeure partie de l’est de la RDC, souhaite se positionner comme fournisseur de matières premières critiques telles que le tantale, l’étain et le tungstène. Ils pensent que les efforts de Washington pour réduire sa dépendance aux minerais chinois pourraient leur apporter une reconnaissance politique et un soutien économique.

L’est de la RDC est l’une des régions les plus riches en minerais au monde, fournissant des matières premières essentielles pour les véhicules électriques, les systèmes de défense et l’industrie électronique. Le pays fournit la grande majorité du cobalt mondial, ainsi que d’importantes ressources en tantale issues du coltan. The Economist souligne que cette ouverture du M23 révèle également ses propres difficultés. Bien que le groupe progresse militairement et continue de bénéficier de l’aide rwandaise, il reste sous étroite surveillance internationale en raison d’accusations persistantes de participation à la contrebande de minerais, de violences et de violations des droits humains. Des experts de l’ONU ont indiqué que le Rwanda et le M23 organisaient d’importantes exportations illégales de minerais depuis les territoires congolais sous leur contrôle. En décembre dernier, les États-Unis ont signé un accord de « partenariat stratégique » avec la RDC, avant d’imposer des sanctions à l’armée rwandaise.
L’organisation d’enquête londonienne Global Witness indique que le coltan extrait dans la région de Rubaya, dans l’est de la RDC, et massivement passé en contrebande vers le Rwanda, constitue une source de revenus importante pour le M23. Les mines de Rubaya produisent environ 15 % du coltan mondial, un minerai largement utilisé dans les smartphones, les ordinateurs portables et les véhicules électriques. Global Witness révèle que ces mines sont contrôlées par le M23 depuis avril 2024 et génèrent environ 800 000 dollars de revenus par mois.
Cette proposition du M23 intervient alors que Washington s’efforce de réduire sa dépendance aux chaînes d’approvisionnement de minerais dominées par la Chine. Depuis son retour au pouvoir, le président américain Donald Trump cherche activement à sécuriser des minerais critiques à l’échelle mondiale, y compris en Afrique. Le gouvernement de la RDC est également en contact avec les États-Unis en échange d’investissements et de garanties de sécurité, offrant à Washington un accès prioritaire à ses actifs miniers. Les entreprises chinoises dominent le secteur minier industriel en RDC, notamment dans le cuivre et le cobalt. Les États-Unis tentent de contrebalancer cette influence par des plans de financement, des interactions diplomatiques et le soutien aux entreprises minières américaines opérant en RDC. Toutefois, des analystes préviennent que traiter directement avec des groupes armés pourrait légitimer les minerais de conflit et perturber les processus de certification internationaux visant à empêcher que les chaînes d’approvisionnement ne financent des activités violentes. Au cours de la dernière décennie, les conflits dans l’est de la RDC ont déplacé des millions de personnes, les factions armées continuant de tirer profit des taxes imposées aux mineurs, aux commerçants et aux voies de transport.
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