Le plan ALATYR de la France prévoit le déploiement de centres de données orbitaux d'ici 2030
2026-07-10 16:39
Favoris

fr.wedoany.com Rapport : La société française ALATYR développe le centre de données orbital (ODC, Orbital Data Center), une plateforme de calcul de nouvelle génération assemblée et exploitée en orbite terrestre basse à l'aide de systèmes robotiques, visant à répondre aux goulets d'étranglement des infrastructures terrestres causés par la demande explosive en puissance de calcul pour l'intelligence artificielle.

Avec la croissance vertigineuse de la demande en puissance de calcul tirée par l'IA, l'expansion des centres de données hyperscale se heurte à des limitations terrestres croissantes : approvisionnement en électricité, eau de refroidissement, disponibilité des terrains et saturation des réseaux électriques. Basée à Paris, ALATYR a été cofondée et est dirigée depuis 2023 par Emeric Lhomme, ancien directeur commercial du groupe Ariane. En 2025, l'entreprise s'est recentrée sur le calcul orbital et a renforcé ses liens avec l'écosystème cloud européen. Son idée maîtresse est de déployer une partie de l'infrastructure numérique au-delà de l'atmosphère terrestre. La société insiste sur le fait que cette plateforme n'est pas un satellite traditionnel, mais une véritable infrastructure numérique évolutive, maintenable, améliorable et récupérable.

L'IA devient un moteur majeur de la consommation électrique mondiale. Les analystes estiment que d'ici la fin de la décennie, les centres de données liés à l'IA pourraient nécessiter plusieurs centaines de térawattheures supplémentaires par an. Contrairement aux installations terrestres, les centres de données orbitaux peuvent exploiter une énergie solaire quasi continue, indépendamment du réseau électrique national, et dissiper la chaleur passivement via des panneaux radiants, éliminant ainsi le besoin en eau de refroidissement.

Les paramètres clés de chaque centre de données orbital ALATYR incluent : une longueur maximale de 200 mètres après assemblage, une largeur de 50 mètres, construit à partir de modules hexagonaux de 5 à 7 mètres de diamètre ; une puissance initiale de 1 à 5 mégawatts, provenant de grandes panneaux solaires déployables ; équipé de processeurs IA de nouvelle génération, visant des performances de l'ordre du térabit par seconde d'ici 2030. L'avantage différenciateur clé du projet réside dans l'assemblage robotisé in situ pour surmonter les limitations de taille de la coiffe des lanceurs. Les modules standard sont lancés séparément et s'assemblent de manière autonome en orbite terrestre basse héliosynchrone, à une altitude d'environ 800 à 1000 kilomètres, assurant une couverture mondiale via une constellation connectée. Les robots seront également chargés de la maintenance, de l'inspection et du remplacement des composants. La latence réseau estimée est de 50 à 150 millisecondes, adaptée aux applications cloud, IA et de calcul haute performance. La durée de vie opérationnelle initiale de la plateforme est d'environ 15 ans, avec un remplacement des modules de calcul tous les trois à quatre ans. En matière de gestion des débris, la plateforme dispose de capacités de manœuvre pour éviter les collisions, et sa conception modulaire permet aux robots d'isoler et de remplacer les composants endommagés sans affecter l'ensemble de la plateforme.

ALATYR prévoit de déployer rapidement 8 à 10 centres de données orbitaux pour former un réseau de calcul distribué initial, permettant la mutualisation des ressources, l'allocation dynamique des charges de travail et l'optimisation globale de la capacité. L'entreprise a établi une feuille de route claire : démonstration au sol des technologies clés (mécanismes d'assemblage robotisé et logiciels) en septembre 2026, tests d'intégration au sol (combinant robots, modules et logiciels) en 2027, première mission de démonstration orbitale en 2028, et capacité opérationnelle initiale en 2030. Le premier démonstrateur orbital pourrait être lancé par une fusée Falcon 9 de SpaceX, et la conception des premiers ODC est compatible avec les fusées réutilisables de SpaceX et Blue Origin, ainsi qu'avec le lanceur Ariane 6 européen.

Dans le contexte industriel, plusieurs entreprises américaines ont déjà commencé à explorer les infrastructures de calcul IA orbitales, et la Chine dispose également de projets soutenus par l'État étudiant des architectures spatiales similaires. Pour l'Europe, le projet ALATYR touche à la souveraineté numérique, c'est-à-dire à la réduction de la dépendance vis-à-vis des infrastructures de calcul externes. L'entreprise compte actuellement 13 employés et lève des fonds pour accélérer son développement industriel et porter ses effectifs à environ 50 personnes. Elle a déjà obtenu le soutien et la collaboration d'institutions telles que Bpifrance, le plan France 2030, le Centre national d'études spatiales (CNES) et l'Agence spatiale européenne (ESA).

Ce texte est rédigé, traduit et republié à partir des informations de l'Internet mondial et de partenaires stratégiques, uniquement pour la communication entre lecteurs. En cas d'infraction au droit d'auteur ou d'autres problèmes, veuillez nous en informer à temps pour la modification ou la suppression. La reproduction de cet article est strictement interdite sans autorisation formelle. Mail : news@wedoany.com
Produits Associés