fr.wedoany.com Rapport : Le président de l'Établissement public d'aménagement et de gestion du bassin de l'Armançon (EPAGE de l'Armançon), Patrice Baillet, et la directrice de l'agence de l'eau Seine-Normandie, Sandrine Rocard, ont signé le 19 mai 2026 le nouveau contrat territorial de l'Armançon pour la période 2026-2030. Ce contrat prévoit un investissement de 15,4 millions d'euros pour restaurer les fonctions naturelles des cours d'eau et adapter le bassin au changement climatique, à travers 116 actions couvrant 267 communes du bassin versant.
Le bassin de l'Armançon, d'une superficie de 3 100 km², s'étend sur les départements de la Côte-d'Or, de l'Aube et de l'Yonne. Il rassemble environ 1 255 km de cours d'eau avant de se jeter dans l'Yonne, puis dans la Seine. Par le passé, les aménagements hydrauliques visant à accélérer le ruissellement ont affaibli la capacité naturelle des rivières et des paysages à retenir l'eau, à la stocker et à maintenir les débits. Actuellement, seuls 38 % des cours d'eau du bassin sont en bon état écologique, les principaux problèmes étant liés à la modification de la morphologie des rivières, à l'érosion des sols, ainsi qu'à la pollution diffuse causée par les nitrates et les produits phytosanitaires. Les sécheresses et les épisodes de fortes pluies aggravent encore la tension sur les ressources en eau et les risques d'inondation.
Patrice Baillet a indiqué que la nouvelle planification élargit l'ampleur des actions afin d'accélérer la restauration des rivières, la remise en état des zones humides et la continuité écologique, tout en construisant des aménagements paysagers plus favorables au stockage de l'eau. Par rapport aux 146 actions mises en œuvre dans le cadre du contrat 2020-2024 sur le bassin, le nouveau contrat déploiera des actions plus ambitieuses et structurantes à l'échelle territoriale.
La restauration morphologique constitue le principal domaine d'investissement du contrat, avec plus de 5,2 millions d'euros alloués à 35 projets. Ces travaux visent à redonner un aspect plus naturel aux rivières qui ont été rectifiées, recalibrées ou artificialisées, concernant l'Armançon et ses affluents (tels que l'Armance, la Brenne, le Landion ou le Créanton), sur une longueur totale de 56 km. Cette démarche contribue à retenir l'eau dans le paysage, à améliorer le milieu aquatique et à restaurer les habitats de la biodiversité.
Le programme de travaux comprend également des actions de protection et de restauration des zones humides et des prairies humides, ainsi que des opérations de drainage dans plusieurs zones forestières. Dans le cadre du contrat, 795 hectares de zones humides seront restaurés, et 220 étangs seront créés ou réhabilités. Parmi les autres objectifs figurent : la réalisation de diagnostics hydrauliques à l'échelle des sous-bassins pour identifier les zones de concentration du ruissellement ; la restauration de la continuité écologique des cours d'eau, avec la suppression ou l'aménagement de 44 ouvrages hydrauliques ; et le soutien aux exploitants agricoles pour la mise en œuvre de solutions adaptées aux problématiques du bassin.
Sandrine Rocard a souligné que ce contrat territorial démontre qu'agir à l'échelle du bassin versant est une nécessité pour relever les défis liés à l'eau, à la biodiversité et au changement climatique. La restauration des rivières, des zones humides ou des haies produit des résultats concrets en matière de qualité de l'eau, de prévention des inondations, de biodiversité et de résilience des territoires. L'approche territoriale permet de coordonner les actions en matière de politique de l'eau, d'agriculture, d'aménagement du territoire et de protection des milieux naturels avec l'ensemble des acteurs locaux.
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