Alors que la crise de l'eau en Asie centrale s'intensifie, l'Ouzbékistan a finalisé le 5 mars 2026 une allocation spéciale de 600 milliards de soums (environ 49 millions de dollars). Ces fonds sont axés sur la modernisation des canaux et l'utilisation efficace des ressources en eau pour faire face aux pressions de l'irrigation agricole et aux risques de pénurie d'eau. Cette mesure constitue à la fois une disposition d'urgence à court terme et une étape clé dans la mise en œuvre de la stratégie à long terme.
Cet article est le 264e de la série « Business en Ouzbékistan » du classement des conseils en ingénierie des ressources. Il présente en profondeur les politiques industrielles, les lois et règlements, les tendances sectorielles, la demande du marché, le paysage concurrentiel et les opportunités de transaction potentielles dans les domaines de l'investissement, du commerce et de l'ingénierie de construction dans les cinq pays d'Asie centrale (Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizistan, Turkménistan, Tadjikistan) et les pays voisins (Afghanistan, Azerbaïdjan, Géorgie, Arménie, Mongolie).
Décaissement des fonds et détails du projet
Selon le décret présidentiel, ces fonds proviennent entièrement des nouveaux revenus budgétaires régionaux du premier trimestre 2026 et sont répartis en deux grands volets : 4 80 milliards de soums (environ 39,5 millions de dollars) pour la construction de canaux en béton et de réseaux d'irrigation, et 1 20 milliards de soums (environ 9,8 millions de dollars) pour d'autres mesures d'économie d'eau et de gestion hydrique.
Le projet principal consiste à reconstruire et à renforcer 389 kilomètres de canaux d'irrigation à forte infiltration. Il devrait permettre d'économiser chaque année 206 millions de mètres cubes d'eau et 26 millions de kilowattheures d'électricité, tout en améliorant la stabilité de l'approvisionnement en eau pour 158 400 hectares de terres agricoles irriguées.
Le gouvernement a demandé au ministère des Ressources en eau et au ministère de l'Économie et des Finances de soumettre une liste de projets prioritaires dans un délai d'une semaine. Après approbation par le cabinet, le ministère des Ressources en eau, en collaboration avec la République du Karakalpakstan et les gouvernements provinciaux, procédera à leur mise en œuvre. Les travaux suivront le principe « un canal, un système », en donnant la priorité à la modernisation des canaux dont la transformation a déjà commencé.
La sécurité hydrique, enjeu central en Asie centrale
Avec seulement 702 mètres cubes d'eau par habitant, l'Ouzbékistan est un pays typiquement pauvre en eau. L'agriculture consomme plus de 90 % de l'eau, les anciens canaux présentant des taux d'infiltration élevés. Combinée à la fonte accélérée des glaciers en Asie centrale et aux fluctuations des débits des rivières transfrontalières, la pénurie d'eau est devenue une contrainte majeure pour la production agricole et le développement économique.
Le pays avait précédemment lancé un plan de gestion de l'eau pour 2025-2028, visant à reconstruire 2 551 kilomètres de réseaux d'irrigation. À long terme, le gouvernement s'est également fixé un objectif pour 2030 : garantir un service d'eau potable fiable à 85 % de la population. Cette allocation spéciale constitue précisément le point de jonction entre les efforts à court terme et la stratégie à long terme.
Une collaboration public-privé pour accélérer la transition
Ce projet, dirigé par le gouvernement, établit des mécanismes de collaboration intersectoriels et interrégionaux clairs, ainsi qu'une modernisation numérique et une standardisation des infrastructures d'irrigation.
Pour les entreprises locales de génie civil, des domaines tels que la construction de canaux en béton et l'installation d'équipements d'économie d'eau verront une augmentation des commandes. Parallèlement, la mise en œuvre du projet accélérera la diffusion des technologies d'économie d'eau, facilitant la transition de l'agriculture vers une irrigation efficace. Cela permettra à l'Ouzbékistan de renforcer sa sécurité hydrique et offrira un exemple pratique pour la gouvernance de l'eau en Asie centrale.









