Des entreprises brésiliennes et européennes présentent un démonstrateur d’espace de données industrielles
2026-06-30 14:03
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fr.wedoany.com Rapport : Le Comité Open Industry de l’Association brésilienne de l’Internet des objets (ABINC) et l’Agence brésilienne de développement industriel (ABDI) ont présenté, lors du salon Hannover Messe 2026, le « Démonstrateur fédéré d’espace de données industrielles », visant à valider des cas d’usage de partage sécurisé et souverain de données entre entreprises brésiliennes et européennes. Avant cela, Néstor Ayala, codirecteur du Centre d’ingénierie organisationnelle de l’Université fédérale du Rio Grande do Sul (NEO-UFRGS), a indiqué lors d’un webinaire organisé par le Comité Open Industry de l’ABINC qu’environ 98 % des données industrielles ne sont pas encore exploitées.

Selon Ayala, une étude menée par le NEO-UFRGS en partenariat avec l’ABDI, à la demande du Ministère brésilien du Développement, de l’Industrie, du Commerce et des Services (MDIC), a enquêté auprès de plus de 200 entreprises et identifié quatre types de maturité en matière de partage de données : les organisations qui exploitent déjà ces informations pour créer de la valeur, mais avec des solutions propriétaires ; les entreprises qui reconnaissent le potentiel mais craignent de partager leurs données ; celles qui voient des opportunités mais ne disposent pas encore des capacités techniques ou financières pour déployer des plateformes ; et enfin, les entreprises qui ont encore besoin d’actions de formation pour comprendre la valeur économique des données.

Maurício Finotti, responsable du Comité Open Industry de l’ABINC et PDG d’I-SENSI, a expliqué que l’espace de données fonctionne comme un écosystème numérique sécurisé et souverain, où chaque entreprise conserve le contrôle de ses données, définissant quelles informations seront partagées, avec qui et pour combien de temps. Le partage s’effectue via des connecteurs qui extraient uniquement les données autorisées et vérifient les contrats et les politiques d’utilisation avant chaque transaction, sans stockage centralisé des informations.

Le démonstrateur rassemble des entreprises brésiliennes et européennes autour d’un centre d’usinage, collectant des données d’usinage, de consommation énergétique, des indicateurs d’arrêt et des informations dérivées du système d’exécution de la fabrication (MES), en utilisant la norme OPC Unified Architecture (OPC UA) et en respectant les exigences de la Loi générale brésilienne sur la protection des données (LGPD) et du Règlement européen sur les données (Data Act).

Les cas d’usage présentés incluent le partage sécurisé de données industrielles, l’analyse de l’utilisation des actifs, avec des résultats montrant un taux d’utilisation moyen de 85 % et un taux d’inactivité de 42 %. S’y ajoutent l’identification des principales causes d’arrêt et l’utilisation des données comme source qualifiée pour l’entraînement de modèles d’intelligence artificielle. Finotti a également souligné qu’une seule presse industrielle peut générer environ 1,84 Go de données par an, et que dans une usine équipée de dizaines ou de centaines de machines, le volume de données croît rapidement.

Johannes Klingberg, de l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), a indiqué, en présentant l’expérience européenne, que l’interopérabilité et l’infrastructure de partage de données sont devenues des facteurs stratégiques pour la compétitivité nationale dans le domaine de l’intelligence artificielle. L’Europe considère les données comme une ressource économique, réduit les obstacles réglementaires et oriente ses efforts vers des applications industrielles à grande échelle. Klingberg et Finotti ont également noté que l’espace de données peut répondre aux exigences du Passeport numérique de produit (DPP), en organisant la gouvernance des informations traçables tout au long de la chaîne de valeur de production, en distinguant les données publiques, réglementaires et restreintes, sans compromettre la souveraineté des entreprises sur leurs informations.

Flávio Maeda, vice-président de l’ABINC, a déclaré que l’économie des données est une évolution naturelle de l’Internet des objets (IoT), une nouvelle économie fondée sur l’utilisation stratégique de l’information. Le Comité Open Industry travaille sur les aspects techniques, réglementaires et commerciaux pour jeter les bases d’un écosystème de partage de données adapté à la réalité industrielle brésilienne.

Finotti a également présenté la feuille de route de cette initiative, divisée en deux phases : la validation du démonstrateur à Hannover Messe, puis l’extension permanente de l’initiative au Brésil, en alignement avec la ligne 4 du Programme Mover. L’objectif est d’élargir l’adoption des espaces de données industrielles dans de nouvelles chaînes de production, sur la base d’un modèle de collaboration sécurisé et souverain pour le partage de données.