L'UE interdit les importations de viande brésilienne à partir de septembre
2026-06-07 16:26
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fr.wedoany.com Rapport : L'Union européenne a retiré le Brésil de la liste des pays respectant les règles relatives à l'utilisation excessive d'antimicrobiens en élevage, ce qui entraîne l'interdiction des exportations de viande brésilienne vers l'UE à partir du 3 septembre. Cette décision a été annoncée le 12 mai et le document officiel publié le 4 juin.

Les antimicrobiens sont utilisés pour traiter et prévenir les infections animales, certains servant également de promoteurs de croissance. Dans la liste de 2024, le Brésil était autorisé à exporter du bœuf, du poulet et de la viande de cheval, ainsi que des boyaux, du poisson et du miel ; il est désormais exclu de toutes ces catégories. D'autres pays du Mercosur, comme l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay, conservent leur éligibilité à l'exportation. Selon le document, le Brésil n'a pas soumis les informations demandées par la Commission européenne pour prouver que sa viande respecte les normes requises. Eva Hrncirova, porte-parole de la Commission européenne pour la santé, a indiqué que le Brésil pourrait réintégrer la liste dès qu'il satisfera aux exigences.

Le gouvernement brésilien a exprimé sa surprise et a annoncé qu'il entamerait des négociations. Trois autres pays ont été retirés de la liste, mais pour cause de désintérêt pour l'exportation : l'Australie (œufs), l'Ukraine (viande de lapin) et les îles Malouines (produits aquacoles). Le Brésil est le seul pays à avoir été retiré pour défaut de soumission d'informations. La liste de l'UE comprend actuellement 21 pays et territoires, dont : l'Arménie, le Burkina Faso, le Bénin, le Brunei, le Belize, Guernesey, l'Inde, l'Indonésie, l'Iran, le Kenya, la République kirghize, le Sri Lanka, Maurice, le Nigeria, la Serbie, l'Eswatini, la Tunisie, la Tanzanie, l'Ouganda, l'Ouzbékistan et Wallis-et-Futuna.

Leonardo Munhoz, docteur en droit de l'environnement agricole et avocat au cabinet VBSO, souligne que la décision de l'UE ne cible pas un antimicrobien spécifique, mais impose des exigences de contrôle plus strictes sur leur utilisation. L'essentiel réside dans la capacité du Brésil à démontrer la régulation, la traçabilité et la conformité sanitaire de sa chaîne d'exportation. Il précise que l'UE n'interdit pas tous les antimicrobiens à usage thérapeutique, mais limite fortement les usages non thérapeutiques, notamment comme promoteurs de croissance. Actuellement, les antimicrobiens interdits par l'UE pour la promotion de la croissance animale incluent la virginiamycine, l'avoparcine, la bacitracine, la tylosine, la spiramycine et l'avilamycine.

En avril, le ministère brésilien de l'Agriculture a publié un règlement interdisant l'importation, la production, la vente et l'utilisation de certains antimicrobiens utilisés comme améliorateurs de performance, dont l'avoparcine et la virginiamycine. Pour réintégrer la liste de l'UE, le Brésil a deux options : restreindre légalement l'utilisation d'autres médicaments, ou garantir que la viande exportée n'en contient pas. Munhoz estime que la seconde option est plus longue et plus coûteuse. Une fois prouvé que l'élevage brésilien n'utilise pas ces substances, les exportations pourraient reprendre même après septembre.

Selon des chercheurs, l'UE avait déjà annoncé son intention de mettre en œuvre ces restrictions en 2019. L'UE représente 5,8 % des exportations de bœuf brésilien, étant la troisième destination de ce produit, derrière la Chine (49,3 %) et les États-Unis (9 %). Pour l'ensemble des viandes, l'UE est le deuxième marché (5,7 %), après la Chine (30,8 %).

L'Association brésilienne de l'industrie exportatrice de viande (Abiec) indique que l'interdiction d'exportation n'aura lieu que si les garanties et ajustements nécessaires ne sont pas soumis avant le 3 septembre. L'association souligne que le bœuf brésilien répond aux exigences sanitaires et réglementaires des principaux marchés internationaux, avec des contrôles officiels stricts, des systèmes de traçabilité et des protocoles mondialement reconnus. Le Brésil exporte vers plus de 170 pays et possède l'un des systèmes d'inspection et de défense agricole les plus solides au monde. L'Association brésilienne des protéines animales (ABPA) affirme que l'industrie et le gouvernement fourniront les éclaircissements nécessaires à l'UE, le Brésil étant pleinement conforme à toutes les exigences européennes. Renato Azevedo, président de l'Association brésilienne des exportateurs de miel (Abemel), estime que cette mesure est politique, car le Brésil est le plus grand producteur mondial de miel biologique, et parler de risque de surutilisation d'antibiotiques est totalement infondé.

L'Association brésilienne de l'industrie de la pêche indique qu'elle n'exporte pas vers l'UE depuis 2016. La Confédération de l'agriculture et de l'élevage (CNA) s'inquiète de cette mesure, d'autant plus que l'accord de libre-échange entre le Mercosur et l'UE est entré en vigueur provisoirement le 1er mai. Le Front parlementaire de l'agriculture et de l'élevage souligne que l'accord commercial devrait empêcher toute tentative de transformer des exigences réglementaires en barrières politiques ou commerciales entravant la compétitivité de la production brésilienne. L'annonce de l'UE intervient après la signature de l'accord de libre-échange avec le Mercosur, critiqué par les agriculteurs et les écologistes européens, notamment en France. Pour Munhoz, cette mesure n'est pas liée à l'accord ; la liste relève de la réglementation sanitaire, et tout pays peut imposer de telles exigences pour garantir la sécurité des aliments destinés à la consommation. Christophe Hansen, commissaire européen à l'Agriculture, a déclaré que les produits importés doivent respecter les mêmes normes, et que cette décision montre l'efficacité du système de contrôle européen.

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