Le Canada lance plusieurs réformes pour accélérer l’approbation des projets de minéraux critiques
2026-06-26 13:50
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fr.wedoany.com Rapport : Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a souligné à plusieurs reprises que le Canada est une superpuissance énergétique et en ressources, possédant des minéraux critiques et d’autres ressources naturelles de plus en plus prisées sur le marché mondial, et s’est engagé à accélérer des investissements de plusieurs centaines de milliards de dollars dans des projets nationaux tels que l’exploitation minière, l’énergie et les infrastructures. Cependant, il existe un grave décalage entre la richesse en ressources du pays et la rapidité de mise en œuvre des projets, les lenteurs des processus d’approbation constituant le principal goulot d’étranglement. Pour relever ce défi, les gouvernements fédéral et provinciaux ont récemment mis en place une série de réformes visant à réduire les retards réglementaires.

Le gouvernement fédéral a créé en 2025 le Bureau des grands projets (Major Projects Office, MPO), chargé de coordonner les processus d’examen des projets d’intérêt national, et s’est engagé à appliquer le principe « un projet, un examen », fixant à deux ans maximum le délai d’approbation fédéral pour les projets désignés. De plus, la Loi sur la construction du Canada (Building Canada Act) a été introduite dans le processus législatif ; cette loi vise à identifier les minéraux critiques et les projets miniers afin d’accélérer leur examen. Parallèlement, le gouvernement fédéral a élargi le financement des consultations autochtones et proposé des réformes pour simplifier le processus d’évaluation fédéral. L’industrie minière peut également bénéficier de nouveaux soutiens financiers grâce au nouveau Fonds souverain du Canada (Canada’s Sovereign Wealth Fund) et à la Stratégie industrielle de défense (Defence Industrial Strategy).

Au niveau provincial, l’Ontario, par le biais de sa Stratégie sur les minéraux critiques (Critical Minerals Strategy) et de ses investissements dans la région de l’Anneau de feu (Ring of Fire), met l’accent sur le développement des minéraux critiques ; la Colombie-Britannique cherche à simplifier les procédures d’autorisation grâce à sa Stratégie sur les minéraux critiques et au Cadre minier (Mining Framework) ; le Québec continue de soutenir les projets miniers via le Plan Québec et ses investissements stratégiques dans la chaîne d’approvisionnement des matériaux pour batteries et des minéraux critiques.

Ces mesures reconnaissent en réalité que le système actuel de permis et de réglementation est devenu un désavantage concurrentiel pour le Canada. De nombreux projets actuellement accélérés ont déjà pris des années, voire plus d’une décennie, à faire face aux évaluations environnementales, aux exigences en matière de permis et aux chevauchements des examens fédéraux et provinciaux. Les nouvelles mesures pourraient aider à faire aboutir les projets existants, mais elles relèvent davantage d’une correction a posteriori que d’un changement institutionnel, et ne parviennent pas à empêcher la prochaine génération de projets de tomber dans les mêmes difficultés réglementaires.

Dans le paysage concurrentiel mondial des minéraux critiques, les capitaux sont très mobiles et la fenêtre de tir est limitée. Des pays comme l’Australie et les États-Unis agissent activement pour sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement et attirer les investissements. Le Canada possède des gisements de classe mondiale, des normes environnementales strictes et une main-d’œuvre qualifiée, mais la question clé est de savoir s’il peut mettre en place un système réglementaire à la hauteur de ces atouts, capable d’approuver les projets avant la disparition des opportunités de marché.

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