L'AIE prévoit un déficit mondial de l'offre de cuivre de près de 30 % d'ici 2035
2026-07-04 16:12
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fr.wedoany.com Rapport : La flambée de la demande de cuivre provoque des tensions mondiales sur l'offre. Le groupe minier BHP prévoit que la consommation de cuivre pourrait doubler pour atteindre plus de 50 millions de tonnes d'ici 2050. Les projets de transition énergétique, l'électrification et le développement de l'intelligence artificielle (IA) stimulent fortement la demande pour ce conducteur d'excellence, juste derrière l'argent. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) estime que le déséquilibre entre l'offre et la demande pourrait entraîner un déficit d'offre de près de 30 % d'ici 2035. Le coût élevé des nouveaux projets miniers, leurs longs cycles de développement et la difficulté à trouver de nouveaux gisements accentuent la pression pour répondre à la demande industrielle. Le continent européen, en pénurie de métaux, doit importer environ 40 % de son cuivre, entrant en concurrence avec la Chine, grand pays consommateur. Le marché a déjà réagi, et on parle des perspectives de ce métal stratégique depuis fin 2025. Dans un rapport, Renta 4 confirme que le cuivre est plus privilégié que l'or par les investisseurs à moyen et long terme, affirmant que la pénurie persistante de l'offre, l'essor de la transition énergétique, les centres de données IA et l'électrification rendent la performance du cuivre plus stable, consolidant ainsi son statut de métal gagnant. Citigroup prévoit que le prix de la tonne de métal atteindra 15 000 dollars d'ici un an, alors qu'il se négocie actuellement à environ 13 100 dollars.

Cette tendance haussière est accompagnée d'incertitudes liées à la déclaration du Département du commerce américain concernant les droits de douane sur le cuivre raffiné. À l'époque, il avait été suggéré de ne pas imposer de droits de douane et d'introduire un taux initial de 15 % en 2027 ; le marché attend la décision finale. Un autre défi vient du Chili, dont la production représente 22 % du total mondial. En mars et avril, la production a chuté respectivement de 9 % et 14 % sur un an, atteignant des plus bas historiques. Ignacio Díaz, président de l'International Copper Association (ICA), a déclaré que ce métal se trouve à un tournant, avec une demande qui devrait augmenter de 35 % en Europe d'ici 2050. La Commission européenne a inclus le cuivre dans sa liste des matières premières critiques de 2023, une liste qui est passée de 14 à 34 matériaux essentiels au développement industriel depuis 2011.

Pour faire face à la pénurie, plusieurs voies doivent être explorées. L'ICA identifie trois fronts majeurs. Premièrement, investir dans de nouvelles capacités, sachant qu'il faut plus de 17 ans entre le lancement d'un projet minier et sa production. Díaz souligne que la vitesse est cruciale : les décisions non prises aujourd'hui auront un impact direct sur 2040 et au-delà. Il faut renforcer les partenariats public-privé et étendre les projets existants pour raccourcir les cycles. La deuxième direction est le recyclage : 30 % de l'offre mondiale provient de sources secondaires, avec une consommation énergétique inférieure à celle de l'extraction. Troisièmement, il est nécessaire de diversifier géographiquement l'exploration de nouveaux gisements afin de réduire la concentration de l'offre et de renforcer la résilience de la chaîne d'approvisionnement.

Le règlement européen sur les matières premières critiques (CRMA) a fixé des objectifs : l'exploitation minière locale doit couvrir 10 % des besoins, la transformation 40 % et le recyclage 25 %. Macarena Gutiérrez, directrice générale d'Atlantic Copper, estime que la définition stratégique et l'évaluation du règlement sont appropriées, mais que le défi réside dans sa mise en œuvre, avec des objectifs indicatifs, aucun engagement contraignant et une allocation de fonds peu claire. L'entreprise appelle à des prix de l'énergie compétitifs, à une révision du système d'échange de quotas d'émission (ETS) et à un renforcement du soutien à l'innovation.

L'ICA estime que l'Europe est sur la bonne voie mais doit accélérer, et que le futur règlement sur l'économie circulaire jouera un rôle. Díaz affirme qu'il n'y aura pas d'industrie européenne viable sans des coûts compétitifs. Le secteur est également confronté à une baisse de la pureté des métaux. Selon les données de l'AIE, la teneur moyenne mondiale du minerai de cuivre a chuté de 40 % depuis 1991. La complexité et le coût des projets existants (brownfield) ont augmenté de 65 % depuis 2020, se rapprochant des niveaux des nouveaux projets (greenfield), et le rythme de découverte de gisements a également ralenti.

En Europe, l'Espagne est le deuxième producteur, avec une exploitation active dans la ceinture pyriteuse ibérique. Díaz avertit que l'Espagne doit agir immédiatement pour ne pas gaspiller cette opportunité, en accélérant les approbations et en améliorant la coordination entre Madrid et l'Andalousie. Sur un investissement de 414 millions d'euros, 189 millions seront consacrés au plan national d'exploration minière et de valorisation des déchets.

Les entreprises espagnoles possèdent des projets qualifiés de « stratégiques » par Bruxelles. Atlantic Copper se concentre sur le recyclage des métaux et la coopération internationale pour l'approvisionnement en matières premières, et a lancé le projet CirCular, qui, avec le soutien de l'UE, récupère des métaux critiques en traitant des matériaux complexes et des déchets électroniques. La société Global Panduro, contrôlée par Resource Capital Funds (RCF), a récemment acquis Cobre las Cruces et accélérera son projet de raffinerie polymétallique (PMR), qui comprend une nouvelle mine souterraine et une raffinerie dans la province de Séville.

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