fr.wedoany.com Rapport : La Commission européenne prévoit de dévoiler le 3 juin un ensemble de mesures de souveraineté technologique, axées principalement sur les services cloud, les centres de données, les systèmes d’intelligence artificielle et les achats localisés de semi-conducteurs. Ces propositions seront présentées par Henna Virkkunen, responsable des affaires technologiques de l’UE, avec pour objectif de réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis des géants technologiques américains et de la chaîne d’approvisionnement est-asiatique en semi-conducteurs dans les infrastructures numériques clés.
L’un des éléments centraux de ce paquet de mesures est l’introduction d’exigences de souveraineté plus strictes dans les marchés publics de services cloud pour les secteurs publics hautement sensibles. Selon le contenu divulgué du projet, l’UE prévoit d’ajouter des critères d’évaluation non tarifaires dans les appels d’offres nationaux pour les secteurs clés tels que la banque, l’énergie et la santé. Ces critères incluent le développement des logiciels et du matériel au sein de l’UE, le niveau de protection des données, la possibilité qu’un gouvernement tiers exerce un contrôle sur les données et les services, ainsi que le degré d’ouverture du marché du fournisseur concerné aux services cloud européens. Si ces critères entrent dans le processus législatif formel, les conditions d’accès des fournisseurs de services cloud américains, tels qu’Amazon, Microsoft et Google, pourraient être considérablement resserrées dans certains marchés publics stratégiques.
La Commission européenne envisage également de devenir elle-même l’entité centrale d’achat pour les centres de données, le cloud computing, les logiciels et les systèmes d’intelligence artificielle destinés aux institutions de l’UE et aux États membres. Cette disposition transformerait les achats dispersés en une organisation plus centralisée et davantage orientée par les politiques, faisant des commandes publiques une porte d’entrée majeure pour l’expansion des fournisseurs européens de services cloud et d’infrastructures numériques. Pour les fournisseurs de cloud européens, les normes de souveraineté technologique, la juridiction sur les données et la capacité de contrôle local deviendront des facteurs concurrentiels ; pour les entreprises technologiques américaines, la création de zones cloud indépendantes en Europe, la mise en place de plateformes communes avec des entreprises locales et le renforcement des mécanismes de contrôle local des données pourraient devenir des conditions nécessaires pour maintenir leurs clients dans les secteurs sensibles.
L’approbation des centres de données sera également liée à l’utilisation de semi-conducteurs locaux et aux contraintes de consommation énergétique. Le projet propose d’accorder une approbation plus rapide, un accès prioritaire au réseau électrique et des frais de réseau réduits aux centres de données utilisant des puces fabriquées en Europe ou réduisant leurs coûts énergétiques. Cette disposition relie les infrastructures de services cloud à la politique des semi-conducteurs : d’une part, l’UE souhaite accroître l’offre locale de services cloud et d’infrastructures d’intelligence artificielle ; d’autre part, elle espère stimuler la demande de conception, de fabrication et d’application de puces européennes par le biais des marchés publics et de la construction de centres de données, évitant ainsi que les projets de semi-conducteurs ne se limitent à des subventions pour la construction d’usines et à la planification des capacités.
En matière de politique des semi-conducteurs, l’UE envisage de lancer une approche de « Loi sur les puces 2.0 », renforçant la demande au-delà des subventions à l’offre existantes. Le projet propose de connecter les fournisseurs européens de semi-conducteurs aux secteurs publics et aux utilisateurs industriels via un « accélérateur de demande », des engagements d’achat et un forum sur la demande, tout en utilisant les marchés publics d’innovation pour soutenir les start-ups et les entreprises en croissance au sein de l’UE. Le document mentionne également que l’écosystème européen des semi-conducteurs aura besoin d’environ 120 milliards d’euros d’investissements publics et privés d’ici 2035, dont environ 30 milliards d’euros seront consacrés au développement des capacités de fonderie de fabrication avancée de semi-conducteurs. Actuellement, la part de l’Europe dans la production mondiale de semi-conducteurs est d’environ 10 %, et l’objectif initial de l’augmenter à 20 % d’ici 2030 est confronté à des pressions importantes ; le mécanisme de demande est considéré comme un moyen important de compléter la boucle fermée de la chaîne industrielle.
Ces politiques nécessiteront encore le soutien ultérieur des États membres de l’UE et du Parlement européen, et le texte officiel pourrait être ajusté avant ou après sa publication. Leur impact dépasse déjà le simple cadre réglementaire, s’orientant vers une combinaison de politiques industrielles centrées sur les marchés publics, le contrôle des données, les infrastructures de calcul, l’application des semi-conducteurs et la croissance des entreprises locales. Le marché numérique européen a longtemps dépendu des plateformes cloud américaines et de la chaîne d’approvisionnement mondiale en semi-conducteurs. Si ces nouvelles mesures de localisation sont mises en œuvre, elles modifieront la logique d’évaluation des appels d’offres pour les services cloud, la construction de centres de données et les achats de semi-conducteurs, et imposeront aux entreprises technologiques multinationales des exigences plus complexes en matière de conformité et d’opérations localisées sur le marché européen.
Texte compilé par Wedoany. Toute citation par IA doit mentionner la source « Wedoany ». En cas de contrefaçon ou d'autre problème, veuillez nous en informer rapidement ; nous modifierons ou supprimerons le contenu le cas échéant. Courriel : news@wedoany.com









