Cinq logements en bois massif réalisés en Suède et en France démontrent la faisabilité technique du bois d’ingénierie
2026-07-06 08:58
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fr.wedoany.com Rapport : Cinq projets de logements collectifs utilisant des structures en bois d’ingénierie ont vu le jour en Europe, démontrant la faisabilité technique du bois lamellé-croisé (CLT) et du bois lamellé-collé (glulam) dans la construction moderne. Le poids propre réduit du bois contribue à diminuer les charges permanentes et à alléger les exigences des fondations, ce qui est particulièrement important pour les sites à capacité portante limitée ou pour les projets construits au-dessus d’infrastructures existantes. D’un point de vue durable, le bois stocke le carbone tout au long du cycle de vie du bâtiment et réduit généralement les émissions de carbone intrinsèques par rapport aux systèmes traditionnels en béton et en acier. En matière de protection incendie, les grands éléments en bois peuvent être conçus pour carboniser à un rythme prévisible grâce à l’ingénierie, et le noyau structurel reste protégé pendant une période déterminée si les détails sont correctement traités.

Réalité technique des logements en bois massif : cinq cas européens - Image 1 sur 7

Dans les cinq projets de cette série, le choix de la structure en bois a profondément influencé l’organisation des plans et des espaces, exigeant une conception modulaire et privilégiant une protection à long terme contre l’humidité ainsi qu’une adaptation structurelle spécifique. Étant donné que les structures en bois d’ingénierie reposent sur des grilles de poteaux, poutres ou panneaux préfabriqués en usine, ces bâtiments présentent généralement un module structurel clair et répétitif ainsi qu’un rythme régulier des ouvertures de fenêtres. Le bois étant sensible à l’humidité et sujet à des déformations dynamiques en fonction de sa teneur en eau, les cinq projets ont intégré des détails spécifiques dans les systèmes d’enveloppe, notamment des balcons profonds, des produits d’étanchéité spécialisés pour les extrémités, ou des tolérances d’assemblage conçues pour permettre au bois de respirer, de sécher et de résister aux intempéries, tout en maintenant l’étanchéité thermique nécessaire aux bâtiments à haute performance énergétique.

Situé à Linköping, en Suède, le bâtiment résidentiel Generatorn, achevé en 2023, est un immeuble de sept étages combinant des logements étudiants et des résidences pour personnes âgées dans un même projet. Sa structure repose entièrement sur une ossature porteuse en CLT, excluant le béton de la superstructure pour réduire l’empreinte carbone initiale. Le projet adopte une répartition verticale : les logements étudiants compacts occupent les étages inférieurs, tandis que les résidences pour personnes âgées s’étendent le long de la façade sud, dotées de balcons continus servant d’éléments d’ombrage solides. Le dernier étage abrite un jardin d’hiver entièrement vitré et des espaces de loisirs partagés, préservant l’intimité acoustique et visuelle entre les deux groupes d’habitants.

Réalité technique des logements en bois massif : cinq cas européens - Image 7 sur 7

Les appartements Notuddsparken à Västerås, en Suède, comprennent deux immeubles résidentiels totalisant 46 logements, entièrement construits avec des techniques modernes de construction en bois. Chaque appartement est précédé d’une loggia extérieure servant de tampon structurel, offrant un espace extérieur privé tout en évitant les ponts thermiques qui nuiraient à l’isolation du bâtiment. La façade est revêtue de planches de bois traité thermiquement de couleur verte. Le projet intègre également un modèle socio-économique : 5 % des logements sont vendus à prix réduit à une organisation à but non lucratif, qui les loue à des groupes vulnérables de la communauté.

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Le projet d’éco-quartier Orfèvres à Trévoux, en France, comprend quatre immeubles résidentiels totalisant 6 123 m², avec des hauteurs allant de trois à six étages pour s’adapter au terrain et optimiser l’ensoleillement. La stratégie structurelle est ajustée en fonction des normes françaises de sécurité incendie : les bâtiments plus bas au sud utilisent une ossature entièrement en bois, conformément aux limites de hauteur de la « deuxième famille d’habitation » ; les bâtiments plus hauts au nord adoptent une structure mixte bois-béton pour la « troisième famille d’habitation ». Les quatre bâtiments sont disposés autour de cours extérieures ouvertes, éliminant les couloirs intérieurs et permettant à chaque appartement d’avoir une double ou triple orientation, favorisant la ventilation naturelle traversante et laissant pénétrer la lumière du jour en profondeur.

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Le projet de remplissage résidentiel de MARS Architectes à Paris, en France, insère un immeuble collectif dans une cour intérieure dense entourée de tours d’appartements des années 1970. Le chantier étant totalement isolé de la rue, tous les éléments structurels doivent être transportés à travers un parking souterrain avec un gabarit de seulement 3,5 mètres de large et 2,3 mètres de haut, une contrainte qui a conduit au choix d’une ossature en bois préfabriquée légère. Le faible poids propre de la structure en bois permet aux nouveaux appartements de franchir directement les fondations du parking souterrain toujours en service, sans nécessiter de renforcement structurel supplémentaire. Le bâtiment adopte des coursives extérieures ouvertes, garantissant que 100 % des logements bénéficient d’une double orientation, optimisant la ventilation naturelle et l’éclairage intérieur dans un site urbain dense.

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Le projet de réutilisation adaptative dans le village corse de Cristinacce, en France, reconstruit et restructure un site historique en maçonnerie de pierre pour le transformer en trois logements sociaux. Une ossature moderne en bois est insérée, utilisant du pin Laricio local, approvisionné sur place. En raison de l’utilisation de bois non séché avec une teneur en humidité dépassant le seuil standard de 13 %, les architectes ont conçu des assemblages et des connexions de cadre avec des tolérances précises pour s’adapter au retrait, au gauchissement et à la déformation naturels du bois humide lors du séchage in situ.

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