Promotion des toits frais dans plusieurs villes des États-Unis et de l’Inde pour faire face aux chaleurs extrêmes
2026-06-06 10:40
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fr.wedoany.com Rapport : Des villes comme New York, Los Angeles et Hyderabad, en Inde, adoptent les toits frais (Cool Roof) pour lutter contre les chaleurs extrêmes. Cette stratégie, qui réduit l’absorption de chaleur par les bâtiments et atténue l’effet d’îlot de chaleur urbain, améliore considérablement le confort thermique et diminue la consommation d’énergie.

Le principe des toits frais repose sur une surface qui absorbe moins de rayonnement solaire et réfléchit davantage de lumière. Leur efficacité se mesure à l’aide de deux indicateurs : la réflectance solaire (Solar Reflectance) et l’émissivité thermique (Thermal Emittance). La réflectance solaire indique la proportion de rayonnement solaire réfléchie par la surface, tandis que l’émissivité thermique mesure la capacité du matériau à libérer la chaleur absorbée. Toutes deux sont notées sur une échelle de 0 à 1 : plus la valeur est élevée, meilleure est la capacité de refroidissement du toit. Cependant, l’efficacité des toits frais varie selon les climats : dans les régions chaudes, les économies de refroidissement dépassent largement l’investissement, tandis que dans les climats froids, les besoins en chauffage hivernal peuvent légèrement augmenter. Par ailleurs, dans les zones chaudes et humides, l’utilisation de matériaux inappropriés peut favoriser la prolifération d’algues ou de moisissures sur les toits de couleur claire.

New York a lancé en 2009 le programme NYC CoolRoofs, qui applique des revêtements réfléchissants sur les toits pour réduire la consommation d’énergie et améliorer le confort thermique des bâtiments. Los Angeles a également intégré des exigences relatives aux toits réfléchissants dans son code de construction écologique. Les villes indiennes d’Hyderabad et d’Ahmedabad ont mis en œuvre des projets de toits frais pour protéger les bâtiments publics, tels que les logements et les écoles, des chaleurs extrêmes. Dans ces exemples, les toits blancs sont considérés comme un outil urbain pour faire face aux vagues de chaleur, particulièrement adapté aux quartiers où les logements sont sujets à la surchauffe et où certains résidents ne peuvent pas se permettre la climatisation mécanique.

Une tradition similaire existe depuis longtemps dans toute l’Espagne. Dans les villages blancs d’Andalousie, comme Arcos de la Frontera, Grazalema, Vejer de la Frontera, Frigiliana, Mijas et Setenil de las Bodegas, on utilise de la chaux pour blanchir les maisons depuis des siècles. La chaux est un matériau bon marché, facile à utiliser et aux propriétés hygiéniques : elle désinfecte les murs, protège les surfaces, et sa couleur blanche réfléchit efficacement le rayonnement solaire. Sous un climat aux étés longs et aux températures élevées, le blanc aide les maisons à absorber moins de chaleur.

Dans les îles Canaries, en particulier à Lanzarote, les maisons blanches traditionnelles découlent également d’une logique climatique. Sur ce territoire volcanique, où le sol sombre absorbe la chaleur et le rayonnement solaire est intense, les façades blanches aident à réfléchir la lumière et à réduire l’échauffement des bâtiments. L’architecte et artiste César Manrique n’a pas inventé ces maisons blanches ; sa contribution a été de défendre cette architecture traditionnelle, de préserver son harmonie avec le paysage et d’en faire un symbole culturel local. L’héritage de Manrique montre que l’architecture vernaculaire possède non seulement une valeur esthétique, mais aussi une valeur environnementale.

Toit blanc utilisé pour réduire la température des habitations

La différence entre les villages blancs traditionnels et les toits frais actuels réside dans l’échelle et la technologie. Autrefois, on utilisait de la chaux ; aujourd’hui, on emploie des revêtements réfléchissants, des membranes spéciales et des normes techniques d’efficacité énergétique. Mais la logique sous-jacente est la même : éviter que les bâtiments n’absorbent trop de chaleur. Bien sûr, peindre les toits en blanc ne suffit pas à résoudre complètement le problème de la chaleur urbaine ; les villes ont besoin de plus d’ombre, de plus de végétation, d’une meilleure isolation, de matériaux absorbant moins de chaleur et d’une planification urbaine adaptée au climat. Cependant, les toits frais présentent un avantage évident : ils peuvent être appliqués relativement facilement aux bâtiments existants et améliorent immédiatement le confort thermique. Les toits frais utilisent des matériaux avancés et sont soutenus par la recherche scientifique, mais leur principe trouve ses racines dans une méthode simple que l’architecture vernaculaire espagnole avait déjà comprise il y a des siècles : lorsque l’objectif est de se protéger de la chaleur, réfléchir la lumière du soleil est généralement plus efficace que de l’absorber.

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