Framatome a annoncé ses résultats financiers pour 2025, avec de nouvelles commandes atteignant 5,924 milliards d'euros et un chiffre d'affaires de 5,399 milliards d'euros, soit une croissance organique de 15,5 %. L'EBITDA s'est établi à 665 millions d'euros, en hausse de 6,7 %. Cette croissance est principalement portée par les projets EPR en France et au Royaume-Uni, l'augmentation des livraisons de combustible, les activités d'Instrumentation & Contrôle et les services en Amérique du Nord.
Framatome a remporté des succès commerciaux sur le projet EPR de Sizewell C, incluant des extensions de contrat, des systèmes de sécurité et des contrats de services pour des centrales nucléaires américaines. L'entreprise a investi dans des outils industriels et des acquisitions pour renforcer le contrôle de sa chaîne d'approvisionnement, générant un flux de trésorerie opérationnel de 49 millions d'euros. Les projets respectent les engagements, les délais de livraison sont optimisés, un plan de maîtrise des coûts est exécuté et la production répond aux exigences des clients.
L'unité d'affaires Base Installée a réalisé le remplacement de grands composants en Amérique du Nord et en Afrique du Sud, ainsi que le remplacement d'un générateur de vapeur sur l'unité 2 de Flamanville en France. Les services de maintenance en Amérique du Nord sont en croissance dans un contexte concurrentiel intense. Framatome a acquis les participations restantes de la société slovaque d'inspection non destructive Reaktortest.
L'unité d'affaires Instrumentation & Contrôle a enregistré une croissance en France, au Royaume-Uni et en Europe centrale, tirée par des projets de construction neuve et de modernisation, dont Sizewell C EPR. En partenariat avec Arabelle Solutions pour le contrôle des turbines, l'activité a ajouté une ligne de cybersécurité, avec des filiales incluant Allentis, Cyberwatch et Foxguard.
L'unité d'affaires Projets & Composants a ajouté une ligne de vannes, renforçant le contrôle de la chaîne d'approvisionnement via l'acquisition de Valserve et Segault. L'unité d'affaires Combustible a signé d'importants contrats en Europe, augmenté sa part en Amérique du Nord. Les premiers assemblages de combustible destinés à la centrale nucléaire de Barakah aux Émirats Arabes Unis ont été fabriqués dans une usine américaine, et une usine française a lancé le développement de combustible TRISO.
Les investissements en France accélèrent le programme EPR2, concernant la fabrication et l'assemblage d'équipements, et la modernisation de la chaîne d'approvisionnement en combustible. Les activités de l'unité Projets & Composants se poursuivent. Les tests de l'EPR de Flamanville 3 ont atteint 100 % de puissance, l'installation des principaux composants de l'unité 1 de la centrale de Hinkley Point C est terminée, la fabrication des composants pour le projet Sizewell C est en cours, et le programme EPR2 progresse selon ses jalons.
Cependant, début 2026, les projets de Flamanville 3, Hinkley Point C et Sizewell C font face à des retards et des surcoûts. Flamanville 3 est désormais prévu pour 2026, soit un retard de 12 à 13 ans, avec un coût dépassant 13,2 milliards d'euros. La mise en service de Hinkley Point C est reportée à 2030, un retard d'environ 13 ans, pour un coût d'environ 350 milliards de livres sterling. La construction de Sizewell C a démarré en 2024, avec un objectif de mise en service au milieu des années 2030, mais la décision d'investissement finale (FID) a été reportée à l'été 2025, le projet étant une réplique pour éviter des problèmes de personnalisation.
Le programme EPR2 rencontre des obstacles systémiques. EDF doit investir environ 4600 milliards d'euros, le coût des six premiers réacteurs ayant augmenté à près de 800 milliards d'euros, sans plan de financement établi. La Cour des comptes française recommande de suspendre la FID, la baisse des prix de l'électricité menace la rentabilité, la conception n'étant pas finalisée présente un risque de retard, et la mise en service du premier réacteur à Penly est repoussée à 2038.









