fr.wedoany.com Rapport : Ormat Technologies a dévoilé le groupe électrogène Ormega100, d’une puissance nominale de 100 mégawatts (MW, brut), avec un rendement de turbine annoncé supérieur à 90 %, conçu pour un fonctionnement entièrement sans personnel. L’entreprise le qualifie de « plus grand groupe électrogène binaire de surface de l’industrie ».
Dans un contexte de croissance rapide de la demande en électricité, la plupart des entreprises géothermiques se concentrent sur l’accélération du forage, tandis qu’Ormat, qui exploite des centrales géothermiques depuis 60 ans, oriente ses efforts vers la standardisation des équipements des centrales elles-mêmes. Daniel Moelk, vice-président exécutif chargé du sous-sol, du forage et des technologies de nouvelle génération, indique que la construction de centrales sur mesure est coûteuse et longue, et que les groupes standardisés peuvent réduire les délais de livraison, améliorer la fiabilité et diminuer les coûts d’exploitation et de maintenance. L’Ormega100, conçu en interne, adopte une configuration modulaire (un générateur associé à deux turbines), permettant de réduire d’environ 30 % la durée des projets, avec un cycle de révision générale fixé à une fois par décennie. Ce groupe est conçu pour un fonctionnement entièrement sans personnel, gérant plusieurs centrales via une salle de contrôle à distance, avec une équipe de maintenance centralisée dédiée déployée selon les besoins. L’Ormega100 est insensible au type de ressource, convenant aux systèmes hydrothermaux, aux systèmes géothermiques améliorés (EGS) ou aux systèmes en boucle fermée.
En ce qui concerne les systèmes géothermiques améliorés, Ormat adopte une stratégie prudente. L’entreprise collabore avec SLB et Sage Geosystems sur deux projets pilotes, situés dans des installations existantes d’Ormat, afin que l’énergie produite par les pilotes soit directement intégrée aux centrales déjà construites, ces dernières absorbant l’électricité excédentaire, réduisant ainsi les risques techniques. Moelk indique que l’entreprise souhaite valider davantage la technologie avant de lancer des projets de plus grande envergure, et qu’une fois les objectifs des pilotes atteints, un projet EGS « de très grande ampleur » sera déployé. Aucun calendrier précis n’est encore fixé pour le premier site de l’Ormega100.
Ormat est le plus grand opérateur géothermique de l’industrie, avec une capacité installée de 1 140 mégawatts (MW) et environ 500 puits à fin 2025, couvrant les étapes de lancement de projets, droits fonciers et hydriques, raccordement au réseau, sciences géologiques, foreuses, fabrication et exploitation. Au premier trimestre 2025, la société a annoncé un chiffre d’affaires record de 403,9 millions de dollars, en hausse de 75,8 % sur un an, et un EBITDA ajusté de 194,9 millions de dollars. Sur le plan commercial, elle a signé environ 200 mégawatts (MW) de nouveaux contrats d’achat d’électricité (PPA), dont un PPA combiné allant jusqu’à 150 mégawatts (MW) avec Google, et un accord de 20 ans avec Switch, au Nevada.
Moelk souligne que la lenteur des processus d’autorisation et le vieillissement du réseau électrique sont les principaux défis à la montée en puissance de l’industrie géothermique. Il estime que les services d’autorisation « manquent de personnel » et que le réseau doit être modernisé pour soutenir une production centralisée de l’ordre du gigawatt. Il insiste sur le fait que l’entreprise finance sa croissance grâce à ses activités rentables existantes, ce qui lui permet de se concentrer sur la R&D technologique plutôt que sur la levée de capitaux.









