fr.wedoany.com Rapport : Firefly Green Fuels, après avoir sélectionné Altaca comme fournisseur clé de son procédé de liquéfaction hydrothermale, dispose désormais de tous les éléments nécessaires pour commercialiser la transformation des boues d’épuration en carburant d’aviation durable. L’entreprise prévoit de construire une usine à l’échelle commerciale dans la raffinerie de Harwich, dans l’Essex, au Royaume-Uni, avec une mise en service prévue pour 2028/29.
La société d’ingénierie Altaca fournira pour cette usine un procédé de liquéfaction hydrothermale basé sur la technologie CatLiq. Cette technologie est au cœur du processus de production de Firefly : elle transforme les boues d’épuration humides, contenant environ 80 % d’eau, en bio-pétrole brut par chauffage sous pression. James Hygate, PDG de Firefly, compare ce processus à « une cocotte-minute », où l’eau agit à la fois comme réactif et comme agent, permettant la décomposition des biosolides en bio-pétrole brut et en biochar.
Hygate indique avoir mené des tests approfondis à l’échelle mondiale pour trouver le meilleur fournisseur de cette technologie clé, et l’avoir trouvé en Altaca. Il ajoute que cet accord avec Altaca lui permet de « commencer à économiser des émissions de carbone à l’échelle du milliard de tonnes ». Hygate déclare : « La raison d’être de Firefly est de lutter contre le changement climatique en décarbonant l’aviation. Maintenant, tout est en place : nous disposons d’une plateforme de bout en bout et d’une nouvelle infrastructure de transformation des déchets en carburant. »
Alper Önoğlu, président d’Altaca, déclare : « Nous sommes ravis que notre technologie de liquéfaction hydrothermale soit reconnue comme le dernier maillon clé de la chaîne d’approvisionnement innovante de Firefly. Nos solutions d’ingénierie fournissent l’étape amont nécessaire pour transformer les boues d’épuration en bio-pétrole brut de haute qualité, permettant ainsi de produire un véritable carburant d’aviation durable. »
Peu avant la signature de l’accord entre Firefly et Altaca, des chercheurs de l’Université de technologie Chalmers en Suède ont publié un article dans la revue Fuel indiquant que la politique actuelle de l’Union européenne en matière de carburants d’aviation durables pourrait entraver les voies d’innovation basées sur la biomasse. L’UE prévoit qu’à l’horizon 2050, 70 % du carburéacteur utilisé par les avions décollant en Europe devra être durable, dont 50 % devra être du carburant de synthèse électro-liquide. En comparant trois voies de production, les chercheurs ont constaté que la production de méthanol par gazéification de la biomasse coûte 820 euros (955 dollars) par tonne, avec un rendement énergétique de 46 %, tandis que le procédé électro-liquide utilisant la capture du carbone et l’hydrogène vert coûte jusqu’à 1 495 euros par tonne, avec un rendement énergétique de seulement 37 %. Henrik Thunman, co-auteur de l’article et professeur de technologie énergétique à l’Université Chalmers, déclare que la politique ne favorise pas l’innovation vers les solutions les plus efficaces, mais risque plutôt de s’enliser dans des méthodes de production moins efficaces en termes de ressources.
Paul Hilditch, directeur stratégique de Firefly, indique que le projet utilisant la technologie d’Altaca devrait être déployé sur plusieurs sites, à la fois au sein et en dehors de l’UE. La Commission européenne a refusé de commenter cette étude.










