Des chercheurs de l'Institut d'Informatique de l'Université de Tartu en Estonie développent un dispositif portable semblable à une montre intelligente, destiné à mesurer la teneur en microplastiques du corps humain. Cette recherche a été publiée dans les Proceedings of the 27th International Workshop on Mobile Computing Systems and Applications.
Les microplastiques et les nanoplastiques sont omniprésents dans l'environnement et ont pénétré le corps humain par l'air, l'eau et la nourriture, étant même détectés dans le sang et les organes internes. Leurs effets sur la santé ne sont pas encore entièrement compris, mais des études sur les animaux et les cellules suggèrent qu'ils pourraient s'accumuler dans les organismes, provoquant des inflammations et des problèmes métaboliques.
Kevin Põld, chercheur junior en informatique ubiquitaire à l'Université de Tartu, déclare : « Nous voulons mesurer les particules de microplastiques dans le corps humain afin de mieux comprendre la quantité réelle de plastique qu'il contient, et pour guider à l'avenir des interventions ou des politiques visant à réduire notre exposition au plastique. »
Les méthodes de détection traditionnelles reposent sur des échantillons de sang, un processus fastidieux et coûteux. Põld souligne : « Nous cherchons un moyen de « voir à l'intérieur » sans avoir à prélever de sang. C'est précisément ce qui nous a orientés vers l'utilisation de capteurs optiques. »
Le dispositif utilise la spectroscopie, une technique qui identifie les plastiques en analysant l'interaction de la lumière avec les matériaux. Un micro-spectromètre émet diverses lumières et mesure les réflexions, couvrant des longueurs d'onde allant du visible au proche infrarouge et aux ultraviolets. Põld explique : « Différents plastiques réfléchissent et absorbent la lumière de manière unique, créant des motifs optiques identifiables. Nous adaptons cette technologie au corps humain via des dispositifs portables comme les montres intelligentes, les bagues intelligentes, etc. »
Les chercheurs ont déjà réussi à utiliser cette technologie pour détecter des particules plastiques intégrées sous une peau artificielle fabriquée en laboratoire. Põld conclut : « Il reste un long chemin à parcourir pour réaliser notre vision, mais ces résultats démontrent le potentiel de la spectroscopie portable. À l'avenir, les dispositifs portables pourraient permettre une surveillance non invasive et pratique des microplastiques. »
Détails de la publication : Auteur : Conseil Estonien de la Recherche ; Titre : Smartwatch-like device could help detect plastic particles in the human body ; Publié dans : Proceedings of the 27th International Workshop on Mobile Computing Systems and Applications (2026).












