Le Canada lance un programme de financement de 1,5 milliard de dollars canadiens pour soutenir le secteur métallurgique touché par les droits de douane américains
2026-06-28 16:13
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fr.wedoany.com Rapport : Le gouvernement canadien a lancé un nouveau programme d’un milliard de dollars canadiens, mis en œuvre par la Banque de développement du Canada (BDC), destiné aux secteurs qui utilisent massivement l’acier, l’aluminium et le cuivre dans leur production et qui sont affectés par la nouvelle annonce tarifaire américaine du 2 avril, afin de renforcer la résilience économique. Selon les nouvelles règles américaines, les produits dérivés en acier, aluminium ou cuivre seront soumis à un droit de douane uniforme de 25 % sur leur valeur totale, modifiant ainsi l’approche précédente qui imposait un droit de 50 % uniquement sur la partie métallique. Ce changement a provoqué des répercussions en cascade dans la chaîne d’approvisionnement nord-américaine, obligeant de nombreuses entreprises à réviser leurs modèles commerciaux.

Le gouvernement canadien a indiqué que le programme de la BDC offrira des financements à des conditions avantageuses pour aider les entreprises touchées à faire face aux pressions sur leurs flux de trésorerie et favoriser la transformation du secteur afin de s’adapter aux marchés futurs. Le gouvernement appelle également les institutions financières à continuer de collaborer avec les entreprises.

Parmi les autres mesures d’accompagnement, le Canada a ajouté 500 millions de dollars canadiens via l’Initiative de réponse régionale aux tarifs douaniers (RTRI). Plusieurs mesures de défense commerciale déjà mises en œuvre comprennent : l’imposition de droits de douane de 25 % sur 12,6 milliards de dollars canadiens d’acier américain et 3 milliards de dollars canadiens d’aluminium américain ; un engagement de 5 milliards de dollars canadiens via le Fonds de réponse stratégique (SRF) pour soutenir tous les secteurs touchés par les droits de douane ; la mise en place de contingents tarifaires (TRQ) pour les pays non membres d’accords de libre-échange (ALE), fixés à 20 % des niveaux d’importation de 2024, avec un droit supplémentaire de 50 % au-delà de ce quota ; pour les partenaires d’ALE (hors États-Unis et Mexique), un quota de 75 % des niveaux d’importation de 2024, avec également un droit de 50 % au-delà ; l’imposition d’un droit de 25 % sur certains produits en acier et aluminium importés de Chine, ainsi que sur les produits en acier et aluminium non américains contenant des matières premières chinoises ; et un droit de 25 % sur les produits dérivés de l’acier (y compris les tours éoliennes, les bâtiments préfabriqués, les fixations et les fils métalliques).

En matière de soutien aux travailleurs, le Canada propose des programmes de requalification pour jusqu’à 50 000 travailleurs, augmente la flexibilité de l’assurance-emploi et prolonge les prestations, et lance une nouvelle plateforme numérique de formation professionnelle ; il alloue plus de 100 millions de dollars canadiens sur deux ans pour soutenir la formation des employés dans les secteurs relevant d’accords de partage du travail et des travailleurs dont les heures sont réduites, couvrant environ 26 000 travailleurs. Un montant de 150 millions de dollars canadiens est prélevé sur la RTRI pour soutenir directement les producteurs d’acier. En matière d’instruments de financement, le programme de prêts tarifaires pour les grandes entreprises (LETL) a été modifié et les voies de prêt telles que le programme Pivot to Grow de la BDC ont été élargies. En matière de politique d’achat, une politique « Achetez canadien » a été mise en œuvre, exigeant que tous les contrats de projets publics d’une valeur supérieure à 25 millions de dollars canadiens privilégient l’acier et l’aluminium canadiens. Les tarifs de fret pour l’acier et le bois ont également été temporairement réduits afin de diminuer les coûts de transport intérieur.

Cependant, le secteur sidérurgique canadien a réagi froidement à ces mesures. Un acteur du marché a indiqué que l’annonce ne précisait pas le processus de mise en œuvre et qu’il faudrait généralement environ un mois pour comprendre les implications concrètes des nouvelles mesures. Un autre critique a souligné plus vivement que le Canada n’avait pas apporté de changements véritablement transformateurs, tels qu’une réforme fiscale majeure, une réforme du système bancaire, l’introduction de concurrence dans des secteurs hautement réglementés ou l’amélioration du climat d’investissement. Cette personne estime que le gouvernement s’appuie encore sur une approche descendante de « commandement et contrôle », offrant des subventions ou des dons directs, et laissant des fonds gérés par l’État choisir les gagnants et allouer les capitaux, plutôt que de s’appuyer sur le secteur financier privé. Les critiques estiment que le système bancaire anticoncurrentiel du Canada ne prend pas suffisamment de risques et étouffe la productivité.

Mardi même, le surintendant de l’Office de surveillance des institutions financières du Canada (OSFI), Peter Routledge, a déclaré dans une interview que l’OSFI explorait des moyens de « simplifier » les processus bancaires, visant à équilibrer le maintien de la stabilité du système financier et la promotion d’un environnement de prêt plus compétitif. Les discussions sur la réforme bancaire ont ainsi émergé.

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