Plusieurs pays d’Afrique du Nord accélèrent leurs plans d’énergies renouvelables : la Tunisie vise 50 % d’énergies renouvelables d’ici 2035
2026-06-21 12:02
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fr.wedoany.com Rapport : Les pays d’Afrique du Nord accélèrent le déploiement des énergies renouvelables et de l’hydrogène. La Tunisie, le Maroc et l’Algérie ont successivement annoncé de nouveaux objectifs, positionnant activement la région comme un fournisseur majeur d’énergie propre pour l’Europe.

En 2021, Marco Alverà, dans son ouvrage « La Révolution de l’hydrogène », avançait que l’Afrique du Nord pourrait devenir le centre névralgique de la production d’hydrogène vert à faible coût. Selon lui, les pertes liées au transport de l’hydrogène par pipeline sont bien inférieures à celles du transport d’électricité. Alors PDG de Snam, il préconisait de convertir l’énergie solaire et éolienne en hydrogène, transporté via des réseaux de gaz naturel reconvertis, plutôt que de construire des câbles sous-marins longue distance coûteux.

En janvier 2023, Snam a acquis 49,9 % des parts de deux pipelines reliant l’Italie à l’Algérie (via la Trans-Mediterranean Pipeline Company) et du pipeline terrestre reliant l’Algérie à la Tunisie (via la Trans Tunisian Pipeline Company), auparavant détenus par le pétrolier italien Eni. Cette acquisition a eu lieu neuf mois après le départ de Marco Alverà de Snam, remplacé par Stefano Vernier au poste de PDG.

L’Afrique du Nord se consolide comme nouveau centre énergétique européen

Les plans de croissance des énergies renouvelables de plusieurs pays d’Afrique du Nord s’accélèrent. En mai dernier, la Tunisie a décidé d’accélérer sa transition énergétique, fixant un objectif de 50 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2035, complétant ainsi son précédent plan de 35 % d’ici 2030. La Tunisie a également lancé plusieurs projets d’infrastructure pour connecter l’éolien, le solaire et les installations d’autoconsommation. Ces mesures répondent à la crise du détroit d’Ormuz, visant à réduire la forte dépendance au gaz naturel importé. Côté investissements privés, le développeur norvégien Scatec, en partenariat avec le japonais Toyota Tsusho, a récemment bouclé le financement et lancé la construction de la centrale solaire de Sidi Bouzid II, d’une capacité de 120 MW. Néanmoins, la Tunisie doit encore accélérer les appels d’offres pour de nouvelles capacités. En décembre dernier, les autorités ont approuvé des appels d’offres pour plus de 2,3 GW de projets éoliens et solaires, incluant les parcs éoliens de Tabaga (600 MW), Nabeul (400 MW) et Gafsa (200 MW), ainsi que des projets solaires de 350 MW à Kebili, Tataouine et Gabes.

La Tunisie n’est pas le seul pays à s’adapter à la crise du détroit d’Ormuz. Il y a quelques semaines, le Maroc a officiellement annoncé un nouvel objectif d’ajout de près de 16 GW de capacités renouvelables, avec un investissement d’environ 16 milliards de dollars sur cinq ans pour développer les infrastructures associées. Le Maroc maintient son objectif réalisable de 52 % d’énergies renouvelables d’ici 2030. En décembre dernier, l’Algérie a approuvé son plan quinquennal 2026-2030 pour le secteur des hydrocarbures, incluant 3,2 GW de projets solaires, ainsi qu’un objectif à court terme : connecter 1,48 GW de centrales photovoltaïques. Les autorités maintiennent l’objectif d’atteindre 15 GW de capacités renouvelables connectées au réseau et 1 GW hors réseau d’ici 2035. Dans les mois à venir, les premiers résultats de l’étude de préfaisabilité d’un projet d’hydrogène vert, menée par le consortium ALTEH2A, sont attendus. Ce consortium est composé de Sonatrach, la compagnie pétrolière nationale algérienne, ainsi que de Sonelgaz, VNG, Snam, SeaCorridor et Verbund, des entreprises détenant des parts dans les pipelines européens. Au Maroc, l’année dernière, le gouvernement a approuvé un super-projet d’hydrogène vert et d’ammoniac de 32,5 milliards de dollars, destiné à alimenter les secteurs de l’ammoniac et de l’acier.

Marco Alverà dépeint dans son livre une situation gagnant-gagnant : l’Europe obtient une énergie abondante, propre et bon marché pour soutenir son objectif de zéro émission nette d’ici 2050 ; les pays d’Afrique du Nord bénéficient d’investissements étrangers, de développement économique local et d’emplois techniques. Bien que les négociations entre l’Espagne et le Maroc pour une troisième interconnexion électrique durent depuis six ans, le gestionnaire de réseau italien Terna a déjà signé un contrat avec Prysmian pour la pose de câbles sous-marins pour une nouvelle interconnexion de 600 MW avec la Tunisie. L’Afrique du Nord se positionne comme un fournisseur majeur d’électricité pour l’Europe, rejoignant la péninsule ibérique, la France et même les pays nordiques parmi les régions vendant l’électricité la moins chère à l’Europe. Ces exportations d’électricité ciblent les marchés allemand, italien et, dans une moindre mesure, britannique, trois marchés caractérisés par les prix de l’électricité les plus élevés d’Europe.

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