La Commission européenne a annoncé lors du Mobile World Congress un projet EURO-3C d'une valeur de 86 millions de dollars, visant à développer la première architecture de calcul distribué fédérée à grande échelle en Europe, construisant un « nuage de bord des télécommunications fédéral ».

Le projet rassemble des opérateurs de télécommunications, des fournisseurs de services cloud et des instituts de recherche, unifiant les ressources et capacités existantes sous une architecture partagée conforme aux normes de l'UE. La Commission européenne a déclaré que le projet EURO-3C vise à fournir des services numériques de pointe tout en réduisant la dépendance aux fournisseurs de pays tiers.
Un article de blog de Telefónica indique que le projet EURO-3C couvrira plus de 70 nœuds de bord et cloud dans plus de 13 pays européens. Javier García Rodrigo et Arturo José Torrealba Ferrer de Telefónica Innovación Digital ont écrit : « De nouveaux cas d'usage seront développés sur cette infrastructure pour valider son impact sur différents secteurs industriels tels que les transports, l'automobile, la sécurité et l'énergie. La combinaison de connectivité avancée, de calcul distribué et d'intelligence artificielle permettra de nouveaux services numériques et optimisera les opérations. »
Outre Telefónica, les participants au projet incluent des entreprises de télécommunications comme BT, Deutsche Telekom, Nokia, ainsi que des fournisseurs de services informatiques comme Ionos, Capgemini et SUSE. La directrice générale adjointe de la Commission européenne, Renate Nikolay, a expliqué : « Le projet EURO-3C financé par l'UE rassemble les efforts d'un grand nombre d'acteurs européens autour d'un objectif commun : construire un paysage de communication convergent, sécurisé et souverain, bénéfique pour les secteurs industriels qui fournissent et utilisent la technologie, ainsi que pour la société dans son ensemble. »
Le projet EURO-3C est la dernière initiative d'une série de l'UE visant à promouvoir l'autonomie technologique. Gartner prévoit que les dépenses européennes en infrastructure cloud souveraine augmenteront significativement au cours des deux prochaines années. En matière d'informatique en périphérie (edge computing), l'UE avance des projets en s'appuyant sur la collaboration de ses opérateurs de télécommunications.
Malgré l'engagement de l'UE en faveur de la souveraineté, des défis réglementaires persistent. Certains dirigeants d'entreprises de télécommunications avertissent que, sans un soutien réglementaire plus souple et cohérent, l'UE pourrait rencontrer des difficultés dans la compétition technologique. Les législateurs européens ont récemment retiré certaines technologies numériques et l'intelligence artificielle de la liste des technologies stratégiques, ce qui pourrait accroître les inquiétudes à ce sujet.









