fr.wedoany.com Rapport : L’agence de notation Moody’s Ratings prévient que la menace que l’informatique quantique fait peser sur les normes de chiffrement actuelles pourrait être sous-estimée, et que l’adoption lente de la cryptographie post-quantique pourrait même constituer un risque de crédit.

Les géants du secteur ont avancé leurs objectifs d’action. Google et Cloudflare ont fixé leur objectif de migration vers la cryptographie post-quantique à 2029, un changement significatif par rapport à l’objectif de 2035 fixé par le gouvernement américain pour les systèmes de sécurité nationale. Moody’s estime que ces évolutions montrent que certaines des entreprises d’infrastructure les plus sophistiquées au monde s’inquiètent de la rapidité du changement, et que les entreprises ne disposent peut-être plus des dix ans ou plus qu’elles pensaient avoir pour effectuer leur mise à niveau.
Actuellement, la plupart de la sécurité Internet repose sur la cryptographie à clé publique, couvrant les services bancaires en ligne, les plateformes de paiement, l’identité numérique, les VPN et les systèmes gouvernementaux sécurisés. L’ordinateur quantique constitue une menace à cet égard, car l’algorithme de Shor pourrait théoriquement casser la cryptographie beaucoup plus rapidement qu’un ordinateur classique. Des révélations récentes montrent qu’environ 10 000 qubits suffiraient pour exécuter l’algorithme de Shor sur les normes de chiffrement actuelles, et qu’environ 26 000 qubits pourraient casser P-256, un algorithme de courbe elliptique standardisé couramment utilisé dans les services financiers et les systèmes gouvernementaux. Le rapport cite les recherches de Google Quantum AI, qui indiquent que les ressources de calcul nécessaires pour casser la cryptographie à courbe elliptique sécurisée ont été réduites d’un facteur 20 par rapport aux estimations précédentes.
En termes de coûts, la Maison-Blanche avait précédemment estimé que la migration des systèmes fédéraux pourrait coûter environ 7,1 milliards de dollars sur 10 ans. Moody’s suggère que les dépenses liées à la cryptographie post-quantique pourraient entrer en concurrence avec les budgets existants pour l’IA et l’informatique. Agir tôt est considéré comme plus judicieux ; l’entreprise prévoit que la migration vers la cryptographie post-quantique pourrait désormais représenter 2,5 % du budget informatique annuel, mais les entreprises qui attendraient 2030 pour agir pourraient devoir dépenser le double pour rattraper leur retard. Moody’s met également en garde contre la menace « récolter maintenant, déchiffrer plus tard », où des attaquants peuvent voler des données chiffrées archivées et attendre qu’un futur système quantique les déchiffre.
Un deuxième problème est que les fournisseurs de services cloud hyperscale (hyperscalers) doivent ajuster leur stratégie d’infrastructure. Une connexion chiffrée actuelle nécessite environ 64 octets, tandis qu’une connexion hybride de cryptographie post-quantique nécessite environ 1 568 octets, soit une multiplication par 24 de la quantité de données transmises. Cela signifie que des entreprises comme Google et Cloudflare doivent continuer à construire leur infrastructure d’IA tout en mettant à niveau leur infrastructure de cryptographie post-quantique.
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