Le Néerlandais NEO NL signe des contrats FEED avec EDF et Westinghouse pour deux réacteurs nucléaires

2026-08-28 14:00
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fr.wedoany.com Rapport : L'organisation nucléaire néerlandaise (NEO NL) a signé des contrats d'étude d'ingénierie d'avant-projet détaillé (FEED) avec le groupe français EDF et l'américain Westinghouse Electric Company afin de sélectionner un fournisseur pour la construction de deux réacteurs nucléaires de troisième génération+ aux Pays-Bas. Cette étude de conception est considérée comme une étape clé sur les plans réglementaire et technique.

L'étude FEED se déroule en deux phases. La première phase (FEED 1a) ne dépend pas de l'emplacement de la centrale et peut être menée comme prévu pendant que le gouvernement néerlandais progresse dans la sélection du site. Une fois que le Conseil des ministres aura adopté le projet de décision sur le site privilégié, la deuxième phase (FEED 1b) démarrera, avec un accent mis sur les travaux liés au site. Les deux entreprises commenceront la première phase après l'été, en évaluant si leurs conceptions, fondées sur des technologies éprouvées de réacteurs de troisième génération+, sont conformes à la législation et aux exigences réglementaires néerlandaises, notamment les codes de construction, les conditions d'autorisation, les normes techniques et le calendrier global du projet, tout en identifiant dès le début les risques potentiels et les points critiques.

Les résultats de l'étude serviront de base à la préparation de la centrale nucléaire et clarifieront la répartition des responsabilités entre le futur propriétaire et les fournisseurs. L'étude devrait durer de 12 à 18 mois, selon le moment où le gouvernement néerlandais adoptera le projet de décision sur le site privilégié. Aucun fournisseur technologique ne sera retenu avant la fin de la procédure formelle d'appel d'offres ultérieure. Chaque unité aura une capacité comprise entre 1 000 MWe et 1 650 MWe, et le gouvernement néerlandais prévoit que ces unités seront mises en service avant 2035. Borssele reste le site privilégié, mais rien n'est encore définitivement arrêté ; deux autres emplacements, Terneuzen en Zélande et Eemshaven dans la province de Groningue, font toujours l'objet d'études techniques, et une décision préliminaire sur le site est prévue plus tard en 2026.

NEO NL, créée en février 2026, est une entité entièrement détenue par l'État et l'unique futur propriétaire et exploitant de la centrale nucléaire, afin de garantir que les choix technologiques, la sûreté et la gestion des risques restent sous un contrôle public strict. Le consortium dirigé par la société d'ingénierie américaine Amentum fournit à NEO NL des solutions techniques globales et un soutien de gestion tout au long du cycle de développement. Le contrat de conception a réduit le champ des candidats technologiques à EDF et Westinghouse, après le retrait de la Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP). EDF a soumis la conception EPR, que l'Autorité néerlandaise de sûreté nucléaire et de radioprotection (ANVS) a jugée robuste mais complexe pour les autorisations locales ; la conception AP1000 soumise par Westinghouse a été évaluée conformément au droit néerlandais et aux exigences de synchronisation avec le réseau électrique local. L'étude FEED s'appuie sur les évaluations préliminaires de faisabilité technique menées en 2024, avec pour objectif d'établir une référence juridiquement contraignante et conforme aux exigences de sûreté avant le début de la phase d'appel d'offres pour la construction.

Le gouvernement néerlandais adopte un modèle de soutien national similaire à celui du projet tchèque de Dukovany. Après avoir conclu que les investisseurs privés n'étaient pas disposés à assumer les risques élevés de construction, l'État, par l'intermédiaire de NEO NL, assume l'entière responsabilité et finance à 100 % sur son budget la préparation initiale et les premières phases de construction. Une fois la centrale entièrement opérationnelle, le taux d'intérêt à long terme du financement public sera structuré autour du rendement des obligations d'État néerlandaises plus un point de pourcentage. Entre fin 2025 et début 2026, la Commission européenne a approuvé une mesure d'aide d'État de 172 à 222 millions d'euros (200 à 258 millions de dollars) destinée spécifiquement à garantir les travaux préparatoires initiaux, les frais juridiques et les contrats FEED, sans fausser le marché intérieur de l'électricité de l'UE. La nouvelle coalition gouvernementale a alloué 13,5 milliards d'euros du Fonds national pour le climat afin de soutenir l'objectif plus large de construction d'au moins quatre nouvelles centrales nucléaires.

Compte tenu du fait que le cycle de construction d'une grande centrale nucléaire peut dépasser dix ans, les Pays-Bas ont également lancé un programme accéléré parallèle pour les petits réacteurs modulaires (PRM) afin de remédier à la congestion du réseau et de fournir une alternative stable et décarbonée aux centrales à combustibles fossiles. L'accord de coalition gouvernementale prévoit que l'objectif étendu de construction de quatre nouvelles centrales nucléaires peut être atteint grâce à une combinaison de grandes unités conventionnelles ou de PRM, en coopération directe avec les clusters industriels et les autorités régionales. Le ministère de la Politique climatique et de la Croissance verte a alloué 20 millions d'euros pour stimuler les initiatives du marché national des PRM et la préparation technologique ; le gouvernement prévoit d'achever la phase d'identification des projets pilotes d'ici fin 2026, en sélectionnant les technologies PRM et les cadres commerciaux adaptés à la réglementation néerlandaise. Les provinces locales enquêtent sur les sites potentiels, la province de Gueldre prévoyant de désigner officiellement deux sites locaux de déploiement de PRM d'ici 2027.

Des entités privées progressent également en parallèle sur les déploiements associés. Le développeur nucléaire néerlandais ULC-Energy a signé un accord de coopération avec Mammoet, société spécialisée dans le levage de charges lourdes, afin de rationaliser la chaîne d'approvisionnement et la logistique de plusieurs futurs déploiements de PRM aux Pays-Bas et en Belgique. ULC-Energy explore également en parallèle un déploiement technologique potentiel avec Rolls-Royce SMR.

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