fr.wedoany.com Rapport : Le nombre de mises en chantier au Canada a fortement chuté au début de l’année 2026. Les données d’avril indiquent une baisse de près de 40 % par rapport à la même période de l’année précédente, principalement en raison de la faiblesse des activités dans les secteurs non résidentiel et du génie civil. Les perspectives pour l’ensemble de l’année restent sombres, avec une baisse prévue de 16,3 % par rapport à 2025.
Cette faiblesse reflète un contexte macroéconomique qui se dégrade. Les droits de douane américains, l’incertitude commerciale, le déclin démographique et les chocs énergétiques mondiaux ont tous affaibli les moteurs économiques actuels et futurs.
Cependant, tous les marchés n’évoluent pas dans la même direction. L’Ontario, qui représentait plus de 40 % du marché canadien de la construction en 2025, pèse lourdement sur les perspectives nationales en raison de son recul. Mais si l’on exclut l’Ontario, le secteur de la construction devrait connaître une expansion en 2026, bien que le volume total des autres régions soit beaucoup plus faible.
Certaines provinces enregistrent une expansion contracyclique dans ce contexte de ralentissement général. L’Alberta et la Colombie-Britannique sont en tête, avec des hausses prévues de 7,1 % et 12,2 % respectivement. De solides prévisions dans le génie civil soutiennent ces deux provinces, grâce aux projets d’infrastructures routières, électriques et autres grands chantiers publics menés par les gouvernements. Le Québec connaîtra également une croissance de 6,9 %, portée par des prévisions favorables dans les secteurs de la santé, du commerce et de l’industrie. Deux provinces plus petites affichent des croissances encore plus marquées : la Saskatchewan et le Manitoba devraient enregistrer des hausses respectives de 130,7 % et 22,2 %, mais ces chiffres exceptionnels doivent être replacés dans leur contexte, car les dépenses dans les petits marchés sont plus volatiles et instables.
Les chiffres globaux des mises en chantier au Canada masquent une réalité plus nuancée. L’Ontario concentre l’essentiel de la baisse prévue, tandis que plusieurs régions présentent un potentiel de croissance considérable. Pour les entreprises de construction, la voie à suivre consiste à identifier et à cibler ces marchés à forte croissance, où des opportunités subsistent malgré un paysage national affaibli. Devin Bell est économiste adjoint chez ConstructConnect.
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