fr.wedoany.com Rapport : La région canadienne du Nunavut a achevé sa dévolution, ce que les acteurs du secteur considèrent comme une opportunité pour le développement autonome de l'industrie minière locale. Stephen Mansell, négociateur en chef de la dévolution au sein du ministère de l'Exécutif et des Affaires gouvernementales (Department of Executive and Governmental Affairs), a indiqué que l'industrie manifeste un vif intérêt pour cette dévolution, tout en soulignant l'importance d'une transition en douceur afin d'éviter toute perturbation des opérations existantes. Le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest ont respectivement achevé leur dévolution en 2003 et 2014.
Cette région, majoritairement habitée par les Inuits, est la plus vaste du Canada et riche en ressources minérales, comptant quatre mines en activité et des dizaines de projets d'exploration. Malgré des infrastructures limitées, le secteur minier a contribué à hauteur de 1,45 milliard de dollars canadiens en 2025, représentant 35 % du PIB local. En 2024, le gouvernement du Nunavut, l'organisation des droits des Inuits Nunavut Tunngavik Inc. (NTI) et le gouvernement fédéral ont signé l'Accord sur la dévolution des terres et des ressources du Nunavut. Une fois cet accord en vigueur, le Nunavut sera responsable de l'octroi des permis miniers et de la gestion des droits miniers, et percevra les redevances minières ainsi que les revenus des baux fonciers. Ottawa conserve sa compétence fédérale sur des domaines tels que la pêche, les oiseaux migrateurs et les voies navigables.
Cependant, la plupart des mines en activité au Nunavut se trouvent sur des terres appartenant aux Inuits, et les redevances sont déjà versées aux organisations inuites. Les projets Meadowbank-Amaruq et Meliadine d'Agnico Eagle, le projet Goose de B2Gold, ainsi que la mine de fer Mary River de Baffinland sont entièrement ou partiellement situés sur ces terres. Paul Hébert, directeur général de la Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut (NWT & Nunavut Chamber of Mines), a déclaré que les redevances régionales ne changeront pas tant que de nouvelles mines ne seront pas mises en production sur des terres de la Couronne. Ken Coates, chercheur à l'Institut Macdonald-Laurier et professeur de gouvernance autochtone à l'Université du Yukon (Yukon University), a mis en garde, en prenant l'exemple du Yukon, contre l'idée que les redevances constituent une source rapide de revenus. En 2025, les mines d'or alluvionnaire du Yukon ont généré 400 millions de dollars canadiens, mais le gouvernement n'a perçu que 39 000 dollars canadiens en raison d'un taux d'imposition de seulement 37,5 cents canadiens (soit environ 0,375 dollar canadien) par once. Coates a souligné que le Nunavut doit élaborer ses propres lois minières, obtenir le soutien des communautés pour un modèle local de développement des ressources, et ce, avec une représentation adéquate des entreprises du secteur.
Coates a ajouté que le développement minier pourrait stimuler la construction d'infrastructures, réduire le coût de la vie et offrir des formations professionnelles. Peter Akman, porte-parole de Baffinland, prévoit que la dévolution renforcera la prise de décision concernant les projets, le gouvernement du Nunavut devenant l'autorité finale pour l'approbation de certains projets. B2Gold soutient la dévolution, estimant qu'elle garantira des retombées locales. Iqaluit élabore actuellement une législation « miroir » pour reproduire les lois fédérales et assurer la continuité des processus réglementaires. Agnico Eagle a refusé de commenter cet article.






