fr.wedoany.com Rapport : La Première Nation de Nawash (Chippewas of Nawash Unceded First Nation), en Ontario, au Canada, a investi environ 61,7 millions de dollars canadiens dans la construction d’une nouvelle usine de traitement d’eau et d’infrastructures d’approvisionnement en eau. Mise en service en octobre 2024, cette installation vise à mettre fin à l’avis d’ébullition de l’eau en vigueur depuis longtemps dans la communauté. Situé à Neyaashiinigmiing, sur la rive sud de la baie Georgienne, le projet dessert plus de 800 résidents.
L’ancienne usine, construite en 1990, était équipée d’un système de coagulation et de floculation, d’une station de surpression, d’un puits humide, de filtres sous pression et d’un château d’eau de 454 mètres cubes. Cependant, les installations étaient gravement vieillissantes, fonctionnaient souvent à pleine capacité, avec une pression d’eau extrêmement faible et un débit insuffisant pour la plupart des bouches d’incendie. Le réseau de distribution de 27 kilomètres perdait 60 à 70 % de son volume d’eau en raison de fuites, et certaines canalisations utilisaient même des matériaux non conformes. De plus, l’obstruction de la prise d’eau par des moules zébrées, le matériel de filtration obsolète, l’absence de chloration et de source d’alimentation de secours ont poussé le conseil tribal à décider une refonte complète.
L’avis d’ébullition de l’eau imposé en 2019 a été le déclencheur direct de cette rénovation. Le responsable de l’usine de traitement, Devon William, a indiqué que cet avis ne reflétait pas une crise soudaine, mais reconnaissait le renforcement continu des normes de traitement de l’eau en Ontario, alors que l’ancien système avait été construit environ dix ans avant que la contamination de l’eau à Walkerton ne suscite l’attention. Bien que les Premières Nations suivent généralement les directives fédérales en matière de traitement de l’eau plutôt que les réglementations provinciales, Nawash a choisi de se conformer aux règlements ontariens sur l’eau potable 169/03 et 170/03, car ils offrent des normes plus strictes pour la sécurité de l’eau.
La planification du projet a débuté en janvier 2020. Le service des travaux publics de Nawash a collaboré avec la Société de services techniques des Premières Nations de l’Ontario (Ontario First Nations Technical Services Corporation, OFNTFC) pour réaliser une étude de faisabilité. Associated Engineering a assuré la conception détaillée de la nouvelle usine de traitement, du réservoir souterrain, de la prise d’eau de 300 mètres dans la baie Georgienne, de la mise à niveau de la conduite principale existante, de l’extension de 14,5 kilomètres de conduite principale, ainsi que des réseaux électriques, Internet et téléphoniques associés. Services aux Autochtones Canada (Indigenous Services Canada, ISC) a promis 61 millions de dollars canadiens en capital, et la tribu a budgété 700 000 dollars canadiens supplémentaires.
En avril 2020, la pandémie a contraint l’équipe du projet à passer aux visioconférences en ligne et aux logiciels de collaboration 3D pour la conception. Le site de construction a été choisi sur un terrain tribal situé à 5 kilomètres en aval de l’ancienne usine, afin de permettre aux deux installations de fonctionner indépendamment. Au printemps 2022, les équipes de construction ont dégagé le site et creusé un tunnel depuis le sommet de la colline jusqu’à la pompe basse pression et la nouvelle prise d’eau pour poser des conduites en polyéthylène haute densité.

Pour empêcher l’obstruction par les moules zébrées, les équipes ont installé un système de préchloration, injectant de faibles doses d’hypochlorite de sodium en été lorsque la concentration d’espèces envahissantes augmente. Un nouveau système UV a remplacé l’ancien système défaillant, qui comptait six lampes d’environ 1,2 mètre de long, tandis que le nouveau système n’en compte que deux d’environ 0,3 mètre de long, offrant une efficacité accrue et une empreinte réduite. Les nouvelles pompes basse pression ont transformé les processus de floculation, de décantation et de filtration d’un système sous pression à un système optimisé, produisant une eau à très faible turbidité. La capacité de stockage a doublé : le nouveau château d’eau a une capacité d’environ 454 000 litres, et le réservoir sous l’usine peut stocker 600 000 litres supplémentaires. William a indiqué que l’ancienne usine manquait de temps de contact, tandis que la nouvelle répond à dix fois les exigences.
L’usine principale utilise un système de traitement conventionnel comprenant un décanteur à flux ascendant, des filtres à média mélangé (contenant de l’anthracite et du sable) et des filtres à charbon, ainsi qu’un système de contrôle et d’acquisition de données (SCADA). William a déclaré que ce SCADA assure la coordination du système, bien qu’il ait rencontré environ 1 % de problèmes mineurs lors de l’intégration. Concernant le réseau de distribution, les équipes ont réparé les fuites détectées, qui perdaient jusqu’à 650 000 litres d’eau par jour sur les 27 kilomètres de canalisations, soit environ 60 à 70 % du volume total fourni. Les parties non conformes ont été mises à niveau, avec l’ajout de 14,5 kilomètres de conduite principale, la refonte de 300 branchements de service, l’installation de deux chambres de vannes, d’une chambre d’isolement et d’environ 100 nouvelles bouches d’incendie. La transition entre l’ancienne et la nouvelle usine s’est déroulée sans heurts, grâce à des vannes permettant un fonctionnement indépendant.
Après la mise en service de l’usine, il était prévu de lever l’avis d’ébullition de l’eau une fois les tests du système terminés. Cependant, cinq mois plus tard, de nombreuses nouvelles fuites sont apparues dans l’ensemble du système, ramenant les pertes d’eau à leur niveau d’avant les travaux. William a indiqué que l’équipe connaît approximativement l’emplacement des fuites, mais sans toutes les localiser précisément, et que le terrain complexe complique également la localisation. L’équipe du projet fait appel à des experts externes en détection de fuites, sans exclure la possibilité de remplacer l’intégralité d’une section de canalisation ou même l’ensemble du réseau de distribution. Cependant, William a souligné que l’eau propre produite par la nouvelle usine est suffisante pour répondre aux besoins actuels.
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