Le Brésil signe un décret imposant 1 % de SAF sur les vols intérieurs à partir de 2027
2026-08-14 09:33
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fr.wedoany.com Rapport : Le président brésilien Lula a signé le 12 un décret établissant les règles du marché du carburant d'aviation durable (SAF, Sustainable Aviation Fuel). Le décret n° 13.094/2026 stipule que les compagnies aériennes nationales doivent commencer à utiliser le SAF à partir de 2027, avec un pourcentage initial de 1 %, et qu'au moins 10 % de leur consommation devra provenir de ce carburant d'ici 2037. Le décret a été publié le 13 au Journal officiel de l'Union.

Contrairement aux règles régissant le mélange d'éthanol dans l'essence ou de biodiesel dans le diesel, l'exigence relative au SAF n'est pas calculée en volume, mais mesurée en fonction de la décarbonation réellement apportée par le produit. Le décret fixe également les règles de vente et de mélange des carburants fossiles actuellement utilisés par les compagnies aériennes. Renato Dutra, secrétaire au Pétrole et au Gaz du ministère des Mines et de l'Énergie (MME), a déclaré que le respect de l'objectif par les compagnies aériennes sera global, et non appliqué vol par vol. Les compagnies aériennes estiment que cette mesure générera des coûts qui seront répercutés sur le consommateur final, se reflétant dans le prix des billets d'avion ; le carburant représente en moyenne environ 40 % des coûts des compagnies. Le SAF dispose déjà de règles de mise en œuvre spécifiques pour les vols internationaux, au service des objectifs de décarbonation du secteur.

Le décret établit le système « Book & Claim » pour le SAF, c'est-à-dire la réservation et la revendication de certificats de durabilité. Ce système sépare les attributs physiques du carburant de ses attributs environnementaux, permettant aux entreprises et aux compagnies aériennes du monde entier d'acheter des crédits de réduction d'émissions de carbone correspondant au SAF, même lorsqu'elles utilisent du kérosène ordinaire.

Dutra a indiqué que le décret clarifie les modalités de commercialisation du SAF, le fonctionnement des certificats de durabilité et l'application du système Book & Claim, établissant des règles pour le respect de l'exigence obligatoire sur les vols intérieurs, et abordant l'intégration avec Corsia (mécanisme mondial de réduction des émissions de carbone), donnant ainsi une substance aux conclusions de la commission SAF et de la loi elle-même dans le cadre du programme « Carburants du futur ».

Concernant l'absence de fixation d'un pourcentage spécifique de carburant à introduire dans les avions, Dutra a expliqué que cela vise à encourager la concurrence entre les différentes méthodes de production de SAF. Il a cité en exemple la production de SAF à partir d'une culture oléagineuse via la technologie Hefa, qui permet de réduire les émissions de « X » pour cent ; une autre voie, l'ATJ, utilisant de l'éthanol ou d'autres alcools, offre une efficacité de réduction bien supérieure. Pour atteindre le même objectif, la première méthode nécessiterait une quantité de carburant bien plus importante que la seconde. Il s'est exprimé devant des journalistes à Brasilia, à la clôture de la septième Semaine du biodiesel (Biodiesel Week), quelques heures avant la signature du décret.

Le directeur de la compagnie pétrolière nationale brésilienne (Petrobras) a également indiqué que le système Book & Claim pourrait stimuler le développement de l'industrie locale du SAF, permettant aux compagnies aériennes étrangères d'acheter ce carburant sans avoir à le transporter physiquement à l'étranger. Dutra a résumé en affirmant que ce mécanisme fournit les conditions nécessaires pour consolider l'industrie du SAF au niveau national et lui permettre de saisir les opportunités mondiales, faisant référence à la vente ou à l'utilisation séparée des crédits.

L'Association brésilienne des compagnies aériennes (Abear) a demandé dans un communiqué que les mesures d'incitation économique ciblent non seulement la production, mais aussi l'utilisation du SAF, et que sa mise en œuvre s'accompagne d'une « neutralité des coûts ». L'association a déclaré que le Brésil pourrait devenir à l'avenir l'un des principaux fournisseurs mondiaux de ce produit, et a plaidé pour le maintien de la diversité des voies technologiques. L'Abear a proposé d'offrir des incitations fiscales et budgétaires en début de transition pour encourager la recherche et la production, tout en respectant des normes socio-environnementales strictes afin d'éviter tout impact négatif sur les ressources en eau et la biodiversité. L'association a rappelé que le secteur aérien ne représente que 2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et qu'il a déjà fait progresser sa transition énergétique en investissant dans des avions, des routes et des opérations plus efficaces, mais que l'utilisation à grande échelle du SAF n'est viable qu'à condition d'une neutralité des coûts — une réalité qui n'existe pas encore pour un secteur où le carburant représente environ 40 % des dépenses totales.

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